VOUS AVEZ DIT « RACISTE »!?

Publié: 15 novembre 2016 dans Uncategorized

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Un animateur de radio de Québec qui a quelques gouttes de sang vietnamien dans les veines avec le faciès légèrement assorti, déplorait ce matin le fait qu’un imbécile l’avait traité de chintok dans un restaurant de Roberval. Il a décrit cet imbécile comme un « raciste ». Un mot abusif dans les circonstances. L’imbécile était probablement un xénophobe ou un intolérant. Je n’ai heureusement été témoin , que de trois incidents racistes dans ma vie.

1- Je demandais un jour à mes élèves de génie géologique d’écrire les noms de 5 confrères avec lesquels ils aimeraient partager un chalet au camp de prospection géophysique qui aurait lieu à l’automne suivant. Chaque chalet comportait 3 lits doubles et les étudiants apportaient leur sac de couchage. L’un d’eux a osé écrire « n’importe qui, sauf un noir ». Je l’ai signalé au directeur du programme et l’ai assigné à un chalet avec deux étudiants africains. Pendant une semaine, il a couché avec un « nègre »! Un mois plus tard, il abandonnait ses études, à mon grand soulagement et à celui de ses confrères.

2- En 1977, j’étais professeur invité dans trois grandes écoles d’ingénieur de Nancy. Je logeais dans un hôtel modeste près de la célèbre Place Stanislas aux magnifiques portes d’or. Un matin, je révisais mes notes de cours, quand Maria, la femme de chambre portugaise, entra pour faire la chambre. Je notai qu’elle avait les yeux humides et je lui demandai ce qui n’allait pas. Elle s’assit sur le lit et me décrit le traitement abusif que ses patrons, la famille Rossi, lui faisaient subir. Par exemple elle grimpait les escaliers quatre à quatre avec des piles de draps, parce qu’on lui interdisait l’ascenseur, réservé aux clients. Elle envoyait à chaque semaine son maigre salaire à son mari à Lisbonne qui devait s’occuper des enfants.

On m’avait laissé un clé de l’hôtel car je rentrais souvent très tard. Quand je rentrais, je faisais toujours un brin de causette avec le vieux gardien de nuit, un Russe, qui me racontait ses aventures en Sibérie et il rêvait de sa « cabane au Canada ». Un soir, il commit l’imprudence de me confier son désarroi en me révélant son maigre salaire. Madame Rossi ne dormait pas et a tout entendu à travers la cloison. Le lendemain matin, en me servant mes croissants et mon café, elle me dit « Le vieux vous a fait des confidences hier soir… vous savez que c’est grave ça monsieur! Un employé vous a fait des confidences d’ordre professionnel ! Vous nous feriez pas un petit papier pour le Ministère du tourisme? Ça fait longtemps qu’on veut le virer ». Je lui dis poliment que ce papier elle pouvait le faire elle-même et se le mettre où je pense. J’ai été soulagé quand je retournai à cet Hôtel des Portes d’Or quelques années plus tard et constatai que les nouveaux propriétaires n’étaient pas racistes comme les Rossi.

3- C’était la fin d’un magnifique voyage au Yémen et avec un groupe de touristes français et j’attendais à l’aéroport de Sanaa pour monter à bord de l’avion qui nous ramènerait à Paris. Une compagne de voyage, visiblement contrariée, dit à son mari « mais c’est plein de noirs ici! ». Dans le car qui nous amenait à l’avion, elle m’avait réservé un place. Un noir tenta de s’asseoir à côté d’elle et fut immédiatement rabroué par un brutal et tonitruant « c’est réservé! » à la surprise des gens qui se sont presque tous retournés pour voir qui criait ainsi. Inutile de vous dire que je n’ai pas profité de sa « réservation ».

Voilà les trois seules situations où je pense avoir été témoin de racisme. Mais je vois régulièrement autour de moi, et dans les médias autant sociaux qu’électroniques et papiers, de la xénophobie et de l’intolérance, que plusieurs confondent avec du racisme. Si un politique comme Le Pen ou Trump veut contrôler l’immigration, on l’accuse automatiquement de racisme.

On traite aussi les islamophobes de racistes. Si je n’aime pas et donc crains, une doctrine qui s’appelle islam, laquelle en 2016, ordonne à ses 1,5 milliards d’adeptes de tuer tous les infidèles à commencer par les Juifs, je suis , avec tous les autres infidèles, un islamophobe, mais pas un raciste. Je suis cependant inquiet car si en 1940 il n’y avait qu’un fou qui voulait exterminer les Juifs, en 2016, une doctrine qui regroupe 1,5 milliards d’individus, ordonne à ses adeptes de me tuer, et je ne suis pas Juif… j’ai peur. Mais on peut craindre et ne pas aimer une doctrine, sans nécessairement haïr ses adeptes. Je n’aime pas la go-gauche ni l’antiaméricanisme mais j’ai des amis qui se disent gauchistes et antiaméricains primaires avec lesquels j’ai d’excellents rapports.

La xénophobie est la peur de l’étranger. Elle découle le plus souvent de préjugés, fruits d’une éducation primaire et défaillante, ce qui aboutit évidemment à une fermeture presque systématique aux autres cultures. Ainsi, le Québécois qui est convaincu que les Français sont tous des « maudits Français » parce qu’ils savent s’exprimer mieux que lui, s’installera à une terrasse de café à Paris, prêt à tester son préjugé. Il n’aura pas encore ouvert la bouche que le serveur sentira déjà son hostilité et peut-être va mal le servir. Notre Québécois quittera le café convaincu plus que jamais que ce sont tous des « maudits Français ».

L’intolérance est le refus de tolérer certaines choses comme des comportements, des paroles, des attitudes. C’est pourtant un droit fondamental. On ne doit pas tout tolérer. Si une attitude, un symbole, une parole nous choque, nous blesse, nous heurte, on doit le dire à l’auteur avec politesse mais fermeté. « J’taime pas la face » est impoli et n’est pas un argument. Par exemple, dans mon pays, j’explique à une femme voilée que son voile me heurte parce qu’ainsi, elle me dit qu’elle est soumise à son mari et qu’elle ne veut pas exciter ma concupiscence. Elle heurte mes valeurs et je lui demanderai de retirer son voile si elle veut communiquer avec moi, dans mon pays aux valeurs diamétralement opposées à celles de son pays d’origine. C’est mon droit le plus strict. Si je respecte et accepte une valeur opposée à la mienne, alors ma valeur n’en est plus une…

Faisons donc preuve de mesure et de prudence avant de parler de racisme. Le véritable racisme existe partout et est abominable. Il est cependant beaucoup plus rare qu’on pense et trop sérieux pour qu’on le banalise.

commentaires
  1. enid Bertrand dit :

    Bonjour Reynald,Je suis quelque peu en désaccord avec ton point-de-vue. Je crois que racisme et xénophobie ont la même origine biologique. La méfiance devant la différence. Cette méfiance a probablement assuré la survie de nos ancêtres. Tu sais que notre bagage génétique n’a à peu près pas changé depuis l’époque où nous vivions de façon primitive.
    Nous avons donc conservé nos attitudes et nos aptitudes, qui ont contribué à protéger nos gènes.
    Je pense qu’il faut être conscient de nos instincts, que nous ne pouvons pas changer, et apprendre à comprendre nos impulsions. C’est notre éducation qui nous permet par la suite de les contrôler. Mais nous n’avons pas à avoir honte de « ressentir » certaines choses.
    Pour la tolérance, je te rejoins.
    Amicalement,Enid

    • Reynald Du Berger dit :

      la xénophobie est l’expression de la peur, de la crainte de l’autre parce qu’il est différent, et parfois perçu comme une menace… ou objet d’envie et de jalousie comme mon serveur français… tandis que le racisme est l’expression du mépris et de la haine pour celui qui est différent, seulement à cause de sa différence et il est considéré comme inférieur. Deux attitudes très différentes et qui doivent susciter des inquiétudes aussi fort différentes.

      • enid Bertrand dit :

        Vu de ce point-de-vue…mépris ou haine, je peux être d’accord. Mais par contre, je crois que ces sentiments, haine et mépris, peuvent aussi être des « mécanismes » sélectionnés par l’évolution, pour justifier le fait d’avilir ou de tuer d’autres humains. On ne tue pas de sang-froid…notre cerveau a besoin de justification.

    • Robert dit :

      enid Bertrand;

      Le fait de vouloir refuser l’accès à notre pays aux Islamistes n’est pas de la Xénophobie. En somme, ce n’est pas l’origine ethnique (Arabe ou même Musulman) qui est rejetée mais bien leur religion qui principalement fait de la discrimination envers les femmes. Un rapport sorti en Arabie Saoudite déclarait que la femme n’était pas un humain. Ajouter à ceci toutes les monstruosités de la charia. Si c’était de la Xénophobie, nous refuserions les Juifs, les Vietnamiens, les Chinois…Or, c’est loin d’être le cas puisque toutes ces ethnies constituent une bonne partie de notre pays car c’est avec plaisir que nous les avons accueillis. J’ai eu plusieurs amis vietnamiens et je ne sais même pas quelle religion ils pratiquaient!

  2. Reynald Du Berger dit :

    Il est difficile de séparer inné et acquis ainsi que animal et humain quand on veut analyser des comportements racistes et xénophobes. J’ai vu chez les animaux des comportements de « compassion » comme cet hippopotame qui tente de sauver la gazelle attaquée par un crocodile et qui assiste impuissant à son agonie en prenant son cou dans sa gueule, mais aussi les comportements de « cruauté » d’un chat qui s’amuse avec une souris ou un oiseau qu’il n’a que blessé mortellement. Une chose est certaine, il y a des instincts animaux qui existent chez l’humain, mais seul l’humain est capable de les surmonter et c’est ce qui fait la grandeur de certains humains comparée à la bassesse de d’autres qui n’ont pu les dompter.

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