Messieurs – dames de Radio-Canada,
Je regrette que Radio-Canada (RC) , autant dans ses bulletins de nouvelles que dans ses émissions de vulgarisation scientifique, ne présente qu’une face de la médaille des changements climatiques. Je regrette aussi que les gens de RC, en dépit de l’armada de recherchistes mise à leur disposition, ne prennent pas le soin de vérifier certaines affirmations faites par les chercheurs ou scientifiques qu’ils sollicitent en entrevue afin de supporter leur nouvelle ou leur document. Quelques exemples :
Au Téléjournal (TJ) de RDI et de RC on a présenté un soir un « chercheur » bolivien que RC ou RDI a identifié dans son sous-titre comme « climatologue » , un certain Ernesto Machin de Bolivie, qui déclarait que les glaciers sur une montagne bolivienne (un volcan) fondaient à vue d’oeil à cause du réchauffement global (RG) dû aux gaz à effet de serre émis par l’homme (GES) . J’ai communiqué le lendemain avec Pierre Sormany, maintenant retraité de RC et autrefois rédacteur en chef de l’émission Découverte, qui m’informa que le TJ disposait d’ une sorte de responsable des nouvelles scientifiques ou techniques – désolé pour l’éventuel et involontaire massacre du titre ou de la fonction de cette personne- à qui je pouvais adresser ma plainte que Sormany comprenait et trouvait justifiée, car ce glacier bolivien, à l’instar de ceux du Kilimanjaro se retirait parce que les pratiques agricoles autour du volcan avaient modifié les conditions climatiques LOCALES qui causaient désormais l’évaporation (la sublimation pour être plus précis) de la glace. Pour qu’un glacier se maintienne ou avance, il faut qu’il y ait accumulation de neige en amont. Pas de pluie en bas = pas de neige en haut. Le « spécialiste » bolivien de RC, Ernesto Machinchouette, semblait ignorer cela. C’est ce que j’ai expliqué à ces comiques, mais néanmoins incultes scientifiques, appelés les « Zapartistes », invités un certain samedi matin en même temps que moi sur le plateau de Louis Lemieux à RDI et qui accusaient aussi le RG causé par les GES pour la fonte du Kilimanjaro. Leur opinion sur le climat découlait peut-être des enseignements reçus de RC… Il y a eu aussi les Années lumière qui ont eu en entrevue des chercheurs polynésiens qui avançaient des chiffres plus que douteux sur la hausse du niveau des océans et les catastrophes appréhendées dans les îles et atolls du Pacifique Sud en Polynésie française, dont j’ai visité deux fois les Iles Marquises et Australes sans qu’aucun des habitants – décrits pas RC comme futurs « réfugiés du climat »-ne m’aient exprimé quelque inquiétude à ce sujet. Plus récemment, Yvan Côté, votre correspondant de RC ou RDI à Washington n’hésitait pas à présenter comme vrai et formel, l’avis d’un autre « climatologue » américain sur la vague de sécheresse américaine « that can be DEFINITELY linked to global warming caused by greenhouse gases ». M. Coté, contrairement à madame Kovacs, dont je salue ici le professionnalisme, ne s’est pas encombré de la démarche parfois laborieuse mais sage, qui consiste à solliciter un autre avis. – Mme Kovacs a par exemple récemment sollicité mon avis tempéré, contre celui plutôt alarmiste d’un autre chercheur, sur la séismicité induite par la fracturation hydraulique des shales -que RC persiste à appeler « schistes », en dépit de l’avis terminologique unanime des géologues québécois qui a pourtant été communiqué officiellement par un collègue géologue à son « Service de la langue française ».
L’attitude alarmiste de RC dans plusieurs de ses nouvelles à caractère technique ou scientifique et dans ses émissions scientifiques commence à me gêner à un point tel que je la dénonce maintenant publiquement sur mon blogue ou sur les tribunes que des médias moins à gauche que RC ont la gentillesse et la courtoisie de m’offrir. Je ne la dénoncerais pas si RC n’était pas un média d’état subventionné par mes impôts. C’est pour ça que j’exige que RC fasse preuve d’une attitude plus équitable, plus juste, plus ouverte et donc plus honnête, en présentant le revers de la médaille. La liste des scientifiques du climat qui sont sceptiques quant à un réchauffement anthropique s’allonge tandis que celle des scientifiques climato-alarmistes raccourcit. Ils sont des milliers maintenant à douter que l’homme ait une influence significative sur le climat. Vous les ignorez totalement. Pourquoi ne pas lâcher vos recherchistes à leurs trousses et les sommer de prouver leurs allégations, qui vont à l’encontre de l’opinion de ce pseudo-consensus de scientifiques du climat auquel vous semblez vouer un culte inconditionnel? Vous en voulez un qui soit canadien? Tiens, je vous propose Steve McIntyre, un ingénieur des mines – eh oui! – un simple ingénieur des mines de l’Ontario qui a fait parler de lui partout dans le monde – sauf chez-vous à RC- pour avoir mis la hache dans la crosse de hockey de Mann et al., ( dispensez-moi svp des références, vous avez des recherchistes payés pour ça par mes impôts) le paradigme selon le GIEC du RG causé par les GES dans l’hémisphère nord , puis très récemment dans la crosse de hockey de Gergis et al. d’Australie pour l’hémisphère sud. Suite à l’analyse très sérieuse par McIntyre de leur article et surtout de leurs données, Gergis et al. ont retiré leur article pourtant peer reviewed par des « climatologues », du « jamais vu » en matière de publication scientifique- du jamais vu comme disait Jocelyne Blouin qui marchait sur la glace des glaciers du Groenland craquant sous ses pas disait-elle – . Le « David » simple ingénieur minier, citoyen scientifique canadien comme moi, mais très compétent en matière de sélection et traitement statistique de données dendro-climatiques, a eu raison des Goliath « climatologues » américains et australiens. Le GIEC avait pourtant retenu cet article fondamental de Gergis et al. pour son prochain rapport dû en 2013… la crosse de hockey qui devait prouver sans l’ombre d’un doute le réchauffement global anthropique dans l’hémisphère sud, brisée par un Canadien! , ingénieur minier par dessus le marché! et vous n’en avez même pas parlé! C’est sérieux car cette crosse de hockey – qui est une « crosse » au propre comme au figuré- figure dans le manuel scolaire de sciences de sec 4 du Québec publié en 2010 . Elle est fausse et enseignée pourtant comme vraie – et indiscutable!- à nos jeunes Québécois. Après que vous en ayez été averti, et après vérification par vos recherchistes, c’est le devoir d’un média, surtout un média d’état comme le vôtre, de rectifier les faits, et vous ne le faites pas.
Radio-Canada a donc failli à sa mission d’informer les canadiens honnêtement et impartialement en matière scientifique, surtout dans les questions environnementales. Votre TJ a présenté par exemple comme « catastrophe » l’accident de BP dans le Golfe du Mexique en supportant le verbatim de ses reportages avec des scènes qu’on voulait sans doute pathétiques de nettoyage de cormorans et de canards huileux par des bénévoles dont les grands-parents croupissaient au même moment dans leurs jus qui n’étaient pas des hydrocarbures, dans des CHSLD…tandis que la véritable catastrophe était la mort de ces 11 hommes dans l’explosion de la plate-forme, mort d’hommes dont vous n’avez même pas parlé. C’est très grave car l’opinion de la population sur les enjeux environnementaux est largement modulée par ce que diffusent les médias. Les moyens dont vous disposez, toujours grâce à nos impôts, contrairement aux médias privés, rendent encore moins excusable votre attitude polarisée et partiale en environnement et en climat.
Je demeure néanmoins ouvert à tout débat que vous voudriez bien initier ou organiser entre moi et d’autres « citoyens scientifiques » ou même des citoyens non-scientifiques, représentant une société, association ou regroupement quelconque pour la défense de ceci ou la protection de cela – tous subventionnés grâce à mes impôts- … sur cette question. De tels débats ont déjà lieu en Europe et aux USA et ne pourraient, s’ils avaient lieu ici, que contribuer à l’enrichissement intellectuel et scientifique de vos auditeurs et téléspectateurs, une mission qui vous est impartie et que vous ne remplissez qu’à moitié.
Reynald Du Berger, citoyen scientifique.