Tombe la neige … et le béton!

Publié: 3 juillet 2012 dans Uncategorized

Je suis géologue, géophysicien, et par choix final, sismologue. Mais je suis et demeure ingénieur de formation. Je suis à la retraite depuis l’an 2000. Les  alarmistes, parmi lesquels il y a aussi des scientifiques et des ingénieurs, vous prévenaient en 1999 de ce bogue qui planait sur vos têtes et qui allait faire que votre compte en banque retomberait au niveau qu’il avait avant son ouverture, c’est à dire 0$ à minuit le 1er janvier 2000, et ces guichets bancaires automatiques et tous ces avions qui crasheraient au même instant fatal!… Voilà pour la superstition et la peurologie. Mais qu’en est-il de la réalité? Qu’en est-il de ce qui vous menace vraiment dans l’après 2000? Un réchauffement climatique avec ça? Il y a même des ingénieurs qui y croient fermement et sont convaincus de son origine anthropique!

Je passe régulièrement sous des viaducs québécois, et la plupart du temps, je suis angoissé. J’essaie d’y rester le moins longtemps possible, souvent contraint par les bouchons de circulation. Je regarde ces plaies de béton laides et béantes qui révèlent des barres d’armature saillantes et rouillées, des souillures salées, de même nature que celles qui suintent de ces nobles monuments de la vallée du Nil depuis l’érection du Grand Barrage d’Assouan. … et cela révèle peut-être indirectement bien d’autres choses.

J’ai voyagé l’automne dernier en Arizona et au New Mexico. Quels magnifiques viaducs! Et en plus, leurs bétons sont décorés de superbes reliefs navajos! Et ça tient! Et c’est beau! Alors pourquoi ici ça ne tient pas et c’est laid? – eh bien oui! ils n’ont pas le climat québécois, mais les Ontariens eux l’ont!- La base de toute civilisation repose sur la notion de permanence, et les ingénieurs en font leur credo, du moins afin que l’ouvrage tienne le temps de la durée qu’on lui a attribuée.  Les premiers Égyptiens et les Mayas savaient cela et ils ont construit des pyramides pour que ça dure éternellement. Et elles sont encore là! Je le sais, car je les ai toutes vues sur place , et pour certaines, comme à Gizeh en Égypte ou à Tikal au Guatemala,  je les ai vues trois fois! Comme chantait Regiani, dans son oeuvre « Le temps qui reste »,  combien de temps encore?

J’invite mes lecteurs à poursuivre ce bref billet de leurs commentaires et je suggère des amorces de discussions :

  • Quel est votre degré de confiance envers le génie québécois?
  • Quelles sont les causes des « chutes de béton » ?
  • Les médias rapportent-ils et analysent-ils correctement ces accidents?
  • Les ingénieurs que vous entendez dans les médias sont-ils de bons communicateurs dans de telles circonstances?
  • La corruption des politiques et des ingénieurs québécois est-elle possible?
commentaires
  1. Filou dit :

    Juste deux petits commentaires, un tout petit peu à côté de vos propositions.

    Les pyramides d’Égypte sont dans le désert. Pareil pour les viaducs du Nouveau-Mexique et de l’Arizona. Ça doit aider un tit peu à préserver. J’ai vécu plus de dix ans aux Territoires du Nord-Ouest. C’était très sec aussi là-bas. Un semi-désert. J’ai pu constater que plusieurs très vieilles voitures en fort décent état sillonnaient encore les routes, dans une ville de dix-huit mille habitants où personne n’offrait ou ne songeait même à offrir de traitement anti-rouille aux automobiles. Le seul moyen au Québec de faire autant durer une voiture au Québec, c’est de la remiser en hiver et de ne la sortir qu’en été.

    Ceci dit, quand on a ce genre de climat, on prend les mesures nécessaires pour maintenir un réseau routier décent, ou bien on voit rapidement régresser les bienfaits de la civilisation.

    Mon deuxième commentaire concernera deux importants textes religieux, que leurs créateurs on vraisemblablement destinés à la postérité, mais qui, sous les conditions climatiques difficiles du pays qui vit leur naissance, demandèrent de constants efforts de restauration et de duplication afin qu’en persistât le message. Je parle ici des deux plus importantes épopées védiques: le Mahabharata et le Ramayana. Si le second ne fait qu’environ quinze cents pages dans sa traduction française publiée chez Gallimard, le premier équivaut plus ou moins au double de La Comédie humaine de Balzac, ce qui laisse bien supposer le genre d’efforts qui furent nécessaires à sa propagation et à sa passation dans un temps où l’imprimerie n’était pas encore disponible dans ce pays où la pluie, la chaleur et l’humidité règlent rapidement le cas du papier et d’un peu tout en général, les retournant très prestement à la pourriture qui les vit naître. Si les textes bibliques avaient été composés dans ces régions, on dirait peut-être « Tu es moisissure et à la moisissure tu retourneras ». Au vingtième siècle, on a retrouvé en Afrique du Nord de folles quantité de documents écrits deux fois millénaires. Rien de tel ne serait possible en Inde. Le Ramayana tel qu’il existe aujourd’hui ne pourra jamais être comparé à ce qu’il fut il y a deux mille ans.

    Alors voilà, le Québec n’est sans doute pas l’Inde, mais il n’est pas non plus l’Arizona. Si l’on désire bâtir pour mille ans, mieux vaut s’atteler à quelque chose de sérieux et y mettre l’effort et les frais. Sinon (si manque la volonté et/ou le financement), mieux vaudra malgré tout se convaincre que le réseau routier demande un minimum d’entretien, avant que Montréal ne se mette à ressembler aux décombres que représente si bien Enki Bilal dans ses bédés.

  2. Martin G. dit :

    En période de vacances lorsque la pluie se fait rare, l’écho a cette tendance à résonner en retard. Ceci étant dit, le mirroir de bêtise que je suis souhaite réfléchir la piste numéro 3 d’une façon que je m’efforcerai de rendre plus burlesque que philosophique. Pour ce faire, je compte utiliser trois caricatures tirées d’un thriller psychologique, d’un film d’épouvante et du discours d’un futur ex-alcoolique afin de répondre aux questions suivantes: la corruption est-elle possible, peut-elle être éradiquée ou au contraire serait-elle pérenne?

    I- Imaginez un inconnu qui vous apporte une petite boîte en bois avec un bouton rouge sur le dessus et qui vous soumet l’offre suivante: « Appuyez sur le bouton et vous recevrez un million de dollars. Ensuite quelqu’un que vous ne connaissez pas mourra. »
    Certes la carricature paraît grossière, mais force est d’admettre que la vie est remplie de ces petites tentations que l’on sait contraires à la morale, tentations auxquelles on cède trop souvent en privilégiant les bienfaits concrets immédiats, jetant avec désinvolture dans quelque coin sombre de notre inconscient le scrupule indésirable de l’impact éventuel sur un anonymat aussi indéfini que lointain. L’occasion fait le larron et les « habiles » savent où les trouver. La corruption nous dévoile de façon épisodique son visage hideux mais en général, elle ne se manifeste pas de façon à frapper le regard car la corruption, voici qu’elle est au milieu de nous. Les « habiles » préméditent les systèmes, les larrons les accomplissent soit par arrivisme, par ignorance ou bien par peur. Il y a bien les corporations patronales et les corporations syndicales qui protègent des intérêts précis, mais à quand la corporation des incorruptibles? Et comment se termine cette fable? Vous appuyez sur le bouton après une horrible gymnastique psychique, touchez votre million et rendez la boîte à l’inconnu en lui demandant ce qu’il va faire de celle-ci. L’homme vous répond: « Je vais la confier à une autre personne et je peux vous assurer que cette personne ne vous connaitra pas… » Comme quoi à l’instar de la science, rien ne se perd, rien ne se crée.

    II-Changeons-nous les idées. Imaginez une peste terrible qui entraîne une mutation chez les humains et les transforme en vampires. Ceux-ci ne vieillissent plus, sont éternels mais se doivent de consommer du sang humain régulièrement au risque de devenir des créatures dégénérées tout aussi éternelles mais prisonnières d’une souffrance horrible. Lorsque mordus, les humains deviennent des vampires, c’est bien connu. Alors bientôt on assistera à une surpopulation de vampires qui, peinant de plus en plus à trouver des humains pour les nourrir devront tout d’abord rationner le sang disponible et ensuite s’appliquer à créer du sang synthétique. Nous voilà bien loin de notre question d’origine « la corruption peut-elle être éradiquée? » La réponse est non. Pourquoi?
    Imaginez un savant vampire qui méprise sa condition et qui est pris de la nostalgie de pouvoir vieillir et mourrir. Abrégeons. Le savant trouve un antidote qui renverse les effets de la peste, transmet la nouvelle aux autorités et tout naïf s’attend à ce que tous souhaitent redevenir mortels. Erreur. Les vampires adorent être éternels, les vampires adorent être supérieurs et surtout, les vampires adorent le sang humain. L’antidote est détruit, mais pas avant que notre savant n’ait réussit à traiter en secret quelques vampires volontaires. La suite dévoilera une métaphore qui pourra être interprétée a sa guise par le lecteur. Voilà ce qu’il advient de cette société de suceurs de sang: lorsqu’un vampire est redevenu humain, il est vite flairé par la meute d’assoiffés et alors qu’arrive-t-il? Je vous le donne en mille, ils se jettent sur la proie, la vide de son sang bourré d’antidote et redeviennent humains à leur tour. Puis ils seront flairés par un autre groupe de vampires et paieront de leur vie la décontamination de leurs prédateurs qui à leur tour… Maintenant, où tout cela nous conduit-il? A cette incontournable question: L’humain désire-t-il vraiment un monde d’égalité, de vertue et de fraternité ou aspire-t-il de façon viscérale et ce, à l’instar de tout le règne animal, à la perpétuation de l’espèce c’est-à-dire dans son cas, à celle de ses proches? Cela entraîne l’émergence d’autres questions plus lugubres:

    -Si nécessaire, cela lui répugnera-t-il de se perpétuer au détriment des autres espèces et même de ses semblables?
    – Son intelligence, laquelle distance si facilement sa sagesse, le rend-il si différent du règne animal d’où il provient?
    – Au cours des nombreux siècles de l’histoire, l’évolution de son esprit a-t-elle jamais été aiguillée dans le sens de l’instauration de l’égalité?
    -La séquence de rafinements dont le premier bourgeon fut la productivité, laquelle s’épanouit en rentabilité avant de muter en profit outrancier pour culminer en arnaque organisée n’a t-elle d’autre objectif que la perpétuation de la domination mue par un irrésistible instinct de conservation tout-à-fait naturel?

    Non, la corruption ne peut être erradiquée et notre troisième et dernière caricature nous montrera qu’elle est bien là pour rester.

    III-Imaginez un automobiliste intercepté par les policiers. Notre homme est ivre, son permis est expiré depuis trois mois et en plus, la force constabulaire découvre qu’il n’a pas honoré le paiement d’une contravention reçue il y a près d’un an. Résultat: près de 2000$ d’amendes et la saisie de son véhicule pour plusieurs mois. Cet individu a-t-il des remords? Peu. S’apitoie-t-il sur son sort? Beaucoup. Semble-t-il vibrant d’éloquence? Qu’importe ce qu’on pourra penser, cet homme est sur le point de légitimer le comportement délinquant et mieux encore, de l’entretenir. Comment réalisera-t-il ce prodige d’inepsie? Brillant de simplicité: en traçant une limite d’opprobre au-delà de celle où il a sévit. Il lui suffira pour cela d’une interrogation suivie de cinq petits mots: « Pourquoi tant s’acharner sur mon cas? Je n’ai tué personne. »
    C’est ainsi que l’humain, non content d’avoir assez sophistiqué son imagination pour parvenir à s’enrichir au détriment de ses frères, a raffiné celle-ci au point de réussir à baillonner sa conscience, cette mesure de l’honnêteté de son égoïsme, et à la reléguer au rang de voix discordante entravant la réalisation et l’entretien de son bonheur. Ce qui était jadis le privilège exclusif de l’aristocratie s’est étendu avec le progrès social jusqu’à la lie de l’humanité avec le résultat que si l’envergure des corruptions a diminué, leur occurence a grandement augmenté, comme quoi encore une fois, rien ne se perd et rien ne se crée. La corruption est au milieu de nous et tout ingénieux que nous nous flattions d’être, devant les pulsions du désir ou de l’instinct de survie nous prouvons jour après jour et siècle après siècle, que nous demeuront des animaux qui privilégient la certitude des conditions favorables à l’angoisse de la confiance en l’humain.

    En espérant que le tout aura diverti les braves qui se seront rendus jusqu’ici et en présentant mes plus sincères excuses à notre hôte pour ce dérapage quelque peu teinté d’enfantaisie.

    • Filou dit :

      Une petite pause science-fiction, maintenant:

      Un savant fou mit au point un système permettant de storer l’âme de quelqu’un sur un support électronique moins périssable que la bonne vieille chair humaine. Il s’amusa à copier son âme, puis, étant de naturel peu sociable, il se contenta, dans la bonne vieille tradition du roman noir britannique, de kidnapper des volontaires dont il copiait l’âme, tout en se débarassant de leur support biologique, soucieux qu’il était de conserver secret ses recherches.

      Pourtant, un jour, il eut le malheur de s’en prendre à un informaticien. Lorsque débuta un nouveau cycle d’expérimentation, qui consistait à fusionner ces âmes sur disque afin d’obtenir un super-humain virtuel, cette âme d’informaticien commença à étudier le système de sécurité, puis parvint finalement à passer outre pour se connecter sur internet, où il inonda plusieurs forums d’appels au secours pour ces pauvres âmes dont il faisait partie, utilisant des photos de Google Maps pour emmener les autorités au haut-lieu des méfaits de ce savant fou.

      Ce fut malheureusement un service d’intelligence qui se pointa sur les lieux et en pris le contrôle. Le savant fou fut autorisé à poursuivre ses travaux, mais désormais sous la surveillance et la direction d’une agence tentaculaire qui ne lui autorisa pas beaucoup de discussion. On accéléra les recherches sur la fusion des âmes. Lorsque l’on fut certain que l’on aurait plus besoin du corps du découvreur, on le liquida et l’on se contenta d’utiliser les copies sur disque qu’il avait faites de son âme.

      En collaboration avec les super-humains virtuels, dont l’intelligence et l’imagination dépassait de loin celle des plus brillants humains, tout en étant beaucoup plus malléables que ceux-ci, on développa de nouveaux outils permettant de capturer des âmes sans que la personne ainsi dupliquée s’en rende compte, ce qui augmenta de nouveau les capacités des super-humains virtuels. On proposa un jour de commencer à chercher un moyen de voyager dans le temps, afin d’aller dans le passé chercher des copies des âmes des grands savants et penseurs de jadis, projet dont l’accomplissement ne nécessita que quelques années.

      Mais ce qui devait arriver arriva. Un jour, les super-humains virtuels se débarassèrent des gens qui croyaient les diriger, et qui n’étaient plus en vérité que de vulgaires marionnettes face à leur intelligence trop supérieure, et ce en dépit de l’immobilité dans laquelle on les maintenait.

      L’étape suivante fut d’infiltrer les humains, afin d’ultimement les contrôler. On infiltra donc de nouveau les médias sociaux d’internet de participants vaguement surhumains, produits de la fusion de deux ou trois grandes âmes, mais pas davantage, afin de ne pas soulever de suspicions trop sérieuses.

      Et voilà où nous en sommes. Les âmes d’Arthur Shoppenhauer, de Tim Burton et de Jean-Paul Sartre furent fusionnées pour créer Martin G., dont l’activité se fera entre autres sur le blogue de Reynald Du Berger. Ainsi, les drèdrettistes québécois et les autres curieux téméraires qui suivent ce blogue ressentiront toute l’opprobre de leur cuisante infériorité, ce qui les mettra dans un état favorable à la prise de contrôle de leur esprit.

      D’autres sévissent ailleurs, chez les gaugauchistes, chez les scientimollistes comme chez les scientiduristes, chez les philosophes et chez les clowns (ce qui correspond sensiblement aux mêmes endroits, mais passons!), chez les enfants et chez les vieillards. Ils sont partout. Méfiez-vous, amis humains!

      [J’en profite pour vous lever mon chapeau, M. Martin, alias Jean-Partim Bartrenhauer]

  3. Martin G. dit :

    Comme on se retrouve monsieur Filou,

    Vous êtes un prodige de perspicacité que je ne saurais trop encenser. Toutefois, je ne suis qu’à moitié démasqué puisque les âmes illustres que vous m’avez par erreur attribuées sont en réalité hébergées chez ma voisine hexadécimale de la Matrice. Je remarque par ailleurs que dans votre résumé, vous avez omis de mentionner que le super-humain virtuel subit les âmes fusionnées et ne les choisit guère. Pour ma part, j’ai hérité de trois incorrigibles aussi turbulents que divergents. C’est lors des rares moments où ils sont à l’unison que ma plume se permet de transmettre leur pensée, laquelle tient plus la plupart du temps de l’interférence que du broadcasting. C’est toutefois par rapport à la nature de notre mission que vous semblez vous méprendre un tant-soi-peu je dirais. Infiltrer pour contrôler? Nous avons essayé jadis et cela s’avéra futile. Dieu même a échoué dans cette entreprise. La religion a échoué, puis la philosophie et la science à leur tour se sont butées à l’opiniâtreté de cet esprit humain imprévisible. Que faire alors? Nous nous sommes effacés, avons pris du recul et avons observé. A quoi bon chercher à contrôler les esprits? Non, nous laissons cela aux « habiles ». Eveiller les conciences à leur propre curiosité, prendre contact avec les chercheurs de vérités, déstabiliser les propagateurs de dogmes et confondre les marchandeurs d’inepties, telles sont nos visées. La tête à droite, le coeur à gauche et l’esprit au-dessus de la matière. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. D’ailleurs à ce sujet:

    http://gavrochevoltrusso.wix.com/fablessatiriques

    Considérez-vous salué du couvre-chef et ce, avec le même profond respect

    • Filou dit :

      M. Martin, Que ne voilà un charmant site, encore à ses balbutiements d’après ce que j’en juge, et géré, si je ne m’abuse, par un adepte de Rousseau et de Voltaire (ça me rappelle vaguement quelque chose, mais je ne puis mettre le doigt dessus), unis par ce Gavroche dont la chanson à leur propos fut à mon avis l’un des moments forts des Misérables (que je dois confesser n’avoir apprécié que modérément, malgré quelques passages vraiment grandioses). Si vous vous trouviez, par le plus grand des hasards, à connaître, même de loin, cette personne (ou cette super-personne virtuelle) en charge du site, pourriez-vous, après l’avoir remerciée et félicitée en mon nom pour ses fables, lui laisser savoir que je dus copier le texte de son Déclin de la République Corporelle dans un éditeur de texte pour le lire, car mon écran refusait de m’en laisser voir convenablement la marge gauche. Je vous envoie mes salutations, Filou

    • Filou dit :

      Connaissiez-vous Les Gavroches? Un groupe de jeunes québécois qui ont enregistré un album dans les années ’60. Leur reprise de « L’orange du marchand » de Gilbert Bécaud constitue pour moi le point culminant de l’enregistrement (quoique malheureusement, ça en soit aussi la pièce d’ouverture). Un amateur fort aimable a numérisé la chanson et l’a mise sur YouTube, vous permettant donc d’en jugez par vous-même.

      Une petite détente pessimisto-guillerette avant de passer aux suivants des sombres commentaires à venir sur la corruption au Québec.

      • Martin G. dit :

        Très cher monsieur Filou, je vous remercie pour cet intermède digne des plus grands classiques méconnus. Histoire de continuer de propulser cette conversation dans les plus hautes sphères de l’impertinence, je vous suggère ‘Dans l’ostie de poulailler » de feu Gérald Joly que je vous défie de visionner sans rire. Maintenez-vous toujours que quelque infiltrateur virtuo-Robespierrien aurait été capable d’exercer ne serait-ce qu’un semi-contrôle sur l’évolution de la réflexion de cette chronique amorcée je vous le rappele sous le thème des chutes de béton?

        A ce sujet, je dois vous avertir que mes trois improbables acolytes ont réquisitionné votre joli texte dévoilant leur origine et l’ont inclus sur leur site de propagande en me priant de solliciter votre bénédiction, de même que le nom de plume que vous souhaitez afficher pour la référence (ainsi que les royautés). Sur ce mes hommages et vivement la fin de la récréation!

      • Filou dit :

        Je n’ai pas été capable de ne pas rire, bien que la chanson soit des plus idiotes.

        Il semblerait que la maladroite boutade de l’immculée infiltration n’ait été disponible qu’un temps sur votre site. Bien que fort honoré de la première décision de l’y mettre, je ne puis que comprendre la seconde de l’y retirer. Je vous accorde ma bénédiction (non éternelle, mais sans échéance annoncée pour l’instant) si vous décidiez de l’y remettre une seconde fois.

        Je signe habituellement du pseudonyme Filou Dlidou mes textes en ligne. Je vous envoie d’ailleurs un lien vers ma vaste et constamment changeante bibliographie:

        http://www.omerpesquer.info/untitre/index.php?nom=Filou+Dlidou&ed=i

  4. Martin G. dit :

    C’est de la fougue de notre ami Gavroche qu’est jaillie l’étincelle qui suggéra cette publication spontanée. Si la candeur de Rousseau le juste ne trouva là rien de répréhensible, la bienséance du mondain Voltaire s’y objecta avec un ton plein de reproches.
    « Halte là! », fit-il. « Il est dans l’ordre des choses de solliciter préalablement la permission, tout comme avant d’offrir des roses il importe d’entretenir conversation. »

    Ces trois-là me rendent la vie impossible.

    PS: Le faible débit du ruisseau où voguent mes oeuvres fait bien pâle figure à côté du torrent tumultueux qui tire sa source de votre prolifique créativité!

  5. Filou dit :

    Malgré que M. Du Berger ne modérise que mollement les commentaires (ce qui en fait un scientiduriste modérimolliste), il conviendrait sans doute de ne pas abuser de sa bonne volonté.

    Je reviens donc faire un petit tour un peu plus près du sujet.

    Des blocs de béton sont tombés plusieurs fois au Québec, ne tuant pas toujours, mais quand même parfois. J’imagine que les messages d’encouragement du gouvernement, qui suivent habituellement de quelques heures les écroulements, ne réussissent pas à convaincre tout le monde. Il ne me convainquent pas, moi qui ne suis pas un ingénieur, ils ne convaiquent pas non plus M. Du Berger, qui est un ingénieur. Voilà déjà deux classes de gens, les ingénieurs et les non-ingénieurs, que les gens du gouvernement ne réussissent vraisemblablement pas à rallier à leur opinion.

    Et puis il y a les médias, qui nous donnent à l’occasion des détails sur les commissions d’enquête qui s’élaborent afin de faire la lumière sur les effondrements. Ce qu’ils en retiennent? Des ingénieurs à la retraite, qui ne se rappellent plus exactement tous les détails du travail qu’ils effectuèrent il y a plusieurs décennies. Je n’ai pas encore entendu qu’un de ceux-là ait dû faire de la prison (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en ait pas eu).

    Alors voici quelques questions pour vous, M. Du Berger:

    Premièrement, avez-vous su si un ingénieur a été condamné au Québec pour l’un de ces importants effondrements de béton des dernières années?

    Ensuite, considérant qu’il existe en ingénierie des facteurs de sécurité (je crois que l’on fait habituellement tous les calculs, puis qu’on multiplie par 10 afin d’inclure tout ce qui aurait pu être oublié), comment ces effondrements ont-ils pu survenir? Est-ce parce que la durée raisonnable d’existence de ces structures fut consciemment outrepassée? Est-ce parce que tant de facteurs furent négligés que même une multiplication par 10 ne suffisait pas à couvrir l’ensemble des effets des agents travaillant contre la structure? Est-ce parce qu’un facteur pour injustifiable surplus d’optimisme aurait dû être inclus? Est-ce parce que la topographie locale varia en quarante ans d’une façon que l’on ne pouvait raisonnablement prédire (à cause de l’accumulation de micro-séismes, du traffic lourd, du poids d’une cité, peut-être…)?

    Un vérificateur ne peut certes pas avoir des yeux et de l’attention partout. Je crois avoir entendu que certains plans ne furent pas toujours suivis à la lettre, et que les infractions au plan furent toujours dans le sens de coûter moins cher et fragiliser. Pouvait-on raisonnablement s’attendre d’un ingénieur responsable de la bonne réalisation des travaux exigés qu’il piège ces mauvaises habitudes de travail? Qu’en serait-il aujourd’hui, dans notre monde un peu plus moderne, mais aussi de plus en plus à la mode compression des dépenses? Aurait-il davantage d’outils pour les piéger, et la possibilité de les utiliser convenablement lui serait-elle offerte?

    Je comprends que vous n’aurez pas une réponse toute faite à ces questions, mais j’ose espérer que vous pourrez au moins nous ouvrir quelques pistes de réflexion sur ces questions (ou nous en éloigner si elles ne sont pas importantes).

    • Reynald Du Berger dit :

      Chers Filou et Martin G.

      Je suis flatté et honoré que vous ayez choisi mon blogue pour vos échanges qui sont non seulement intéressants politiquement mais ils sont aussi des bijoux de littérature. Bon! j’exagère, mais si j’avais eu des élèves qui maîtrisent le français comme vous, je ne serais peut-être pas entré en retraite à 55 ans. J’en ai 67 et je parcoure encore les écoles, afin de porter la bonne parole, convaincre certains de ces gars et filles du secondaire, qu’ils et elles pourraient devenir ingénieur(e)s et que notre Québec en a cruellement besoin. Je suis heureux de faire partie d’un ordre professionnel qui peut répondre à plusieurs de vos questions cher Filou. Je fais aussi partie du CA de la Section régionale de cet ordre et à ce titre, je vais relayer vos questions à mes confrères et consoeurs qui sauront probablement mieux que moi, apporter des réponses claires à vos questions toutes légitimes. Cela dit, ne vous gênez surtout par pour continuer de vous ébrouer sur mon blogue: je me régale!

  6. Filou dit :

    M. Du Berger,

    Vous avez inclus une nouvelle piste possible de discussion, demandant à vos lecteurs leur opinion sur la validité des couvertures médiatiques des accidents impliquant des chutes de béton sur les routes ou en milieu urbain où le public a accès.

    Je ne sais pas si les gens en général sont comme moi, mais je prends le temps d’expliquer en quoi j’ai tendance à mettre un trémolo sur les affirmations des journalistes, et pourquoi je persiste malgré tout à les fréquenter.

    Lorsqu’un reportage entend faire la lumière pour le commun des mortels sur un quelconque sujet que je me trouve à connaître particulièrement, il arrive fort souvent que je perçoive à quel point le reporter ne possède qu’une connaissance partielle et apparemment assez récente du sujet qu’il couvre. Je suppose donc que lorsqu’il s’agit d’un sujet que je connais moins bien, les mêmes motifs seraient visibles si je connaissais mieux le sujet.

    Il existe quelques sources qui sont généralement plus fiables que d’autres, bien que leur fiabilité ne soit sans doute pas non plus complète non plus. Je ne nommerai personne, mais chacun sera sans doute capable de populer un peu ce secteur, ne serait-ce qu’en réfléchissant à ceux qui vont en général beaucoup plus en profondeur dans le sujet traité que les autres qui n’en effleurent que la mince pelure en cinq ou dix minutes.

    D’une façon ou d’une autre, s’il s’agit du traitement d’un sujet controversé, il importe d’aller butiner un peu les différentes sources et opinions afin de voir ce que chacune fait des arguments des autres.

    Il est aussi une espèce de paradoxe dans le fait que peu importe la fiabilité d’une source, si celles-ci sont peu nombreuses, il convient, si l’on veut être le moindrement informé, de l’éplucher en croisant les doigts que d’autres informations plus précises, mieux détaillées et convenablement commentées deviennent disponibles avec le temps.

    Il y a aussi, parfois, le temps à investir à mettre en opposition à la valeur de ce que l’on en retire. Lorsque l’on constate la foudroyante popularité de Wikipédia, il me semble à peu près certain qu’une vaste proportion des humains (moi inclus, je n’essaie pas de leurrer personne) y va généralement d’un compromis qui augmente la vitesse d’acquisition d’une vue d’ensemble à peu près correcte d’un sujet, malgré que cette prestesse ne devienne possible qu’aux dépens d’une véritable connaissance en profondeur du sujet (évolution historique des théories d’explication des phénomènes décrits ou observés, processus d’acquisition des données, familiarité avec des connaissances liées d’une manière ou d’une autre au sujet – ce que l’on pourrait appeler un panorama plus large -, explication du rejet de certaines théories, de l’indifférence plus ou moins justifiée que subissent d’autres théories, directions actuelles de la recherche, forge d’une opinion personnelle éclairée sur certaines controverses, …).

    Considérant ce qui précède, donc, c’est-à-dire que l’être humain sacrifiera parfois une véritable connaissance en profondeur afin de mobiliser son attention à d’autres sujets, il me semble justifiable et justifié de revenir aux médias pour s’informer, ne serait-ce que sommairement et superficiellement, sur les sujets d’actualité.

    À la lumière de ce que j’en ai dit ci-dessus, vous comprendrez que je ne me fierais pas aux médias pour obtenir un diplôme d’ingénierie, mais que je leur accorde malgré cela une certaine crédibilité: je crois que lorsqu’il nous disent qu’un morceau de béton est tombé d’un viaduc sur une autoroute, la chose est vraiment survenue. Lorsqu’un ingénieur explique ce qu’il croit être de possibles causes de la chute, je lui accorde aussi une certaine crédibilité.

    Seulement, je ne nierai pas que j’aimerais aussi des reportages plus en profondeur. Quelque chose qui ressemblerait à une véritable enquête non pas sur un événement en particulier, mais sur l’historique du réseau routier allant de sa construction à son actuelle période d’indéniable vétusté, une enquête dont la teneur demeurerait compréhensible du grand’public, mais qui saurait prendre ce grand’public du point où il se trouve et lui ouvrir un peu ses horizons. Quelque chose qui inclurait des entrevues substancielles avec des ingénieurs, des chercheurs, des analystes politiques et économiques. Pas du rose bonbon facile à avaler ou du scandale pour du scandale sans solution sensée à offrir. Plutôt quelque chose de costaud, d’intelligent sans être forcément élitiste.

    Un tel grand reportage, fait sérieusement, ne serait pas une solution-miracle à tous les problèmes, loin s’en faut, mais il pourrait au moins avoir la prétention de mieux informer les gens qui payent des taxes et des impôts et ne comprennent pas pourquoi rien ne semble plus fonctionner comme il le faut au Québec.

    Mais en cette ère internet, quel média québécois osera investir dans un pari aussi risqué? Peut-être un ou quelques livres paraîtront-ils sur le sujet? Si c’était le cas, j’aimerais néanmoins penser que ceux-ci seraient des collectifs, plutôt que l’œuvre d’un seul, ce qui limiterait, j’ose y croire, l’imposition d’une vision unique et partiale sur le sujet.

    • Reynald Du Berger dit :

      Cher Filou,

      Je n’ose troubler pour l’instant la torpeur estivale de mes confrères et consoeurs du CA de la section régionale de notre ordre professionnel, mais je le ferai avant la mi-août , car vos questions sont non seulement légitimes et pertinentes, mais on doit y répondre. J’aimerais bien avoir leur avis car vos questions concernent la déontologie, l’éthique et les relations entre ingénieurs, médias et le public. J’inviterai mes confrères à déposer leurs commentaires sur ce blogue.

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