BLANC, ET HONTEUX DE L’ÊTRE

Publié: 1 juillet 2017 dans Uncategorized

white pride

 

C’est le 1er juillet, la Fête du Canada, et notre 150ième anniversaire en plus. Je devrais peut-être, comme beaucoup de mes concitoyens,  célébrer et exprimer ma fierté d’être canadien. Eh bien non ! Si je suis fier de ce que je suis devenu et que j’ai accompli par mes efforts, pourquoi serais-je fier d’être né par hasard au Canada et d’avoir choisi de continuer d’y vivre ? Au mieux je peux exprimer ma satisfaction d’être né et de vivre ici plutôt qu’en Algérie, au Zimbabwe ou en Corée du Nord, mais sûrement pas exprimer de la fierté.

Le 1er juillet est aussi la date, maintenant traditionnelle, que les Québécois ont choisie pour leur transhumance annuelle. Pas question de transhumer à la St Jean Baptiste , ce serait un affront à leur seule « nation » reconnue comme telle. On préfère le 1er juillet pour faire ainsi aux « Canadiens » un doigt d’honneur. Mais en bons latins, on accepte le congé qui vient avec, tellement pratique pour le déménagement. Cela ressemble étrangement à l’attitude de nos cousins français qui confondent Assomption et Ascension, et puis s’en tamponnent le coquillard, pourvu que ça reste des congés.

Une amie ce matin m’envoyait un message à propos des « Inuits » en me précisant qu’ils ne faisaient pas partie de ce qu’on appelle « les premières nations ». J‘ai des problèmes avec ce mot « inuits » que les fonctionnaires veulent imposer sous prétexte d’une hypocrite et inappropriée rectitude politique, mot qui se traduit littéralement par « les gens.. le monde… les humains » donc qui n’a aucune connotation ethnique. Au risque de me faire traiter d’ignorant et même de raciste, ces gens sont et resteront les esquimaux ou eskimos avec qui j’ai chassé le caribou près du cercle polaire dans les Territoires du Nord-Ouest en 1964. Nous en avions tué 14 en une seule soirée. Les enfants se sont immédiatement précipités sur la première bête abattue et se sont barbouillé la face de sang, illustrant superbement ce mot amérindien à jamais banni, « esquimaux », qui traduit pourtant tellement mieux la nature et la culture de ce peuple… « mangeurs de viande crue ». Avec la gauche, les libéraux, les démocrates, le politiquement correct a toujours fait partie des choses qui me répugnent.

On peut cependant se demander si faire partie d’un groupe, d’une société, d’un peuple, qui a dû combattre pour survivre et devenir ce qu’il est, puisse être un motif de fierté. Je dirai non, à moins d’avoir activement contribué à ces combats. On peut être fier de ses ancêtres, mais on n’a pas à être fier d’être leur descendant. Toujours ce foutu hasard.

La fierté est devenue l’apanage exclusif des groupes minoritaires. Plus vous êtes marginalisé, plus vous pouvez réclamer facilement le statut de victime. Victime de qui? Victime de ce blanc, mâle, non handicapé, instruit, hétérosexuel qui vous a envahi, colonisé et qui vous méprise.

Ma correspondante me parlait des « premières nations ». Je fais malheureusement partie des deuxièmes nations et un ami venu ici de Hongrie en 1969 pour former des géologues et ingénieurs canadiens , même après avoir acquis sa citoyenneté canadienne, a toujours le statut honorable de membre des troisièmes nations. Et pourtant, comme moi, il a formé des centaines de géologues et d’ingénieurs, qui créent de la richesse collective parce qu’ils ont découvert et continuent de découvrir et mettre en valeur ces richesses minérales du territoire sur lequel vivent ces premières nations. Et en plus de 30 ans de carrière, lui et moi n’avons jamais eu dans nos cours, un seul des membres de ces premières nations, pourtant directement concernés, qui non seulement accusent toujours nos élèves de les spolier et exploiter ce qu’ils considèrent comme leur territoire, mais réclament des dédommagement$$$$$$$$. Ils préfèrent être à la caisse plutôt qu’aux commandes.

En ce premier juillet 2017, 150 ième anniversaire du Canada, avez-vous vraiment, amis canadiens et blancs, le cœur à la fête? … et il pleut en plus.

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commentaires
  1. A. Girard dit :

    Très bonne réflexion et bien le bonjour à votre ami d’origine hongroise, qui, comme vous, a été mon professeur en 78…:)

  2. Michel Bellemare dit :

    150 ième anniversaire du Canada??? 150 ième anniversaire d’un pacte entre politiciens, jamais soumis au peuple par référendum! C’est comme si la France fêtait le début de la Cinquième République en 1958… comme celui de la France. C’est d’un ridicule quand un pays fête son 150 ième anniversaire… en même temps qu’une de ses villes, qui elle fête son 375 ième anniversaire.

  3. Paul S. dit :

    Monsieur Du Berger,

    Si vous aimez les femmes, alors vous êtes un lesbien auxiliaire, donc un LGBT.
    Si vous ne les aimez pas, alors vous êtes un homo et là aussi vous feriez partie des LGBT.

    Vous vous plaignez le ventre plein.
    N’oubliez pas de sortir du placard et affichez FIÈREMENT votre appartenance au genre LGBT et participez à la Parade de la fierté de ces personnes.

    Bonne Fête de l’Équinoxe d’été.
    Paul S.

    • Paul S. dit :

      Aussi irréalistes toutes ces “fiertés” factices que mon “Équinoxe d’été”.

      On est fier d’un travail, de bons résultats, mais pas d’un fait accompli au niveau de gênes dans nos cellules.

      La meilleure façon de témoigner du respect et faire preuve de tolérance, c’est justement d’ignorer totalement, les uns et les autres, la différence apparente d’autres êtres humains.

      Il parait que je partagerais 98 % de gênes avec un chimpanzé Bonobo, alors je suis, probablement à 99.95 % un LGBT Noir asiatique.

      Nous vivons dans un monde irréel, rempli de zombies pitonnant leur téléphone plus intelligent que la plupart de pitonneux.

      Mais, il se pourrait qu’eux ils sont réels, car en majorité et nous des inadaptés qui n’ont pas muté à temps, engagés dans un “dead-end” darwinien.

  4. pierre Chagnon dit :

    Eskimo quel beau nom, quand des bureaucrates décident quell nom ta peuplade doit porter , il y a un problème .

  5. James C. dit :

    Les Eskimos ne feraient pas partie des premières nations parce qu’ils seraient issus d’une transhumance tardive et cela seulement depuis à peine même pas 2,000 ans; du moins se serait ce qui aurait été découvert avec la l’étude récente de l’ADN des différentes nations amérindiennes, si je ne me trompe. Ils ne seraient même pas le premier peuple installé dans les régions nordiques de l’Amérique. Un autre peuple s’y serait installé avant eux, mais aurait disparu. D’ailleurs, les premiers habitants de l’Amérique seraient aussi arrivés quelques milliers d’années avant ce qui était habituellement accepté par les anthropologues et archéologues. Et les découvertes et études sont loin d’être terminées.

  6. James C. dit :

    Quel hasard!
    L’émission Découverte en a parlé dimanche soir.

  7. Mauril Doucet dit :

    Moi aussi je ne suis pas fier d’être Canadien. Il y a trop de sujets qui m’attristent. La corruption, les mensonges de nos politiciens, la division de nos concitoyens, le gaspillage de nos fonds public, l’endettement de notre pays, notre justice molle, la légalisation de la mari, la montée de l’homosexualité et ses dérivés, l’abandon des valeurs chrétiennes ect….

    Je suis pas fier d’être canadien et encore moins d’être Québécois. Je m’adapte à mon environnement.

  8. JP Pilote dit :

    Canadien-Français ou Québécois? Comment me définir?

    Je n’ai jamais été capable de me présenter comme « Québécois ». Ça n’a rien de politique, j’ai déjà voté PQ. J’admets que je suis Québécois étant donné que je réside à l’intérieur des limites géographiques du Québec. Donc, je suis aussi Québécois que mes voisins Irlandais, Vietnamiens ou Arabes sont Québécois également.

    Je suis aussi Québécois que je serais Ontarien si je déménageais à Sudbury. Mon statut de Québécois possède donc un caractère de « non-permanence » et de péremption ou de variabilité (je pourrais redevenir Québécois en re-déménageant à Lasarre!).

    Par contre, je me présente comme Canadien-Français et j’y reconnais plus ma vraie identité. Jamais mes voisins Irlandais, Vietnamiens ou Arabes ne se définiront comme Canadien-Français. Et, même si je déménage à Calgary, je serai toujours Canadien-Français. C’est un statut identitaire permanent.
    Et ce bon texte fut censuré … peut-être 10 fois (je me suis tanné) du site du Journal de Mourrial … si quelqu’un peut m’expliquer pourquoi, mille mercis.

  9. Paul S. dit :

    Je penserais que ce dont il est question, c’est la RECTITUDE POLITIQUE mur à mur obligatoire.

    Un système de valeurs bancal qui a remplacé dans l’Occident (pas seulement au Canada) les certitudes d’antan.

    Curieusement, dans l’ensemble, ce système de pensée mène à la déchéance.

    Donald Trump n’est pas présenté par les média comme un penseur ou philosophe, loin de là.
    Mais c’est bien lui qui a dit pendant la campagne présidentielle : “The political correctness is killing America”.

    J’ajouterai : et ce qui reste de civilisations occidentales.

  10. James C. dit :

    Cessons de prétendre que le Canada est un pays. Un pays artificiel qui n’a aucune raison d’être dans sa forme actuelle. On nous rabâche la Confédération. Ce qu’il n’est pas. On dit aussi une Fédération. Mais coudonc faut se brancher, non? Une Confédération ou bedon une Fédération?

    Si c’était une Confédération les provinces seraient autonomes en états souverains et libres. Libres de s’autodéterminer et de vivre selon leurs propres lois non seulement civiles mais aussi criminelles et constitutionnelles. Les seuls droits d’Ottawa seraient la monnaie, la défense et les affaires étrangères. Les provinces auraient aussi la liberté d’avoir des lois communes qui seraient appliquées sous le régime constitutionnel du pouvoir central à Ottawa.

    Une Fédération se mêle des affaires des provinces sans que celle-ci aient aucun mot à dire. Les lois s’appliquent ipso facto à toutes les provinces sans droit de regard de celle-ci. Aux provinces de se soumettre et de les appliquer. Je pense, entre autre, à la légalisation du cannabis, de l’avortement (même si j’en suis pour), du mariage de personnes du même sexe (idem). Ottawa décide et arrangez-vous, les provinces pour les faire appliquer. Mais dans le fond, nous ne sommes pas véritablement une Fédération. Il y a trop de salmigondis dans les relations provinciales. Surtout dans le fait du poids démographique des francophones au Canada. Ce poids qui maigrit à vue d’œil, ce qui fait le bonheur du ROC, dont la masse musculaire anglophone grossit par rapport à la masse osseuse des francophones. Les francophones souffrent d’ostéoporose démographique. Ce qui diminue l’influence du Québec dans les décisions.

    Si le Québec ne se prend pas en main fermement et avec autorité, notre langue et notre culture (surtout nos politiques identitaires) pourrait devenir un sous produit souterrain (underground) de la culture Nord Américaine. Ce qu’elle est déjà plus ou moins. Ce serait adios elle est partie pour nous.

    Trudeau junior parle de la nation canadienne comme étant un tout. Il n’a rien comprit. Même Harper avait déclaré que le Québec formait une Nation. Pour Trudeau c’est un mythe. il préfère mettre l’accent sur les Premières Nation tout en reniant ses propres origines, qui n’en sont pas vraiment. Il est de culture ROC, indéniablement, qui n’est pas vraiment une culture.

    NON, je n’ai pas fêté le Canada. Pas fêté le 24 juin, non plus. J’ai HONTE du Québec et du Canada actuels. Le beau risque de René Lévesque était réaliste mais impraticable, encore.

    • Reynald Du Berger dit :

      Merci et bravo pour ce témoignage. Mon prochain billet rejoindra votre pensée.

    • Paul S. dit :

      “Le beau risque de René Lévesque ..” : suite à la défaite cuisante au référendum (2 à 1), malgré une question mièvre qui n’engageait à rien, un beau nom pour “if you can’t beat them, join them”, “en attendant la prochaine fois” (dixit le petit grand homme).
      L’autre option logique et normale, c’était de démissionner, mais le PQ aimait trop le pouvoir gouvernemental nouvellement acquis.

      Sincère M. René ?
      Préférer courir la galipote, pendant une réunion d’autres premiers ministres et ensuite prétendre que l’on n’était pas invité et crier à la “Nuit de longs couteaux”…
      Tout le monde autour de la table savait, ainsi que tous ceux qui suivaient les nouvelles attentivement, que le duo Claude Morin & René Lévesque continuait son jeu de manipulation de l’opinion publique québécoise, sans aucune intention d’améliorer le Canada.

      “Si le Québec ne se prend pas en main fermement et avec autorité …”
      Le mot clé c’est l’autorité, car la maman gouvernement aime bien cela : faire marcher les petits redevables au pas.
      Vous auriez plus de fonctionnaires, plus de taxes, plus de pouvoir syndical, plus de réglementations et surtout moins de libertés individuelles.
      Certainement aussi : plus d’enverdement pour notre bien collectif.
      À gauche, à toute vapeur !

      Au Québec l’individu n’est pas souverain, il est au service de l’état : on n’est pas des citoyens, mais plutôt des bénéficiaires dont la fonction est de contribuer à la caisse, sans un droit clair à la contrepartie. Allons donc, l’abandon des gens sur l’Autoroute 13, lors d’une petite tempête de neige, ce n’était pas le fruit d’un hasard.

      C’est tout cela que l’appartenance nécessaire au Canada tempère un peu, sans l’empêcher.
      En plus de pourvoir le fruit de la péréquation payée par les autres canadiens, pour éviter au Québec l’obligation d’être un état efficace.
      Comme, par exemple, exploiter ses richesses naturelles.

  11. James C. dit :

    Mon propos n’est pas de savoir les comportements et les élans des dirigeants, de faire les calculs d’une péréquation, qui a fauté dans une tempête de neige ou un déraillement de train, si on aurait plus de fonctionnaires ou pas. C’est de savoir si le Canada est un vrai pays ou pas, et le rôle et le poids démographique du Québec, domicile des premiers fondateurs, de mon coté maternel, et nous leurs descendants, au sein d’un Canada hypothétiquement légitime, ce qu’il n’est pas selon moi.

    Pour les premières nations, c’est un autre débat.

    Je suis blanc et je ne devrais pas avoir honte. Mais on nous le laisse sous-entendre souvent. Ma deuxième langue est le français, apprise à l’école et ayant vécu et travaillé dans des milieux francophones ( mon français était presque dramatique à l’école, mais j’aimais ça et j’ai bûché ), et j’y tiens férocement. Combien de fois je me suis fait intimider par des écoliers canadiens-français à cause de mon nom! C’en est suivi quelques bonnes batailles. L’anglais n’est pas en péril au Québec. Le français l’est. Tous devraient être fiers de leur origine, sans l’imposer aux autres, sauf la langue française qui devrait progresser en nombre et en qualité (message aux écoles) avec une loi 101 ayant plus de dents. Mais elle est édentée cette loi.

  12. Gilles Laplante dit :

    Je n’ai jamais compris ce besoin d’être fier de ce que d’autres ont accomplis. Peut-être est-ce le fait de gens qui n’ont pas réussit à accomplir quoique ce soit dont ils peuvent être fiers.

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