L’ESPRIT CRITIQUE

Publié: 12 février 2018 dans Uncategorized

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Témoignage d’un ancien de Hoche

par Christian Buson.

Il y a quelques jours, des enseignants du lycée Hoche de Versailles se sont opposés à la venue du professeur François Gervais, qui devait y animer une conférence-débat le 13 février. Surpris et choqué, c’est en ancien élève de ce lycée que je souhaite réagir.

Avant d’intégrer une grande école d’agronomie, j’ai été en classe de math sup et math spé bio à Hoche de 1970 à 1972. Une véritable initiation aux disciplines et aux pratiques scientifiques nous y avait été dispensée. L’esprit critique, le doute et la nécessaire vérification de chaque affirmation étaient systématiquement mis en avant, loin de toute propagande. Malgré tout, le recul permet de constater que ce qui nous était alors enseigné comme certain ne l’était pas toujours, et prenait parfois la couleur des modes intellectuelles de l’époque. Rien de plus normal, car nul ne peut s’abstraire complètement des errements de son temps. C’est ainsi que nous avions reçu un polycopié de notre professeur de physique, qui nous alertait sur la pénurie de pétrole annoncée comme quasi-certaine pour l’an 2000, ainsi que sur les incertitudes les plus fortes sur la possibilité de nourrir une population de près de 6 milliards d’humains à cette même échéance. Ce dernier point m’avait à l’époque conforté dans mon choix de m’orienter vers l’agronomie.

Toutes ces prévisions se sont heureusement avérées erronées et inutilement alarmistes, ce qui n’ôte rien à la qualité des cours dispensés par cet enseignant, M. Thouvenot, pour lequel j’ai toujours gardé estime et admiration.

En spé, M. Couderc, notre professeur de biologie, avait fait venir un entomologiste qui nous avait expliqué l’immense intérêt des produits phytosanitaires pour lutter contre ce fléau que sont les doryphores. Je me souviens encore très bien de cette intervention, qui détonnait par rapport à nos enseignements habituels et usait d’arguments et de raisonnements tout à fait pertinents. On peut se demander si, à notre époque d’écologisme militant prônant le passéisme agricole, un tel exposé serait encore possible dans nos lycées.

La question n’est pas ici de savoir qui avait tort ou raison. La question est de savoir si aux élèves l’occasion était donnée d’entendre des voix suffisamment variées pour leur permettre de se forger librement leurs convictions propres, sans que l’emportent les biais idéologiques du moment. Il me semble que, à mon époque, la réponse était oui.

En revanche, l’annulation qui frappe aujourd’hui la conférence de François Gervais est la marque d’une attitude excessivement fermée, voire sectaire, qui ternit l’image du lycée où j’ai eu le bonheur d’étudier.

Les affirmations éhontées et orchestrées sur ce thème du réchauffement/changement climatique méritent un regard distancié et plus objectif. La vérité n’est pas une affaire de consensus, ni de communication. C’est par la confrontation de points de vue divergents que l’on peut avancer, pas par l’unanimisme imposé.

L’ouvrage de François Gervais, L’Innocence du carbone, est un livre argumenté, posé, non polémique. J’ai écouté plusieurs interventions de l’auteur, notamment à l’institut de Locarn, en Bretagne. Celles-ci ne devraient pas effrayer tout auditeur disposant d’un minimum d’esprit scientifique. Avant de refuser la venue du professeur Gervais, ce qui représente une forme de censure, il eut été préférable de le laisser parler, quitte, le cas échéant, à programmer ensuite un autre intervenant pour faire contrepoint. S’agissant des changements climatiques, il y aura autant d’avis que d’experts. La science du climat est encore jeune et non aboutie ; elle réunit des spécialistes de nombreuses disciplines, qui sont loin d’être d’accord. La réflexion sur la nécessaire hiérarchie entre les faits et les données, d’une part, et les simulations à partir de modèles non validés, d’autre part, constitueraient une démarche éclairante.

J’ajoute qu’en tant qu’agronome je ne peux qu’être abattu quand j’entends que le COserait un polluant, alors qu’il s’agit de l’élément fondamental du cycle de la photosynthèse. Sans CO2, pas de végétaux, pas de vie. Aucun biologiste ne devrait laisser passer une telle contre-vérité.

Puisse le lycée Hoche, et au-delà l’ensemble des établissements scolaires, trouver ou retrouver au plus vite le chemin de l’ouverture intellectuelle qui, seule, contribuera à former l’esprit critique des élèves.

 

 

 

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commentaires
  1. Alain Gervais dit :

    Bravo M. Buzon. Souhaitons que Hoche aura l’intelligence de comprendre qu’ils ont pris voie sans issue et qu’ils sauront réviser leurs positions avec humilité et honneur.
    Alain G

    • Paul S. dit :

      Êtes vous sérieux ?
      Quelle voie sans issue ?

      En refusant de légitimer la pertinence du climato-réalisme, le lycée a justement interdit la circulation des idées sur quelque voie que ce soit.

      A-t-on déjà vu un climato-alarmiste humble ? Ces gens savent tout sur le climat et le gaz carbonique restera leur grand coupable contre vents et marées.

      L’honneur qui et où ? La délégitimation (“the science is settled”) des idées contraires et l’économie de la réflexion font partie des stratégies et tactiques de la mouvance peurologiste.

  2. pierreb1 dit :

    D’après ce que nous croyons savoir, l’inspecteur d’académie aurait convoqué les enseignants cette semaine. On verra bien ce qu’il en sortira… Les paris sont ouverts !

  3. Paul S. dit :

    Bonjour monsieur Du Berger,

    Après l’annulation, par la direction, de votre présentation au CEGEP de Trois Rivières, vous avez pu rencontrer quelques douzaines d’intéressés dans une salle de réunions d’un hôtel :
    https://www.lenouvelliste.ca/actualites/environnement/changements-climatiques-le-cegep-annule-la-conference-de-reynald-duberger-72ced7def40ee20e3a02f6c905a6fd1e
    https://www.lenouvelliste.ca/actualites/education/reynald-duberger-reinvite-dans-la-region-8e287d1bb60cb85aff643ff8f7fc4df4

    Malheureusement, le recours continu aux médias locaux pour annoncer vos conférences requerrait l’intérêt professionnel (ou, au moins, la non-hostilité) d’un journaliste et de son chef de pupitre. Ceci est loin d’être acquis dans toutes les localités.

    Pensez à la couverture ridiculisante de la Contre COP 21 : https://www.franceinter.fr/emissions/le-moment-meurice/le-moment-meurice-08-decembre-2015
    Ainsi que de la Contre COP 22 : https://www.youtube.com/watch?v=_ELJ_oDGV0E

    Les jeunes gens, dont les reporters – animateurs de France Inter, ont été bombardés par la propagande climato-alarmiste depuis la maternelle et la rectitude politique ambiante ne porte pas à la rigueur intellectuelle (je vous encourage à prendre aussi connaissance de commentaires écrits sur le YouTube).
    (Note : Ce Guillaume Meurice, le pourfendeur de climato-scepticisme, qui rit d’un ingénieur “généraliste”, compte sur son DUT GEA (l’équivalent d’un DEC en administration) pour tout savoir sur le RCA.)

    Le sauvetage de la planète est le devoir sacré de cette tranche croissante de la population et les responsables des médias locaux ne voudraient pas risquer de s’aliéner cette clientèle en faisant la promotion, même indirecte, d’une conférence à contre-courant.

    À propos, le CEGEP de Trois Rivières présente demain une “vraie” Conférence scientifique sur les changements climatiques : https://www.cegeptr.qc.ca/evenements/conference-scientifique-changements-climatiques/

    Ce serait quelque chose, si un de vos interlocuteurs du passé pouvait poser au présentateur, M. Richard Harvey, la question suivante :
    Comment le CO2, peut-il causer le réchauffement climatique, lorsque les données montrent que l’augmentation de la température précède l’augmentation de la concentration du CO2 dans l’atmosphère ?.

    Le spectacle de patinage artistique n’aurait pas eu lieu seulement aux J.O. .

    Bonne journée,
    Paul S.

    NOTE : Vérification faite, les contributions scientifiques de M. Richard Harvey (LinkedIn profile : “Climate Researcher”, “Environment and Climate Change Canada, Environment Canada (Ouranos)”) sont toutes axées sur la fiabilité des modèles prédictifs existants, en particulier de ceux utilisés par l’Ouranos.
    Aucun travail original sur la Science du climat, juste le malaxage du principe informatique, sans le nommer : “garbage in & garbage out”.

  4. Jean-François Blackburn dit :

    Bonjour, je suis l’enseignant du collège de Trois-Rivières qui a tenté d’organiser une conférence donnée par Reynald Du Berger à l’intérieur de l’institution en question. J’ai retransmis ce soir par courriel un message à mes quelques 550 collègues du collège, accompagné du texte de cet ancien étudiant de Hoche. J’aurai sûrement des réactions et commentaires demain.

    «Bonjour chèr(e)s collègues,

    La vie réserve à bien des occasions son lot de hasard comme cette fois-ci, où pendant qu’une conférence sur le réchauffement climatique est présentée dans notre institution, d’autres sont annulées au même moment dans des lycées français, comme ça été le cas ici-même au Cégep Trois-Rivières il y a 2 ans.

    Je profite du même coup de la semaine de la philosophie qui vient (tiens, un autre hasard) de vous inviter à lire ce témoignage d’un ancien étudiant du lycée Hoche où devait se tenir l’une des conférences annulées afin de tenter d’éveiller certains d’entre-vous sur l’importance du débat et des opinions discordantes pour l’avancée des connaissances et des sciences en général, principe de base qui devrait être défendu par la philosophie, justement….»

    • Paul S. dit :

      Messieurs Blackburn, à Trois Rivières et Buson, en France, établissent tous les deux l’ouverture d’esprit comme le pré-requis à tout, y compris la formation d’esprit critique.

      Frank Zappa : “ Un esprit est comme un parachute. Il ne fonctionne pas s’il n’est pas ouvert. “

      Le professeur Blackburn fait bien d’envoyer la balle dans la cour de la philosophie. Au delà de la rhétorique, il y aurait une myriade de sujets d’études philosophiques en rapport avec le concept postulé de réchauffement climatique anthropique.

      Pendant leur Semaine de la philosophie, les enseignants du CEGEP auraient pu trouver intéressante cette communication d’une philosophe : https://duberger.me/2017/12/09/climat-un-point-de-vue-philosophique/

      Mme Delsol y soutient : “ L’annonce contemporaine des futurs désastres climatiques révèle la fin de la foi dans le progrès .. “ et aussi “ .. nombre d’écologistes préconisent de faire l’impasse sur la démocratie pour sauver la terre. .. “

      De l’abstrait au concret : C’est ainsi que M. Luc Ferrandez peut se permettre aujourd’hui de fermer des rues de Montréal, sans aucun débat publique. Ceci, après que son parti ait escamoté cet individu pendant les élections, au profit de la souriante nouvelle mairesse. Il y a quarante ans, ce duo passerait pour des farceurs ou des imposteurs.

      Des impasses sur la démocratie, même à l’échelle mondiale.

      Mme Christiana Figueres, ex-secrétaire exécutive de la convention cadre de l’ONU sur le changement climatique, déclare à Bruxelles en préparation de la COP 21 :
      “ This is the first time in the history of mankind that we are setting ourselves the task of intentionally, within a defined period of time, to change the economic development model that has been reigning for at least 150 years, since the Industrial Revolution. That will not happen overnight and it will not happen at a single conference on climate change, … It is a process, because of the depth of the transformation.  »

      Depuis le Sommet de Rio en 1992 le bras est bien pris dans le tordeur.
      Exit le système capitaliste et la démocratie. Cap sur la dictature socialiste globale à la Chávez.

      Aux grands maux, des grands moyens..

      • Reynald Du Berger dit :

         » Un esprit est comme un parachute. Il ne fonctionne pas s’il n’est pas ouvert. “……. je vois trop de parachutes en torche autour de moi, tous climato-alarmo- crédules, et pas assez de parachutes ouverts. C’est l’hécatombe. Seule la science – et non l’émotion- permet au parachute de s’ouvrir.

      • Paul S. dit :

        “ .. trop de parachutes en torche autour de moi, tous climato-alarmo- crédules .. “

        Crédules, tous ceux qui laissent d’autres plier leurs parachutes.

        Coupables, ceux qui empêchent les crédules d’apprendre à plier leurs parachutes.

  5. Reynald Du Berger dit :

    CONFÉRENCE DE FRANÇOIS GERVAIS

    à Polytech’Tours – 7 avenue Marcel Dassault – 37200
    17 mars 2018 à 16h00
    L’effet de serre atmosphérique
    L’équation carbone, climat, énergie
    Par François GERVAIS
    La combustion des ressources fossiles (charbon, pétrole, gaz) a contribué à augmenter la
    concentration du CO2 dans l’atmosphère de ~ 40 % avec pour bilan positif de verdir la
    Planète et d’accroître le rendement des récoltes.
    Le rapport AR5 du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC)
    publié fin 2013, jetait une ombre noire sur ce tableau idyllique, accusant l’effet de serre
    d’un risque de réchauffement de la Planète d’ici 2100 compris entre 0,3°C, nullement
    inquiétant, et 4,8°C, problématique.
    Au-delà de cette incertitude considérable, les modèles de climat virtuel sur lesquels sont
    basées ces projections sont-ils validés non seulement par le climat réel mais aussi par la
    théorie de l’effet de serre atmosphérique, très éloignée de l’effet du même nom dans la
    serre du jardinier ?
    La controverse scientifique s’est amplifiée ces deux dernières années avec 2 à 3 fois plus
    d’articles publiés dans des revues internationales à comité de lecture minimisant la
    contribution anthropique devant la variabilité naturelle du climat.
    François Gervais est physicien, Professeur émérite à l’Université François Rabelais de Tours. Il a été
    Expert reviewer du rapport AR5 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
    De 2002 à 2012, il était Directeur de l’UMR 6157 CNRS qui a développé des recherches axées sur la
    spectrométrie infrarouge et les matériaux pour l’efficacité énergétique.
    De 2005 à 2011, il était conseiller scientifique du Pôle de Compétitivité S2E2, Sciences et Systèmes de
    l’énergie électrique.
    Il est auteur de 6 livres, dont « L’innocence du carbone » en 2013, et de 235 publications dans des revues
    internationales à comité de lecture. Il est médaillé du CNRS en thermodynamique, lauréat du Prix Yvan
    Peyches de l’Académie des Sciences et Officier dans l’Ordre des Palmes Académiques.
    Conférence gratuite – Accès à partir de 15h45

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