UNE CHARTE D’HYPOCRISIE ET DE LÂCHETÉ

Publié: 1 septembre 2013 dans Uncategorized

iranJe faisais une entrevue avec des animateurs de radio jeudi dernier au Saguenay. C’était sur le projet de charte des « valeurs » québécoises. Justin Trudeau a parlé en point de presse de « chartre »… , il devrait faire attention où il met ses « r » sinon il risque d’être châtré….Vous attendiez peut-être autre chose qu’une charte de valeurs dites « québécoises » d’un parti dit également « québécois » dont le nom doit se clamer en bombant le torse. Car les valeurs québécoises voyez-vous, n’ont rien en commun avec celles exprimées sans équivoque ni vergogne sur un T shirt texan que j’ai acheté à San Antonio, montrant un revolver sous lequel on lit « We don’t call 911 » ou avec celles des vilains capitalistes mercantiles et néanmoins laborieux Albertains grâce au labeur desquels le Québécois valeureux et fier peut s’offrir ses généreux programmes sociaux. L’assurance chômage garantie aux saisonniers,  la médecine à une seule vitesse, la préservation de l’environnement à n’importe quel prix, la déesse Gaïa, les vire-vent à énergie renouvelable et verte,  aussi à n’importe quel prix,  la « justice » sociale et la tolérance,  sont d’autres valeurs qui caractérisent ces fiers Québécois. C’était mon entrée en matière à cette émission.

Le Parti québécois, en réunion à Carleton, n’a pas abordé les problèmes réels et aigus tels l’économie, la santé, l’éducation et le chômage qui affligent pourtant le Québec, mais il a plutôt misé, par un souci électoral évident, sur une « valeur » sure que Sir Wilfrid Laurier avait avec justesse cernée et exprimée par « les Canadiens français n’ont pas d’opinion, ils n’ont que des émotions ».

Depuis quelques temps, j’entends et lis dans les médias et chez le public québécois, quatre mythes auxquels je n’adhère pas mais qui semblent très répandus, pour des raisons qui vont de la simple inculture religieuse – répandue aussi en France- au désir de vengeance contre une Église qui leur en a déjà fait assez baver dans leur enfance.

Mythe no 1 : « Toutes les religions c’est pareil, l’intégrisme catholique est aussi répandu et aussi dangereux que celui musulman » Selon ce mythe, il y aurait autant de chances que l’acte de terrorisme craint par les agents de sécurité des aéroports soit l’oeuvre d’un détraqué fanatique catholique que d’un intégriste musulman.

Mythe no 2 « La religion c’est à la maison, pas dans l’espace public » C’est grâce à ce mythe largement répandu qu’un citoyen de Saguenay a failli obtenir un « dédommagement » de 30 000$ en compensation pour les « outrages » subis par la courte (à peine 15 secondes) incantation du maire Jean Tremblay. Ces outrés par les statues du Sacré-Coeur et  croix chrétiennes, je les appelle les Draculas de l’espace public, terrassés tels des vampires devant une tresse d’ail, un crucifix ou une giclée d’eau bénite, dans lesquels ils voient sans doute un plébiscite en faveur des lointaines croisades et inquisitions.  Un an après l’adoption de la loi de mars 2004 interdisant les symboles religieux ostensibles dans les écoles publiques françaises, on en a fait le post mortem : sur 658 incidents, on avait 8 turbans, 2 croix et 648 foulards islamiques! Ce n’est pas de la laïcité, c’est de la lâcheté, de l’hypocrisie. Personne n’a eu le courage d’identifier clairement et donc de bannir le seul symbole intolérable. Et le Parti québécois va vous pondre une belle chacharte inspirée de cette belle loi française, pour ses tis-nenfants immatures et donc incapables de savoir et de décider de ce qui devrait les heurter autant collectivement qu’individuellement.

Mythe no 3 « Moé, le foulard su à tête, ça m’dérange pas, mais j’veux y voir la face! » Pourtant, la femme qui porte ce foulard vous dit

1- Je suis soumise à l’homme

2- Tu es un homme qui n’est ni mon mari ni un proche de ma famille immédiate, je dois donc couvrir mes cheveux qui sont un attribut sexuel secondaire afin de ne pas exciter ta concupiscence. Le Québécois qui ignore cela ne peut donc pas être heurté par ce foulard et se contente du « j’veux y voir la face ». Contrairement à un autre mythe, il y a de nombreuses références au foulard dans le coran et dans les hadiths.

Mythe no 4 «  La vaste majorité – en fait ils sont plus d’un milliard et demi- sont de bons musulmans, des musulmans modérés » J’ai déjà exprimé dans un billet précédent, ce que doit faire un bon musulman, et je dis bien « faire » et non pas « dire », car quelques imams se contentent de dénoncer les excès commis au nom de leur foi seulement du bout des lèvres. Je n’ai vu encore aucun « bon » musulman « modéré » poser des gestes concrets et efficaces pour arrêter ces horreurs que sont les lapidations, décapitations, excisions, amputations de membres, meurtres d’homosexuels et autres exécutions arbitraires comme les attentats terroristes. J’exige qu’ils sortent par millions dans les rues, manifestent leur colère collectivement, arrachent de leurs livres qu’ils prétendent « saints » toutes ces sourates et versets violents qui les appellent, eux qu’on prétend « modérés », à la haine et à la vengeance contre la femme et l’infidèle de l’occident. Je n’ai encore vu aucun doigt d’honneur en réponse à ces nombreux appels à la haine et à la violence, de la part de ces « bons » musulmans.

Plus une communauté est formée d’un grand nombre d’individus incultes et soumis , plus elle a besoin de lois, règlements et chartes pour décider de ce qui convient à la majorité des individus. Ma connaissance de l’islam est basée sur plus de 20 séjours dans des pays musulmans non touristiques, des pays que peu de Québécois connaissent. Je suis allé en Égypte 3 fois, en Libye 2 fois, au Liban 2 fois, en Jordanie 2 fois, en Turquie 2 fois, au Yémen, en Syrie, au Tchad, au Burkina Faso et en Iran. Je ne compte pas le Maroc, pays pas vraiment musulman car très touristique et donc occidentalisé. Dans ces pays, j’ai vécu des aventures reliées à l’islam, je me suis fait filer par la police religieuse, et j’y ai eu des conversations interdites officiellement sur la religion avec des musulmans pratiquants et « modérés ». J’ai aussi dirigé un département de géologie où j’avais des élèves musulmans que j’ai accommodés raisonnablement – je ne le referais pas, étant donné l’islamisation inquiétante en Amérique maintenant.

Un jour, un collègue de mon université, d’origine allemande était invité dans un cegep du Saguenay à prononcer une conférence. C’était le temps du carnaval et la majorité des élèves qui se présentaient à la conférence, avaient eu le mauvais goût de porter un brassard arborant la svastika. Mon collègue est devenu livide et s’est retiré sans parler. Il avait passé son enfance dans cette Allemagne nazie et ce rappel douloureux de la part de jeunes qui ignoraient totalement la signification du « symbole religieux » qu’ils portaient, était plus qu’il pouvait en supporter.

Ce sont les symboles offensants comme ceux-là qui doivent être identifiés comme tels et bannis de l’espace public et non pas les symboles de religions inoffensives comme le boudhisme, le judaïsme ou le christianisme. Encore faudra-t-il que les Québécois sachent la signification d’un foulard islamique et que des politiques aient le courage de convenir que le message qu’il porte est innaceptable dans un milieu occidental moderne et surtout civilisé. Une utopie.

J’ai pris la photo illustrant ce billet sur le site archéologique de Persepolis en Iran. Une de ces quatre ravissantes étudiantes iraniennes au sourire envoûtant, cache derrière elle un sac de chips, interdit de jour pendant le ramadan.

commentaires
  1. Raymonde Hamel dit :

    Excellent billet mon cher Reynald…. Amitiés +++

  2. Vous avez bien raison Monsieur Du Berger. Il est vrai que la plupart des québécois d’origines ne connaissent pas l’Islam pas plus que le Judaïsme et je dirais même le Christianisme qui est à la base de dizaines de religions. Mme Marois manipule les émotions de nos frères pur-laines, pour obtenir des votes aux prochaines élections. Elle se souviens que sur le sujet des accommodement dit raisonnables pendant la Commission B/T, plus de 63 % étaient pour la ligne dure envers les Ethnies. Elle mise sur cette névrose collective quasi inconsciente d’origine religieuse pour exciter nos Pur-Laines. Personnellement je crois que les québécois d’origines pourraient se rendre compte que Mme Marois les manipule pour des raisons électorales. J’espère que mon peuple est assez éveillé pour comprendre ce traquenard préparé par le PQ. C’est un souhait de ma part. Ceci fait partie de l’espérance. Encore la boîte de Pandore qui me rebondit en pleine face !

  3. Dan St-Hilaire dit :

    Comme toujours Mr Du Berger vous visez dans le mille! Espérons comme le mentionne Mr Chabot, que les Québécois verront clair dans le jeu encore une fois minable des péquistes.

  4. Merci Dan, Pour réaliser nos rêves il nous faut d’abord se réveiller. Utilisons le discours afin de pousser la réflexion. La réflexion développe la connaissance et la connaissance développe l’humanisme. Merci à Monsieur Du Berger pour son blog avec lequel il pousse la réflexion.

  5. Bonjour Monsieur Du Berger. Concernant une Charte québécoise de la laïcité, je vous invite à m’envoyer une adresse e-mail dans laquelle je pourrais vous faire parvenir un article en pièce jointe, sur ce sujet. Mon e-mail est jpchabot@ntic.qc.ca Curieusement, j’ai été parmi les premiers québécois à avoir été impliqué dans ce mouvement de laïcité avec le procès Chabot que j’appelle l’affaire Chabot dans un de mes livres. Cette bagarre a commencée officiellement le 17 mai 1954 avec le procès Chabot à Amos en Abitibi. C’était les religieux Catholiques qui contrôlaient tout au Québec, y comprit l’Éducation, grâce au  »Département de l’Éducation Publique ». Il a été remplacé par  »Le Ministère de l’Éducation » milieu des années 1960 par Paul Gérein Lajoie mais l’Église Catholique, avec la complicité de ses éducateurs, a eu une influence certaine jusqu’à la fin des années 1990. Ces infos sont liées au sujet actuel. Merci.

  6. Sylvain Gauthier dit :

    La Charte fait jaser énormément, mais compte tenu de la situation mondiale et de la montée fulgurante de l’islam en Occident (à Londres, entre autres), il faut en parler. Cette Charte est, je l’admets, beaucoup liée à la peur de l’Islam. Je partage cette peur, comme je partage toutefois l’opinion des personnes disant qu’il y a des sujets plus importants à traiter (économie, santé etc.). Il faut aussi réaliser que le vrai débat devrait être le choix de nos immigrants : pas par leur langue, mais par leur valeurs. Le gros du débat devrait être exactement là. Le PQ par son idée de vouloir une province à majorité francophone, a par conséquent, « invités » certains immigrants indésirables à venir s’établir au Québec. Si le PQ a fait une erreur, c’est donc celle-là, celle d’ouvrir la porte à ce type d’immigration, non pas de créer cette Charte. Le Gouvernement Marois va donc, en quelque sorte, réparer, volontairement ou non, son erreur, erreur qui a débuté fort probablement après le référendum perdu de 1995.
    On craint la religion musulmane, celle plus radicale. Mais quand on y pense, les accommodements raisonnables que nous avons vus dans les dernières années touchaient plusieurs autres religions. On peut remonter au policier de la GRC en 1990 qui a été à la Cour Suprême pour porter son turban lorsqu’il était en fonction (voir : http://archives.radio-canada.ca/societe/religion_spiritualite/clips/11155/). Le problème est donc plus profond ; c’est l’interprétation par des juges de la Charte des Droits de Trudeau. Car oui tout ce fouillis a débuté avec Trudeau père et son multiculturalisme intégré dans une charte appliquée par des juges. Des juges aux idées socialistes, libertaires, se croyant les nouveaux « Gandhi » ou « Martin Luther King » et qui ont par conséquent, appliqué une loi de « laisser-aller », de tolérance incontrôlable, qui se répercutera dans le reste de la Société.
    Parlons en de ces libertés. Je suis de ceux qui croit fortement aux libertés individuelles, tant aux niveaux du réseau de la santé, avec le privé, que dans la notion économique du terme, soit moins d’intervention de l’État dans nos vies. Dans le débat qui nous concerne sur la Charte du PQ, on ne doit pas errer : on ne parle pas de liberté individuelle mais de collectivité, et plus précisément celle avec l’État. On ne parle donc pas de la collectivité en générale, ou d’un regroupement de personnes dans un endroit quelconque ; un centre d’achats, un restaurant, au Centre Bell etc., mais de sa relation avec le gouvernement, celui qui gère nos impôts et taxes. Dans l’entreprise privée, dans toute famille ou dans une ligue de sport, prenons ces cas, il y a des règles, des valeurs à respecter. Sans cela, excusez l’expression anglaise, mais ça serait le « free for all », le désordre, la confusion. Ces règles qui seront établies, le seront dans leur contexte particulier. On parle ici de règles claires qui mettront un ordre et une certaine égalité entre les individus. Pourquoi une telle personne aurait des droits qu’une autre ne pourrait pas avoir ? Pourquoi une telle personne qui en dérange plusieurs pourraient avoir l’immunité ? Parce que le Canada est un pays libre ? Certes non. Un pays libre est aussi un pays qui a des règles et des lois, pour garder le respect et la sécurité dans la population. La notion de liberté peut intervenir dans n’importe quel débat, Mais lorsqu’une loi ou une règle est en force, tu es libre de la respecter ou non. La liberté individuelle (en-dehors de la notion économique et fiscale du terme) c’est surtout ça à mon avis, et non pas celle de laisser le choix de porter le voile, la burka etc. partout. Quand tu conduis un véhicule, tu as la liberté de le conduire selon les limites de vitesse ou non. Si tu ne respecte pas la limite de vitesse, tu devras en payer le prix. Dans le cas d’une entreprise privée, il est ici question d’un code, de règles, que tous doivent respecter, car elles reflètent son image, sa philosophie.
    Le tout peut donc aussi s’appliquer pour le gouvernement, qui contrairement au privé, est une institution dont la population aura l’obligation, à un moment ou un autre, d’y faire affaires (pour un permis, payer ses taxes, se faire soigner etc.). Si par exemple, une personne va dans un commerce privé et se fait répondre par une femme voilée, cette personne a le choix de partir et de faire affaires ailleurs. Toutefois, au public, tu n’as pas cette option.
    Les règles énoncées par le Ministre Drainville ont le mérite d’être claires et justes. On ne parle pas d’empêcher quelqu’un de porter un signe religieux en tout temps ou pour toujours, mais seulement au travail, comme dans toute place avec un code vestimentaire. Car d’une certaine façon, une bonne partie de la Charte du PQ est, après lecture, un code vestimentaire. Ce code est normal, car les employés de l’État ne font pas affaires avec des clients mais des contribuables. L’État doit être neutre dans sa relation avec les citoyens.

    Nous parlons beaucoup du voile, avec raison, mais regardons dans un contexte plus simple l’application d’un code vestimentaire NEUTRE pour les employés de l’État. Neutre au niveau religieux, mais aussi politiquement, il ne faut pas l’oublier. Voir un voile pourrait équivaloir :
    – Un gauchiste arrive à la SAAQ, ou tout autre établissement de l’État et qui voit l’employé lui répondant avec une casquette/gilet avec le logo du Parti Conservateur du Canada, de Ronald Reagan, George W. Bush, de Radio X etc. Je ne crois pas qu’il va apprécier ces signes démontrés par l’employé ;
    – A une personne de la droite se faire servir par un employé du gouvernement portant une casquette/gilet avec les logos de la CSN, FTQ, de l’URSS communiste, de Québec solidaire etc. Il ne sera pas très content non plus.

    On voit donc par ces 2 exemples le manque de neutralité politique d’employés, par relation du gouvernement. Personne n’aimerait cela. Pas plus de voir un employé avec un chandail d’une équipe sportive ou d’un groupe de musique. Le port donc de signes religieux doit donc entrer dans cette optique, de neutralité et de respect d’un Code.

    Le Gouvernement a fait un bout de chemin avec ces propositions. Il faut évidemment en débattre, mais il ne faut pas rester les bras croisés avec la situation présente… même si on parle d’une infime minorité de gens impliqués dans ce type de signes. On doit agir avant de devenir comme Londres et la Belgique.

    Merci

  7. Devi essere un residente West Virginia a votare nello Stato. 脠 necessario registrarsi per votare almeno 21 giorni prima del giorno delle elezioni, che 猫 la data finale ufficiale per il ciclo elettorale.
    the north face borealis http://www.morgagniassicurazioni.it/it/the-north-face-borealis.html

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