La langue de chez-qui?

Publié: 19 novembre 2011 dans Uncategorized

En vidant ce matin mon chariot d’épicerie à la caisse du super-marché, je jette un coup d’oeil aux pieds de la caissière en lui demandant ironiquement

  • -mais il est où votre tapis roulant?
  • -quel tapis roulant?
  • -je lis « caissière à l’entraînement » sur l’écriteau
  • -ben oui!… jm’entraîne pour devenir caissière!

À peine une minute me suffit pour lui expliquer qu’un athlète ou un sportif s’entraîne tandis qu’elle est en formation. Elle ignorait que c’était un anglicisme de « training ». Il m’a fallu une autre minute pour convaincre de la faute la cliente devant moi, qui insistait : le mot « entraînement » est pourtant français!

Et la même caissière doit probablement dire à la directrice de l’école à propos de son fiston

  • yé facile a trouver… cé celui ak la calotte rouge!

Plutôt que « il est facile à repérer, il est celui à la casquette rouge! »

car le mot repérer ne fait pas partie du vocabulaire de Joanne la caissière, pas plus qu’elle ne savait, avant mon intervention, la différence entre un entraînement et une formation.

C’est pourtant la langue avec laquelle j’ai grandi, dans un contexte  familial  qui ne la respectait pas beaucoup. Elle m’a toujours intrigué cette « langue belle » contre laquelle je butais souvent, avec ses complexes accords de participes passés , ses confusions aussi capricieuses qu’intrigantes entre le masculin et le féminin pour des mots pourtant faciles à vivre  et délicieux comme amour… délice…et orgue… « masculins au singulier… féminins au pluriel » m’a-t-on répété souvent à l’école.

J’étais cependant assez intelligent pour réaliser qu’il était normal que la langue familière dans  laquelle mon père s’adressait à moi,  soit très différente de celle qu’il utilisait dans son métier de journaliste. Combien de fois l’ais-je surpris, quand je descendais faire pipi la nuit, penché sur sa vielle Underwood , occupé à taper pour son journal  l’Action catholique,  sa critique du récital auquel il avait assisté quelques heures plus tôt au Palais Montcalm, en un français à faire rougir les journalistes québécois d’aujourd’hui!. J’ai conservé quelques unes de ces critiques, du temps où les journalistes étaient aussi cultivés que polyvalents.

Le maire Labeaume n’en revient pas d’entendre autant d’anglais à Paris. Il est scandalisé, comme pas mal de Québécois, par les drugstores, shoppings et autres weekends parisiens, auxquels il préfère probablement les pharmacies, le magasinage et la fin de semaine. Pour ma part, et heureusement que la technologie a évolué, car on me forçait jadis à mon travail à l’UQAC,  à parler de la longue  télécopie plutôt que du simple, pratique, court, mais affreusement anglophone FAX, je ne rougis désormais pas, comme mes cousins,  devant mes mails, méls ou emails, les préférant toujours aux courriels.

Mais j’en ai marre des « by the way » des animateurs de radio incultes,  à l’anglais aussi pauvre que le français!

À l’école, la maîtrise de la langue française ne doit pas seulement se mesurer  avec la dictée et la dissertation. Elle doit aussi se mesurer avec un exercice que j’appelle la description de scène.

Dans un premier temps, je propose donc le test suivant :

Radio Canada ou mieux, Bernard Pivot, nous met en scène un Français et un Québécois, tous les deux exerçant le même métier, disons mécanicien,  et au même niveau scolaire. On leur montre une scène et on leur demande de la décrire en un ou deux paragraphes. Ensuite on corrige. On répète l’exercice une dizaine de fois, puis on pose un verdict sur le pays – ou si vous préférez, la nation – qui a la plus grave lacune en français. Finalement,  on montre le résultat au maire Labeaume.

Et si le test est concluant, on ajoute la description de scène à la traditionnelle dictée dans le programme scolaire québécois, bien avant le monde contemporain, l’éducation à l’environnement et l’enfilage du condom sans saveur,  mais néanmoins approuvé par l’école, sur le manche à balai de l’infirmière de la polyvalente.

« C’est une langue belle à qui sait la défendre…  »  nous chante Yves Duteil dans sa belle chanson.

Cette langue belle, elle a besoin d’être d’abord respectée, soignée , promue et surtout aimée par ceux qui prétendent la parler et l’écrire…. ensuite on la défendra!

commentaires
  1. […] La langue de chez-qui? « Le blogue de Reynald Du Berger. Imprimere-mailDiggDiasporaStumbleUponReddit Tags: Le blogue de Reynald Du Berger function dshare() { var url = window.location.href; var title = document.title; window.open('http://iliketoast.net/dshare.html?url='+encodeURIComponent(url)+'&title='+encodeURIComponent(title),'dshare','location=no,links=no,scrollbars=no,toolbar=no,width=620,height=400'); return false; } Akova blog | Benoit Bourdeau – Quelque chose à dire | Bicycles Falardeau | Blogue de Midi Jazz | Blogue de Nicole Simard | Blogue du Festival d'été de Québec | Burp | Choux de Siam | CHYZ – Blogue des émissions | CKRL | Culturils | Dominic Bellavance | FEQ | Francis Desharnais | Francis Vachon photographe | Gilbert Lavoie | Julie Marie photographe | L'art quotidien | La marge | La Musicographe | La vie en BD | LCB | Le blogue de l'Aérospatial | Le Blogue de Limoilou | Le blogue de Michel Hébert | Le blogue de Nicolas Houle | Le blogue à Steph | Le carnet de Sophie Imbeault | Le mot du Cinephiliaque | Les Quatre Saisons | Libellule et ses spatules | Librairie Vaugeois | livingthelivelife | Mario tout de go | Ovologic | Patwhite.com | Pour la suite… images et mots | Quebecspot Média | Québec t'aime | Québec Urbain | Sciences dessus dessous | Steve Deschênes | suggestions quotidiennes | Synchro Blogue – Sandra Bellefoy | Voix de faits Blogue de combat | […]

  2. Excellent texte, dans un très bon français🙂

    PS: vous devriez ajouter Google + dans « Share this »; et puis en passant, lorsque l’on clique sur les étoiles (Évaluez ceci) la réponse que l’on obtient est « Thank you »😉

  3. Tu as donné une leçon de français à la caissière, mais d’après moi elle s’en foute, mais elle va te reconnaitre la prochaine fois que tu auras affaire à elle. Toi c’est BY THE WAY que tu ne peux plus entendre moi c’est MY GOD. Je deviens bleu-marin quand j’entends ça. On est trop pressé pour prendre le temps de bien parler et ça sort tout croche. Bonne leçon, maintenant il faut la mettre en pratique.

  4. Filou dit :

    Pauvre incompris qui a besoin de deux pleines minutes pour expliquer le détail d’une blague au final pas drôle du tout. Même une bonne blague perd de son mordant lorsqu’elle requiert autant d’explications.

    Votre français est sans doute meilleur que celui de la vendeuse qui n’a peut-être que la moitié de votre âge et dont la carrière ne l’a pas conduite à travailler à l’UQAC. Je vous en félicite! Vraiment, c’est incroyable! Quelle ne doit pas être votre fierté!

    Le pauvre français académique, engoncé dans un ensemble de règles dont certaines, encore en application aujourd’hui, sentent très fort leur XVIIe siècle, subira-t-il un jour le sort que Dante fit jadis subir au latin, le délaissant au profit de la langue plus vivante qu’il entendait tous les jours?

    Déjà plusieurs écrivains francophones utilisent deux langues dans leurs œuvres, l’une pour la narration, l’autre pour les dialogues. Vivement un nouveau génie qui puisse donner ses lettres de noblesse à notre belle langue créolée.

  5. […] Vert de Québec | Le Blogue de Limoilou Et la langue, on la conserve? | Carnet de Gaston Deschênes La langue de chez-qui? | Le blogue de Reynald Du Berger Symposium IBM sur le nuage : être un agent de changement | Ovologic Fille de novembre | Les aléas […]

  6. J’ai toujours dit que le seul danger pour le français au Québec, n’est pas l’anglais, c’est le joual

    J’ai écrit un article la dessus, il y a plusieurs années:

    http://www.crioux.ca/francais.html

    Moi ce qui me fait saigner des oreilles, ce sont les « tu »:
    « Ça s’.peux-tu » « on y va-tu » « tu m’aimes-tu » « chu -tu dans tv »

    et les « ça l’a » au lieu de « ça a »
    « ça l’a un importance » « ça l’élance » « il faut que ça l’arrête! » « ça l’a été dur »

  7. stephane1976 dit :

    Les PARISIENS on intégrer les anglicismes dans leurs conversations quotidiennes… et c’est honteux…. les QUÉBÉCOIS parlent de plus en plus « joual » et ce n’est pas mieux….

    Le « joual » les caractérise du primaire à l’université. Le « joual » les singularise à la maison, à l’école, au travail, dans leurs loisirs. Le « joual » galope toujours au Québec, entretenu par une télévision où abondent les onomatopées, les phrases syncopées, les mauvaises intonations, les mots entrecoupés de sacres et de blasphèmes.

    Les syllabes sont mangées. Le vocabulaire est tronqué ou imprécis. Les phrases sont boiteuses. Même la voix participe à l’affaissement du niveau de la langue. Entre eux, les jeunes ne conversent plus. Ils lancent des cris, des jappements gutturaux, des hennissements dignes de leur appartenance. Les professeurs, l’âme désarmée, les imitent pour ne pas les contredire, parlent comme eux pour ne pas les frustrer, copient leur langage afin de les garder dans le clos animalier.

    La langue de Molière est en péril…

  8. Filou dit :

    Bon! Pour ce que j’en ai dit! On me tourne deux pouces vers le bas…

    Reprenons autrement, puisque je suis tombé, je l’ai bien vu par la suite, sur le blog d’un géologue (travaillant moi-même en géologie, quoiqu’à un échelon plus éloigné de la stratosphère hiérarchique de cette science que M. du Berger), communicateur scientifique assez intéressant et commentateur politique assez moyen (selon moi, individu qui se dissocie d’ailleurs plutôt de la politique, qu’elle soit de gauche, de droite, de l’avant, de l’arrière, de cen dessus dessous).

    Donc, j’aboutis ici il y a quelques jours, au bout du lien que m’a envoyé quelqu’un de ma famille vers, j’ose imaginer, ce lieu même.

    J’y lis un article que je trouve condescendant et égocentrique.

    Le français est une langue complexe. Le Bon usage le montre assez bien. Le volume extravagant du Grand Robert le montre fort éloquemment. Tous ne peuvent se procurer cette somme monstrueuse des travaux d’une quantité folle de grands spécialistes. De ceux qui le peuvent, beaucoup n’en ont pas l’obligation et bien peu l’acquerront. De ceux qui au final l’obtiendront pour leur bon plaisir, dilettantes de la langue française, beaucoup ne le traîneront sans doute pas au boulot. Pour les autres, profs, traducteurs professionnels et tutti quanti, ce sont des personnages que l’on ne saurait décemment utiliser comme étalon du niveau de langue requis pour travailler, gagner sa vie, élever des enfants et communiquer avec ses proches.

    Que fera alors un individu normal, qui aime mieux utiliser son intelligence au bricolage ou au jardinage qu’à la culture d’un phrasé précieux? Il suivra la tendence sociale générale, évidemment. Il utilisera une langue plus simple. Linguistiquement parlant, car il possède quand même un peu de savoir langagier, celui que l’on brocarde ici (mais pas chez moi), il s’amusera, sans forcément en connaître les noms, d’à-peu-près (« Ma copine nous a éclairé à tire-le-rideau »), de contrepèteries (« Hey! Serge Savard sort sa verge! »), de charades plus ou moins tordues, de néologismes plus ou moins adéquats et d’autres entorses au bon usage. Où est le mal? D’accord ça ne vole pas très haut, mais le grand Alcofribas Nasier lui-même, sur un rythme certes plus soutenu, mais pas toujours mieux inspiré malgré ses prétention à l’extraction de quinte essence, nous a offert un florilège de ces bêtises que l’on étudie encore aujourd’hui dans les plus grandes universités du monde et même à la Sorbonne! Que celui qui ne s’est jamais permis semblables puérilités me démente, de toutes façons! Je ne suis pas inquiet…

    On peut juger sévèrement l’ignorance linguistique de ceux qui ne maîtrisent pas aussi bien que soi les subtilités d’une langue. Je préfère passer outre cette ignorance et profiter de ce que tout un chacun peut m’offrir (rigolade, connaissances spécifiques en divers domaines, amitié, dévouement parfois, sourire, …). Et parfois, au détour, je puis même me payer le luxe de découvrir, via quelque quidam que rien ne semblait prédisposer à la chose, un fait linguistique que je ne connaissais pas. [Parenthèse ici: puisque « ignorer » ne fait pas partie de mon vocabulaire, je pouvais… a) cesser mon discours et me mettre à bégailler bêtement; b) y aller de simagrées et de grimaces qu’un écran eut été fort en peine de vous retransmettre; c) utiliser une approximation du genre « t’sais veux dire là? »; ou encore, la solution que la plupart privilégie: d) user d’une alternative qui explicitera peut-être bien la lacune qui est la mienne, mais n’en transmettra pas moins avec exactitude l’idée que je voulais faire comprendre] [« transmettre » ne faisant pas partie de mon vocabulaire…].

    Et pour les auteurs de la langue vernaculaire, je criais un espoir dans mon premier message. En fait, je bluffais. Ces bardes du croustillant langage populaire, ils existent déjà, et d’aucuns sont morts, enterrés et postérisés depuis belle lurette: Alcofribas Nasier, dont il fut question plus haut; Honoré de Balzac, à l’intarissable faconde, dont on dénigrait le style de son vivant (cela est-il donc imaginable???), lequel fut un curieux mélange de tournures et d’orthographe vieillots et de mots et expressions fondus à même le creuset de son imaginaire toujours en ébullition; plus près de nous géographiquement (le délicieux Jean Narrache), temporellement (le volubilissime Frédéric Dard, alias San Antonio) ou les deux (un incomparable orfèvre des mots: Marc Favreau!). Encore aujourd’hui et dans notre coin, il y a Fred Pellerin, dont je n’oserais dire qu’il n’est qu’un clown attardé au vocabulaire dérisoire et à la grammaire défaillante.

    Ils sont là, disponibles à qui s’y intéresse, ils ne s’offusqu(èr)ent pas d’une impropriété, ils ont mis une partie plus ou moins grande de leur talent respectif à faire la promotion d’une langue qui n’est pas, loin s’en faut, dépourvue de charmes, bien que le goût personnel de tout un chacun puisse la trouver un peu raboteuse ou rustique.

    Balzac en connaissait et en écrivait « tant tellement » (Favreau) sur une telle quantité de sujets qu’il aurait pu (reprenons en la modifiant légèrement une allusion faite dans l’article ci-dessus) donner au papa journaleux catho (puisqu’on a pris soin de l’indiquer) de M. du Berger l’envie d’aller se cacher.

    Voilà donc où je m’en tiens pour l’instant lorsqu’il est question de langue. Vivre et laisser vivre, parce que la vie, c’est tellement plus que le petit idiome que l’on pérore, tellement plus que l’incongruité d’un petit écusson sur le sein du vendeuse « en entraînement », tellement plus que la façon dont une mère donnera la description physique de son flot et ce qu’en pourra faire l’auditeur. Oui j’aime la langue française classique oui j’aime son histoire oui j’aime la fréquenter dans toute la magnifitude de ses plus beaux costumes d’apparât. Mais que M. du Berger, qui a au moins une génération en plus de quelques années d’avance en étude du français* ) sur sa petite caissière, ne veuille pas se rendre compte de l’inégalité des termes et trouve matière à chicane, ça m’a mis en boule un brin**.

    Et qu’en plus il ne daigne pas sembler faire entrer en ligne de compte que telle inflexion d’un mot qui s’entend en dira beaucoup, beaucoup plus long que sa version imprimée (surtout dans une police standardisée, ce qui est le lot d’au moins 99,9% des livres publiés, si l’on excepte les livres pour enfants), afin d’excuser un peu la pauvreté de la langue des gens dont ce n’est pas le métier, gens qu’il me semble considérer comme handicapés du verbe, ça me choque. Le français est un moyen, pas une fin. La fin, c’est la communication.

    Allez, gentil lectorat! C’est le temps de me tourner une nouvelle fois un pouce vers le bas!

    [* Ne négligeons pas que son papa, pour petit qu’il fut sans doute par rapport à Balzac, fut, je n’en doute pas un instant, grand par rapport à la moyenne, et même par rapport à une vaste majorité des gens, dans laquelle je m’inclus d’ailleurs humblement.]

    [** homonyme de brun selon beaucoup de Français, le saviez-vous? N’en concluez surtout pas pour autant que je dénigre le français des Français.]

  9. Reynald Du Berger dit :

    « Le français est un moyen, pas une fin. La fin, c’est la communication. »

    vous prêchez à un converti mais un converti qui a assisté à la lente et déplorable dégradation de cette langue au fil de ses 33 années de carrière à l’université. Il y a différents niveaux de langage. PLus on est habile à manier cette langue, plus on en possède et en use. C’est un art vous savez! Pas seulement une commodité. Quand le vocabulaire – le « moyen »- est pauvre , la communication est minable. Vigneault corrigeait les fautes sur les menus de restaurants , permettez que je corrige – avec un sourire, jamais méchamment- les caissières. Pensez-vous qu’elle s’est couchée ce soir-là frustrée ou moins niaiseuse? ou les deux?

    c’est moi qui vous tourne le pouce vers le haut.. et c’est vrai, je suis un piètre commentateur politique, habilité que je concède aux autres blogueurs. Bienvenue sur ce blogue.

  10. Filou dit :

    À M. Du Berger, pour vous, en ce déplorable espéranto internet d’aujourd’hui:
    🙂

  11. Filou dit :

    Une lente et déplorable dégradation du français des étudiants de géologie sur 33 années, dites-vous?

    Puisque vous êtes fort aimable avec moi et que vous me semblez de bonne guerre, voici ma (pas bien méchante) réplique:

    a) Les années ’80 furent une période au cours de laquelle les médias laissèrent tribune quasi-libre à un éventail de spécialistes divers, émules sans doute du frère Untel, qui ne laissaient pas s’écouler une semaine sans pleurnicher en ondes qu’il fallait faire quelque chose contre l’étiolement effrayant de la qualité du français chez les jeunes (que les plus chatouilleux me pardonnent cet emploi transitif du verbe pleurnicher). Ma mère-grand, née au milieu des années 1910, me disait alors que les gens criaient pour rien, que le cheval n’était pas malade, que le français des jeunes était bien meilleur à ses oreilles que celui des jeunes et moins jeunes de son enfance. Un peu plus tard (en 1991 ou 92), je me rappelle avoir entendu Marc Favreau déclarer quelque chose qui ressemblait bougrement à ça (en mieux tourné, cela va de soi).

    b) Puisqu’il est question de vos observations, je me demande seulement comme ça si l’observateur (vous) n’aurait pas vu un fossé se creuser entre sa propre maîtrise du français (laquelle, si vous êtes comme moi, ne cesse d’augmenter à mesure que s’écoulent les années) et celle de ses étudiants (dont l’âge moyen doit être demeuré sensiblement le même), et conclu de cet élargissement entre les niveaux respectifs qu’il y avait dégradation de l’autre côté? • Une autre remarque similaire: le français fautif de votre enfance (dont une partie a probablement reçu l’aval des spécialistes aujourd’hui) était sans doute plus près du français fautif d’étudiants de génération plus près de la vôtre que le français fautif des jeunes d’aujourd’hui, lequel ne vous est plus aussi instinctif.

    c) Ensuite, j’aimerais savoir si les départements n’ont pas grossi en 33 ans. Votre département n’aurait-il pas diminué ses exigences pour l’acceptation de nouveaux candidats, à un certain moment, voire quelques fois, au cours de ces 33 années? Il serait difficile de conclure que les populations considérées sont similaires, si tel fut le cas. Se pourrait-il que vous n’aviez que la crème il y a 30 ans, et que désormais le lait vienne avec la livraison?

    d) En tant que personne qui écrit encore (à la mitaine, j’entend: j’utilise encore le crayon, le stylo et même la plume – j’ai un peu d’un vieil homme dans mon corps de jeune homme), je sais avec certitude qu’il est beaucoup plus facile de laissé passé les deux infinitifs qui précèdent en participes passés en utilisant un clavier qu’en traçant les lettres. Il est aussi beaucoup plus facile de ne pas inverser deux letrtes dans un mot lorsque l’on doit les former une à une, du début à la fin, plutôt qu’en accomplissant ce simple geste d’appuyer sur une touche. J’ai d’ailleurs fait moult observations qui m’ont conforté dans mon opinion: jusqu’à la professeure de ma fille aînée qui commet habituellement en moyenne deux fautes d’orthographe sur un rapport de trente mots. Dans cette proportion, tout rapport écrit remis aux soins de cette dame pour correction se verrait probablement qualifié de papier-foufounes orthographique, non? Plutôt que blâmer les jeunes et/ou le niveau de leur aptitudes langagières (l’anglais des jeunes anglophones provoque le même type d’inquiétude…), ne devrait-on pas considérer notre côté de la clôture?

    e) Les premiers étudiants de mon âge à avoir reçu leur B.Sc. en géologie l’ont reçu en ce siècle, vers le début, je l’admets, mais ça ne nous repousse malgré tout et au mieux guère plus de dix ans en arrière, donc dans le dernier tiers des trois décennies dont vous fîtes mention dans votre remarque. J’offre donc à votre jugement la qualité de mon français. Je vous donne bien entendu le droit de conclure ce que vous voudrez, y compris que j’exemplarise parfaitement votre affirmation initiale. Si tel devait être le cas, cependant, je crois que je serai pour la vie un indécrottable ignare…

    Bien à vous.

  12. G. H. Larouche dit :

    Bravo! Fieffé filou…

  13. Phil Martin dit :

    Le français fut jadis la langue de la science et de la diplomatie car elle est d’une précision chirurgicale pour décrire un phénomène scientifique ou pour exprimer une pensée dans le moindre détail. ce que l’anglais ne fait pas sauf l’anglais shakespearien que personne en Amérique ne connais .

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s