FUTUR ÉNERGÉTIQUE FRANÇAIS

Publié: 9 décembre 2019 dans Uncategorized
futur
Gouvernance énergétique française : un fort besoin de lumière


4 decembre 2019

La commission d’enquête parlementaire sur la politique énergétique française, présidée par le député Julien Aubert, vient de rendre son rapport.

Un travail de grande ampleur et un rapport de 346 pages, dont la langue parfois ampoulée (besoin de lumière !) peut être un peu pesante, mais aussi plaisante, grâce notamment à Madame la Rapporteure, attachée à la féminisation inclusive de son rôle.

Ce rapport de la commission d’enquête est d’une importance essentielle à de nombreux titres.

Il souligne tout d’abord l’ampleur pharaonique des financements prévus, et insiste sur la nécessité d’intégrer ces investissements dans le très long terme. Par son volume et ses conséquences en cascades, cet ensemble de décisions ne pourra pas substantiellement être remis en cause pendant de longues années. Ce point est notamment illustré dans un rapport spécial fait à l’Assemblée Nationale en juin 2019 par le député Julien Aubert (lien : http://www.assemblee-nationale.fr/15/rapports/r1990-a18.asp) qui montre que « Si la politique actuelle est maintenue, le montant du soutien financier apporté par l’État aux éoliennes sur la période 2011-2028 (de 72,7 à 90 milliards d’euros) sera supérieur au coût de construction initial DE L’ENSEMBLE DU PARC NUCLEAIRE FRANCAIS établi en 2012 par la Cour des comptes (70 milliards d’euros valeur 2010 soit environ 80 milliards d’euros valeur 2019). »

Des principes à peu près universels de saine gouvernance, on déduit aisément les questions que le gouvernement doit maîtriser et expliquer avant de verrouiller les décisions majeures de choix énergétiques à long terme.

1) Annoncer aux Français l’évolution prévisible du prix de l’énergie TTFAC (toutes taxes et facturations accessoires comprises), depuis le prix du fuel domestique, du gaz, de l’essence et du diesel, jusqu’au prix du kWh électrique.

Pour ce dernier point, l’historique de l’Allemagne, précurseur dans la multiplication à grande échelle des investissements en énergies intermittentes, peut donner des indications utiles, puisque les Allemands paient aujourd’hui leur électricité deux fois plus cher que les Français.

S’il est vrai que les coûts unitaires marginaux d’installation de puissance électrique intermittente en solaire ou éolien ont été réduits, qu’en est-il du coût total de production effective, incluant les investissements nécessaires en adaptation réseau, les charges d’entretien et de démantèlement, et le coût de mobilisation de centrales pilotées pour pallier l’intermittence ?

Nos compatriotes seront-ils toujours autant séduits par cette politique si les milliards d’argent public à investir conduisent à un doublement, voir pire, du prix de l’énergie ?

2) Evaluer les conséquences environnementales locales des investissements prévus, tout particulièrement pour le développement des éoliennes aussi bien terrestres qu’offshore, avec notamment l’analyse sérieuse et complète de leur impact sur la santé des populations humaines et animales (cheptel et oiseaux), et sur les milieux marins.

3) Evaluer les conséquences agro-alimentaires du développement des bio-fuels et de la progression des surfaces allouées à l’intermittence.

4) Mesurer l’efficacité climatique des investissements. Les milliards d’euros prévus ne peuvent être justifiés par le seul principe de « respecter l’Accord de Paris ». Il faut donner la mesure de l’efficacité climatique des dépenses à engager, c’est à dire révéler combien de degrés en moins on gagnera, sur quelle période, même si l’on doit pour cela se contenter de l’approximation des formules du GIEC qui simulent un présumé impact de l’évolution du taux de CO2 sur les variations de la température atmosphérique. Quel sera l’impact climatique des investissements français quand on sait que si la France arrête dans les prochaines années ses quatre dernières centrales électriques au charbon, la Chine en installera 400 nouvelles de plus ?

5) Révéler les hypothèses retenues pour l’appréciation des conséquences économiques sur la compétitivité industrielle française des scénarios envisagés pour le prix de l’énergie et pour la taxe carbone tant que celle-ci n’est pas universellement mondiale et uniforme : combien de délocalisations en plus, combien de nouvelles fermetures d’usines, combien de nouveaux chômeurs, quelles aggravations de la balance commerciale ?

6) Révéler les prévisions de l’évolution de la sécurité énergétique, avec calculs réalistes des risques de black-out liés à l’intermittence, et exposé des risques géopolitiques liés aux origines géographiques retenues pour les approvisionnements en sources d’énergies et en composants éoliens, solaires et nucléaires.

7) Exposer les détails de la politique et des investissements en R&D pour trouver des solutions encore inexistantes au stockage d’ampleur de l’électricité à des conditions économiques, préalable nécessaire à l’utilisation des énergies intermittentes autrement qu’en proportion minoritaire, selon la réalité observée même au Danemark et en Allemagne. Le rapport de la commission d’enquête souligne la faiblesse de l’effort prévu sur ce sujet de la R&D.

Voilà l’absolu minimum qui doit être révélé de manière claire et documentée pour pouvoir attendre des Français qu’ils comprennent et acceptent les énormes investissements en cause. Il est choquant de se contenter d’invoquer l’appétit de principe des Français pour les énergies renouvelables, selon quelques sondages ou selon les impressions ressenties par la ministre lors de ses déplacements. D’autant plus choquant lorsque l’on apprend que d’après lesdits sondages, plus de deux tiers des Français pensent que la production d’électricité nucléaire est un producteur massif de CO2.

Madame la Rapporteure, dès son exposé introductif, à la page 32 du rapport de la commission d’enquête, endosse le présupposé caractère irréfutable de l’alarmisme climatique. Elle paraît ainsi ignorer que plus de 200 députés européens (environ un tiers du total) viennent de voter contre l’officialisation de cet alarmisme, elle paraît également ignorer la récente démarche engagée auprès de l’ONU et de l’Europe contre cet alarmisme par plusieurs centaines de scientifiques parmi les plus qualifiés au monde dans les sciences « dures » nécessaires à un début de compréhension du fonctionnement climatique (spécialement en physique, chimie et géologie).

Sur le plan des principes, rappelons-lui la citation d’un des plus grands physiciens que la terre ait portés, Richard Feynman : « If you thought that science was certain – well, that is just an error on your part. »

Mais je voudrais aussi encourager Madame la Rapporteure dans sa juste volonté de défense du féminisme, en lui recommandant de s’engager dans une découverte approfondie de ce que quelques femmes, remarquables « éclaireures » scientifiques, apportent à la science climatique. Outre les quelques identités féminines qu’elle pourra découvrir à la lecture de la liste des signataires de la récente déclaration de « Clintel », je lui recommande particulièrement la découverte des personnalités de Susan Crockford, Judith Curry, Donna Laframboise et Joanne Nova, quatre femmes dont le courage n’a de rivales que leur honnêteté scientifique et leur intelligence.

Enfin, malgré la qualité et l’ampleur du travail accompli, cette commission d’enquête a encore du chemin à parcourir pour procurer au gouvernement un meilleur éclairage sur les conséquences des choix envisagés et des actions (et inactions) possibles. Il y a 13 ans, en 2006, le gouvernement britannique a financé une étude dont les objectifs étaient voisins de ceux de notre commission d’enquête parlementaire, étude qui a donné lieu à un rapport connu depuis sous le nom de « rapport Stern ». Ce rapport s’est révélé depuis, grâce aux réalités accumulées depuis 13 ans, très alarmiste et plutôt biaisé pour favoriser les investissements dans le solaire et l’éolien. A l’époque, deux équipes de scientifiques et économistes anglo-saxons parmi les plus compétents et respectés ont procédé à une analyse critique approfondie de ce rapport : « The Stern Review, a Dual Critique ». Parmi ces personnalités figurent les professeurs Richard Lindzen pour la partie scientifique et David Henderson pour le volet économique. Je recommande vivement au Président et à la Rapporteure de notre commission d’enquête parlementaire de se procurer ce document critique, encore aujourd’hui disponible auprès de The Global Warming Policy Foundation (GWPF) (les contacter à info@thegwpf.org).

Quand tant de milliards sont en cause, l’important n’est pas de plaire, mais de ne pas se tromper.

François Gauchenot,

Administrateur fondateur

Saint George Institute

 

commentaires
  1. damien thomas dit :

    d’accord avec tout cela..
    On pourrait ajouter::
    1 Ce n’est pas l’état qui soutient les ENR, ce sont les consommateurs sur leur factures..
    2 En fait l’état récupère une bonne partie de cet argent par les impôts payé par les possesseur d’ ENR

    Conclusion: ce n’est pas un soutien , en fait c’est ue taxe payée par tout le monde y compris les pauvres au profit des exploitants et de l’état qui est donc GAGNANT dans cet affaire..

    • roc dit :

      il me semble que ces subvention engraisse bien les entreprises mafieuses qui sont dans les paradis fiscaux et mettent en oeuvre des projets d’éoliennes et de panneaux solaires

  2. rexterras dit :

    Si j »étais le gouvernement chinois et que je voulais dominer le monde, je financerais les Grota Toutouneberg et les médias occidentaux au maximum. Leurs états se plieront ensuite à la dure loi de la concurrence.

  3. Paul S. dit :

    Steven Mnuchin Tells Greta Thunberg to ‘Study Economics’ Before Advising on ‘Complicated’ Issues : https://www.breitbart.com/politics/2020/01/23/steven-mnuchin-tells-greta-thunberg-to-study-economics-before-advising-on-complicated-issues/

    En fait, la petite insolente devrait se la fermer par respect pour sa cause. Son hystérie rend sa cause suspecte.

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