PÉNIBLE PÉNIBILITÉ

Publié: 14 avril 2015 dans Uncategorized

mortadella-01-gNous cousins français nous ont déjà habitués à plusieurs lubies. Ils ont procédé au désamiantage de Jussieu – une succursale de l’Université de Paris- , opération qui leur a coûté plus de 1,8 milliards d’euros, pour découvrir enfin que l’air de Paris avait une densité de fibres d’amiante (sabots de freins des voitures) supérieure à celle de Jussieu. En 2006, ils ont banni tous les signes religieux ostensibles des cours de leurs écoles publiques pour relever après un an, 659 incidents, dont 1 turban, 2 grandes croix et 656 foulards islamiques! Du coup, c’est devenu la « loi du foulard ». Leur dernière trouvaille s’appelle la « loi sur la pénibilité du travail ».

Le Ministre de la Santé, Marisol Touraine, a affirmé le 4 décembre que l’application de la loi serait pour les entreprises, simple comme un clic sur un ordinateur, un fois par an. En bref, cela consiste à accorder à des dizaines de milliers de salariés des « points » de pénibilité et de partir ainsi plus tôt à la retraite – jusqu’à deux ans avant- ayant exercé un métier réduisant leur espérance de vie.

Mais qu’est-ce qu’un travail « pénible »? L’action se déroulant en France, les critères ainsi que leurs poids respectifs ne peuvent qu’être compliqués, donc pénibles. Quatre des dix critères de pénibilité sont entrés en vigueur en janvier 2015 : le travail de nuit, l’activité exercée en milieu hyperbare, le travail en équipes successives alternantes et le travail répétitif. Les trois premiers ne semblent pas poser de problèmes d’application mais quand on arrive au quatrième, le travail répétitif, caractérisé par la répétition d’un même geste à une cadence contrainte, -comme installer la cerise sur les petits gâteaux qui défilent sur le tapis roulant- alors là, ça se complique. Pour se qualifier comme pénible, il faut que le temps de cycle soit inférieur ou égal à une minute ou bien que le travailleur accomplisse 30 actions techniques ou plus par minute. Le décret précise aussi qu’auront droit à des points, ceux dont le travail exige le maintien des bras en l’air à une hauteur située au-dessus des épaules ou des positions accroupies , ou à genoux, ou position du torse en torsion à 30 degrés ou position du torse fléchi à 45 degrés.

Ce dernier critère fait partie des six qui n’entreront en vigueur qu’en janvier 2016  soit : manutentions manuelles de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux, températures extrêmes et bruit.

Comme pour l’application de la « loi sur les symboles religieux ostensibles » qui demandait à chaque école de désigner un enseignant «  préposé à l’ostentation » muni d’une règle pour mesurer la taille des croix en or pendues au cou des fillettes dans les cours de récréation, des « agents de pénibilité » envahiront les usines et chantiers français armés d’appareils compliqués et de chronomètres afin de pouvoir recueillir toutes les données techniques nécessaires pour alimenter leurs témoignages d’experts, aux nombreux procès qui devraient en découler devant le tribunal du travail.

Le gouvernement québécois a coutume de s’inspirer des Français dans plusieurs des mesures qu’il impose à ses citoyens. On a aussi l’habitude d’améliorer ou d’étendre ces mesures à l’extérieur des cadres normalement prévus. Imaginez un instant que les lobbies féministes s’emparent de ces mesures pour les étendre jusque dans les chambres à coucher! Bobonne pourra alors réclamer des points de pénibilité pour la brouette japonaise, le pousse-pousse cambodgien, la dégustation napolitaine , la cravate du notaire et la pire de toutes, le réchauffement américano-japonais (appelé aussi position de Gore-Suzuki ou de la réchauffiste simulatrice) , bref, pour toutes ces positions nocturnes inconfortables et douloureuses, contraintes par le mari aussi impuissant que capricieux. Mais ne craignez rien! P.E. Trudeau ne vous a-t-il pas déjà promis que votre gouvernement n’entrerait plus jamais dans votre chambre à coucher?

commentaires
  1. Paul S. dit :

    Telle la compensation rétroactive inscrite dans notre Loi sur l’équité salariale, il y aura des départs rétroactifs à la retraite.
    Il y avait aussi des employés masculins, occupant des emplois le plus souvent réservés aux femmes, qui on gaiement reçu des sommes rétroactives.

    Donc, par extension, car il s’agit d’une fiole du même genre : s’il a y de la pénibilité rattachée au travail, il y en a beaucoup plus dans la recherche du travail.
    Alors, les chômeurs devraient avoir droit à tout gain des “pénibilisés” reconnus par la Loi.
    Les pauvres étudiants aussi.

    À en juger par leurs gémissements du lundi matin (“une autre qui commence ..”), les victimes de la labeur pénible chez nous vont exiger une promulgation rapide au Québec de la Loi anti-pénibilité et l’inscription du Droit au refus de la pénibilité dans notre Charte québécoise des droits.

    Quant à votre évocation du pénible devoir conjugal pour la bobonne, imaginez les points de pénibilité que vont pouvoir réclamer les amateurs de saunas gais.

  2. Bernard Henault dit :

    Bravo M. Duberger il devrait y avoir plus de gens sensé comme vous aux Quebec la misere ne serais pas a notre porte
    Merci ces un plaisirs de lire vos commentaires

  3. Eric Veilleux dit :

    Bonjour M. Duberger, j’aime bien m’abreuver de votre connaissance du climat de la planète mais je dois dire ici que je suis ébahi. Ébahi par l’absence de votre profondeur de pensée, absence d’arguments logique et par la présence de sophismes style radio x dans votre texte pourtant écrit par un diplômé universitaire. Commencons par le sophisme, vous comparez cette mesure de retraite avancée dû à l’usure du corps à l’emploi machinal/robotique à une loi sur des positions sexuelles difficiles dans le lit conjugal…. l’absurdité de cette comparaison démontre l’abysse d’absence d’arguments dont vous avez fait preuve dans ce texte. Car en effet, aucun autre argument n’est avancé. De plus, vous ignorez totalement la raison de cette mesure, c’est à dire l’usure du corps dû à certains emplois effectués sur une période de 30 ans et plus ainsi qu’à l’espérance de vie réduite. Dites nous mon cher monsieur, vous qui croyez être bien à l’affût du sujet, combien de burcites, durcites avez-vous déjà eu dans l’exercice de votre emploi et quel est l’espérance de vie relié à votre gagne-pain? N’avez vous jamais entendu parler de travailleurs qui ont les épaules finies, les genous finis, le dos fini à cause de l’exercice de leur emploi sur des décennies? Que suggérez vous dans leur cas? Travailler comme caissier au IGA jusqu’a 65 ans pour ensuite être alité à 70?? Si oui, seriez-vous prêts à le faire vous mêmes? Car on sait qu’à 50 ans il n’est pas donné à tous la capacité de retourner étudier surtout ceux qui travaillent physiquement depuis leur 16 ans. Bref, cette mesure me semble très intelligente et n’a rien à voir avec le kama sutra, à part peut être le côté payant de la chose. Dernièrement, je trouve aussi simpliste d’utiliser le terme « Les francais » pour des décisions gouvernementales qui ont été prises…. Lorsque des élus ou des fonctionnaires prennent des décisions, ils ne représentent pas la population mais uniquement cette classe dirigeante, ils ne représentent qu’eux mêmes, tout comme un policier représente la police car il est employé, tout comme un juge représente la justice par lequel il y est employé. On utilise le terme « Les francais » pour des actions qui sont réalisées par le peuple lui même comme par exemple « Les francais adorent le vin rouge » ou bien « Les francais ont d’excellentes valeurs familiales » ou bien « Les américains sont patriotiques, indépendantistes et séparatistes ». Par contre lorsqu’il est question de décisions politiques ou juridiques du pays qu’on apelle la France, il sera alors nécessaire d’utiliser le terme « La France déclare la guerre à la Lybie » ou bien « La France veut devancer la retraite des emplois réduisant l’espérance de vie ». Voilà pour la lecon de primaire 5e année.

    • Reynald Du Berger dit :

      « j’aime bien m’abreuver de votre connaissance … » de l’ironie maladroite

      « vous comparez cette mesure de retraite avancée dû à l’usure du corps à l’emploi machinal/robotique à une loi sur des positions sexuelles difficiles dans le lit conjugal…. l’absurdité de cette comparaison démontre l’abysse d’absence d’arguments dont vous avez fait preuve dans ce texte. » définitivement aucun sens de l’humour.

      « Voilà pour la leçon de primaire 5e année. » et finalement de la prétention.

      Vous voulez une leçon de pénibilité? faites comme moi, accompagnez une femme africaine avec un canari sur la tête à 5h am vers le puits à 5 km du village puis revenez avec elle. Plein d’eau (non potable), cela pèse plus de 25 kg. Cette femme accomplit ce geste jour après jour,année après année. Mais plutôt que faire comme moi et lui aider à trouver ( avec des techniques géophysiques et hydrogéologiques) un puits plus près de chez-elle, chemin faisant, parlez-lui de la détresse physique et psychologique de Didier, cet ouvrier français de Citroën qui pose un rivet au bas de la porte du côté du passager au rythme de 60 boulons la minute, avec pause syndicale, Comité d’entreprise lui payant régulièrement des voyages de vacancier à La Martinique etc… elle vous cassera son canari sur la gueule et vous l’aurez bien mérité. Allez aussi en Afrique du Sud ramper derrière un mineur à 2km sous terre à 50 degrés C, dans un tunnel d’à peine 1m de hauteur… ça c’est de la pénibilité. Et ils ne sont pas syndiqués. Ne me faites donc pas brailler.

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