Réponse de l’ombudsman de Radio-Canada

Publié: 29 août 2012 dans Uncategorized

Montréal, le 28 août 2012

 

Monsieur Duberger,

 

Nous avons pris connaissance des critiques que vous avez adressées à l’ombudsman de Radio-Canada en ce qui a trait à divers reportages portant sur les changements climatiques. Nous vous remercions d’avoir pris le temps de nous écrire. Vos commentaires alimentent notre réflexion. Nous nous faisons un devoir d’y donner le suivi approprié.

 

Force est de constater que personne de raisonnable ne conteste les changements climatiques, mais que les causes de ces changements ne font pas l’unanimité. Dans nos reportages sur le sujet, nous exposons des faits et invitons des experts reconnus dans la communauté scientifique à donner leur interprétation de ces faits. Nous ne présentons pas ces points de vue comme étant incontestables.

 

Vous donnez l’exemple d’un reportage récent de notre correspondant à Washington, Yvan Côté qui, je vous cite, « n’hésitait pas à présenter comme vrai et formel l’avis d’un autre climatologue américain sur la vague de sécheresse américaine « that can be definitely linked to global warming causes by greenhouse gases ». Or, juste avant de nous faire entendre cet extrait d’un porte-parole de l’Administration nationale des études océaniques et atmosphériques, le reporter s’étonnait de cette affirmation d’un « organisme gouvernemental reconnu pour sa prudence ». 

 

Si des chercheurs arrivent à des conclusions qui divergent fortement du consensus, il est vrai que le « fardeau de la preuve » leur revient. En d’autres mots, comme journalistes, on va juger comme plus plausibles des résultats qui sont conformes aux modèles généralement admis que des résultats qui nécessitent une révision complète de tout ce qu’on connaît du domaine. Des « révolutions scientifiques » surviennent parfois, mais les scientifiques qui les proposent doivent d’abord faire la preuve irréfutable que le « consensus » ne peut plus tenir, et que la remise en question est inévitable. C’est comme ça que les visions scientifiques se transforment.

 

Il est vrai que la quasi-unanimité n’est pas garante de vérité en matière de science. Mais à l’inverse, le seul fait de dénoncer le discours dominant n’est pas, non plus, garant de vérité. En science, les journalistes ne doivent pas se contenter de rapporter avec équité les opinions des uns et des autres, mais bien tenter de fouiller dans la littérature scientifique pour tenter de voir où se situe la réalité la plus plausible. Or, jusqu’à maintenant, les données à l’appui d’un réchauffement marqué du climat depuis 20 ans nous semblent beaucoup plus solides que les données utilisées par ceux qui contestent ce réchauffement.

 

Il n’est pas dans notre intention d’engager, ni de clore d’ailleurs, un débat que vous menez activement sur votre blogue et nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à Radio-Canada.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur, nos salutations distinguées.

 

 

 

André Dallaire,

Directeur, traitement des plaintes

et affaires générales

Information – Services français

Québec, le 29 août 2012

Monsieur Dallaire,

Merci d’avoir pris le temps de répondre au nom de l’ombudsman de Radio-Canada à la plainte exprimée sur mon blogue. Votre réponse est cependant insatisfaisante et vous me permettrez de critiquer certaines de vos affirmations et de vos commentaires.

Vos commentaires alimentent notre réflexion. Nous nous faisons un devoir d’y donner le suivi approprié.

C’est le gentil copier-coller de votre ombudsman du genre « votre appel est important pour nous! ». Merci quand-même! Votre réponse à ma plainte indique cependant qu’il n’y aura aucun suivi et que Radio-Canada n’entend pas modifier son attitude en ce qui concerne le traitement des questions de changements climatiques dans ses bulletins de nouvelles et ses magazines scientifiques.

Dans nos reportages sur le sujet, nous exposons des faits et invitons des experts reconnus dans la communauté scientifique à donner leur interprétation de ces faits.

Vous exposez surtout des hypothèses non vérifiées et contestables. Il y a pourtant aussi des «experts reconnus par la communauté scientifique » qui contestent ces hypothèses ou interprètent autrement ces faits et vous ne leur offrez jamais la parole.

Nous ne présentons pas ces points de vue comme étant incontestables.

S’ils ne sont pas incontestables, pourquoi ne pas alors présenter les points de vues de chercheurs réputés qui les contestent?

le reporter s’étonnait de cette affirmation d’un « organisme gouvernemental reconnu pour sa prudence »

Plutôt que de se contenter de s’en étonner, ce reporter aurait dû solliciter un autre avis d’expert reconnu, comme a fait madame Kovacs avec moi sur la sismicité induite par fracturation hydraulique.

Si des chercheurs arrivent à des conclusions qui divergent fortement du consensus, il est vrai que le « fardeau de la preuve » leur revient.

Il n’y a pas de consensus, et même s’il y en avait un, la science ne marche pas à coups de consensus. Au moment du Protocole de Kyoto, tout au plus une majorité de scientifiques sonnaient l’alarme climatique, – ils ont aussi vu la manne de subventions que cela pouvait leur rapporter, et en ont largement profité- mais cette majorité s’est depuis effritée. Il y a un grand nombre d’alarmistes qui se sont convertis au scepticisme et Radio-Canada les ignore totalement . Vous pouvez me trouver des exemples de l’opposé, i.e. un sceptique converti en alarmiste? Le « fardeau de la preuve » contrairement à votre affirmation , revient aux scientifiques climato-alarmistes et au GIEC qui parle aux nations de l’ONU en leur nom, car leurs conclusions débouchent sur des politiques auxquelles la plupart des pays sont astreints et qui ont des conséquences sociales et économiques graves. Quand on impose un joug aussi lourd de conséquences sur tous les peuples de la Terre, on doit en assumer le « fardeau de la preuve »!

comme journalistes, on va juger comme plus plausibles des résultats qui sont conformes aux modèles généralement admis

Ces modèles – qui sont climatiques- échouent la double épreuve de la calibration (on ne dispose pas de suffisamment de données historiques -ni en quantité ni en qualité- pour calibrer ces modèles) et de la validation (les données thermométriques et satellitaires contemporaines contredisent ces modèles).

le seul fait de dénoncer le discours dominant n’est pas, non plus, garant de vérité

Les scientifiques qui dénoncent ce discours dominant publient les faits et les conclusions auxquelles ils arrivent dans des revues scientifiques arbitrées et vous persistez pourtant à les ignorer.

En science, les journalistes ne doivent pas se contenter de rapporter avec équité les opinions des uns et des autres, mais bien tenter de fouiller dans la littérature scientifique pour tenter de voir où se situe la réalité la plus plausible.

Les journalistes n’ont pas à rapporter des opinions en matière de changements climatiques, mais des faits, des résultats tangibles. Et ce n’est pas une question d’ « équité » mais d’honnêteté, d’éthique, de probité. Quant à « fouiller » comme vous dites la littérature scientifique, ce n’est pas , du moins chez-vous à Radio-Canada, le rôle du journaliste mais celui de vos trop nombreux recherchistes, qui ne « trouvent » ou plutôt ne « repèrent » comme par hasard, que les références qui vont dans le sens de la pensée unique radio-canadienne sur cette question et sur celles de l’environnement en général. À en juger par la faible qualité de vos reportages scientifiques en dépit des moyens dont vous disposez, je doute de la compétence de vos journalistes et recherchistes dans leur quête pour tenter d’établir « où se situe la réalité la plus plausible ». Au cours d’une des émissions Découverte sur le volcanisme, vous avez diffusé des propos scientifiques faux que je ne pouvais laisser passer et pour lesquels j’ai rabroué le rédacteur en chef de l’émission, Pierre Sormany – c’était avant sa mise à la « retraite ». – Sormany, qui est un de mes anciens élèves, m’a répondu que Radio-Canada était lié par contrat avec la BBC et que le verbatim devait être intégralement respecté dans la traduction. Autrement dit, non seulement Radio-Canada, en dépit des moyens financiers dont il dispose grâce à nos impôts, est incapable de produire par lui-même des documents scientifiques de qualité, il achète donc ceux de l’étranger et colporte les erreurs et mensonges qu’ils contiennent. Radio-Canada ment aussi à ses auditeurs par omission. Vous avez par exemple choisi d’ignorer totalement CLOUD, cette colossale et coûteuse expérience scientifique débutée il y a 2 ans à Genève et qui regroupe 16 instituts scientifiques de 8 pays en vue d’étudier la formation de nuages en basse altitude sous l’effet du bombardement par les rayons cosmiques, facteur clé dans la compréhension des changements climatiques. Vous ignorez aussi les dernières analyses climatologiques au Groenland qui démontrent sans équivoque un cycle naturel de 60 ans relié à l’oscillation multidécennale nord-atlantique. Tout comme les dernières recherches sur les ours polaires qui démontrent que depuis des millénaires, ils se sont adaptés à des changements climatiques beaucoup plus rapides et aigus que ceux contemporains. Vos recherchistes, toujours grâce à mes impôts, devraient pouvoir trouver sans trop d’efforts les références pour appuyer ce que je viens de dire.

Or, jusqu’à maintenant, les données à l’appui d’un réchauffement marqué du climat depuis 20 ans nous semblent beaucoup plus solides que les données utilisées par ceux qui contestent ce réchauffement.

Je vous invite à consulter les données de NOAA et même de la NASA. La température moyenne globale depuis 1998, stagne et n’augmente surtout pas, malgré une augmentation du CO2 atmosphérique. Vos recherchistes et journalistes ont-ils une explication pour cette anomalie scientifique?

Il n’est pas dans notre intention d’engager, ni de clore d’ailleurs, un débat que vous menez activement sur votre blogue et nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à Radio-Canada.

Je mène une croisade plutôt qu’un débat, car je déplore que Radio-Canada non seulement refuse ce débat – qui a pourtant lieu dans les médias américains et européens-,  mais s’entête à ne présenter que « sa » vérité. J’y vois beaucoup de mauvaise foi. Dans les circonstances et compte tenu de votre réponse, je consacrerai encore plus d’efforts à diffuser mon point de vue de sceptique dans les médias privés qui ont la courtoisie et l’honnêteté de m’offrir une tribune et dans les quelques écoles et cegeps qui ont le courage d’inviter un scientifique qui ose aller à contre-courant et qui présente aux élèves, non pas des opinions, mais des faits scientifiques vérifiés qui jettent un doute sur les « vérités » que Radio-Canada, leurs professeurs et manuels scolaires leur enseignent.

Je vous prie de recevoir, monsieur Dallaire, mes salutations également distinguées.

Reynald Du Berger, citoyen scientifique.

commentaires
  1. Rémi Charbonneau dit :

    Un recour collectif au P.C.­. ils peuvent « croire » tant qu’ils le veulent à leur « consensus scientifique » (cette expression a été inventé lors du refroidissement climatique observé dans les années 1970 qu’on attribuait alors au aérosols causé par la pollution) leur malhonetete intellectuelle sur ce sujet et bcp d’autres points (j’ai entendi sur leur onde que le pétrole pouvait coulé au fond de l’eau) devient indécent.

    Il évoque comme défense des dogmes qu’ils ont largement contribué à mettre en place. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est la démarche scientifique, un grand ménage s’impose.

    Rémi Charbonneau,
    Géologue

  2. jipebe29 dit :

    Nos amis britanniques nous apportent enfin un peu d’air frais… Le Met Office a publié un communiqué dans lequel ils reconnaissent que Tglobale est stable depuis 1997.
    http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-2217286/Global-warming-stopped-16-years-ago-reveals-Met-Office-report-quietly-released–chart-prove-it.html?ito=feeds-newsxml

    Mais je crains que nos lamentables médias français et canadiens n’en disent un seul mot,.. Et que le delirium carbonum ne perdure…

  3. Fernand Trudel dit :

    Est-ce que Steven Guilbault est un scientifique reconnu parce qu’il s’est promené dans tous les sommets du GIEC sur le bras du gouvernement québécois ? Pourtant SRC le consulte « ad nauséam ». Est-ce que Jean Lemier, ce biologiste-cin.éaste, est une sommité scientifique pour que SRC finance son voyage autour de la terre dans le cadre de ce qu’ils appellent ‘ Les 1000 jours pour la terre ». Non SRC est partiale et son ombudsman n’est autre chose qu’un agent de relations publiques…

  4. jipebe29 dit :

    Rien à voir avec le sujet, mais information fort intéressante: pour la première fois, le GIEC n’est pas invité au COP18. Peut-être à cause des ses prévisions irréalistes concernant les ER?

    http://www.thegwpf.org/wanted-ipcc-invited-climate-summit/

    L’AIE prévoit pour 2035 au plus 14% de Renouvelable, mais plus vraisemblablement 12%, dont 2% de solaire et d’éolien, et 12% d’hydraulique et biomasse. Le GIEC, dans son dernier rapport sur les ER, prévoit pour 2030, en se basant sur son 164ème scénario, 43% d’ER, ce qui est complètement irréaliste. On comprend mieux l’origine de ce 164ème scénario lorsque l’on sait que la personne qui l’a élaboré est le Dr Sven Teske, notoirement connu pour être « coordinateur international de Greenpeace pour les questions climatiques ». Non seulement Sven Teske est un membre éminent de Greenpeace, mais il est aussi un représentant patenté du lobby de l’industrie photovoltaïque, au nom de laquelle il défend le principe des subventions à cette source d’énergie, pour le moment éminemment non compétitive. Peut-être est-ce pour ces outrances que le GIEC n’est, pour la première fois, pas invité au COP18.

  5. […] réponse de l’Ombudsman a été rapide. J’avais publié cette réponse,  suivie de mon […]

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