La culture de monsieur Legault

Publié: 30 août 2011 dans Uncategorized

François Legault veut allouer 50 millions $ de plus pour les arts et la culture dans le réseau préscolaire et scolaire québécois. Il rêve d’écoliers qui visiteront des musées et iront à des concerts de musique classique en compagnie de leurs enseignants. Mais avant qu’un jeune qui n’a jamais été exposé à la peinture, à l’architecture, et à la sculpture, pas plus qu’à la musique classique ou à l’opéra puisse goûter ces arts, il faut qu’on l’en aie un peu instruit. Il faut donc d’abord et avant tout des cours sur les arts et la culture à l’école, autant au primaire qu’au secondaire. M. Legault est silencieux à ce sujet.

Il faudra des enseignants cultivés qui transmettront leur goût et leur passion pour le beau aux jeunes, qui ne sont pour l’instant et pour la plupart exposés qu’aux boum boums de Metallica. La tâche est colossale mais pas impossible. J’ai déjà écrit un billet sur l’inculture généralisée du peuple québécois qui est déplorable si on se compare à l’Europe. Il y a péril en la demeure.

Il faut débarrasser l’école québécoise des cours bidons et creux comme «Éthique et culture religieuse » ou « Le monde contemporain » qui sont des fourre-tout où l’enseignant peu scrupuleux peut endoctriner ses élèves. J’ai déjà dit aussi que le sport, pas plus que l’éducation sexuelle n’a sa place à l’école : c’est la responsabilité des parents. L’école ne doit strictement servir qu’à l’enseignement de connaissances que les parents sont incapables d’inculquer. Cela s’appelait autrefois des « matières ». Les arts et la culture constituent une de ces matières avec le français, l’anglais, l’histoire, la géographie, les mathématiques, la physique, la chimie, la biologie, la géologie (et non pas l’ « environnement ») et l’économie.

Après que ses professeurs lui auront enseigné des rudiments d’arts et de culture, le petit Kevin pourra apprécier une visite au musée ou à la salle de concert, mais pas avant. Et même sans musée, le professeur peut très bien, internet aidant, présenter une diapo du Serment des Horaces de David – cliquez pour agrandir- au petit Kevin. Il pourra par exemple souligner la force des personnages comparée au dépouillement du décor, qui témoigne de l’importance des droits de l’homme à cette époque, ce qui mènera à la Révolution française quatre ans plus tard. C’est ça la Culture, celle avec un grand « C », celle qui forme un Homme avec un grand «H », et elle doit passer bien avant celle de nos artistes québécois et leurs œuvres québécoises, comme Victor Hugo doit être enseigné bien avant Michel Tremblay. Quand il sera grand, devenu alors un homme, Kevin ira déguster ce chef-d’œuvre de David en personne au Louvre. Je ne suis pas certain que la conception des arts et de la culture à l’école de François Legault corresponde à cela.

commentaires
  1. Oui c’est à la maison que ça commence. Mais aujourd’hui, la réalité est tout autre. Beaucoup de familles sont désunies, monoparentales ou reconstituées. cela apporte son lot de problèmes d’ordre pécuniers, d’adaptation de toutes sortes, de mésentente, de tristesse, de pressions et de dépressions. Et j’ajouterais l’hérédité, Important l’hérédité. Ca peut paraitre farfelu mais ça ne l’est pas. On tient pas du voisin. Si tes parents baignent dans les arts, la culture et la musique classique , pas de problèmes. On enseigne ce qu’on connait ou ce qui nous intéresse. Sinon bien des chances que ça fasse patate. Il ne faut pas non plus sous estimer l’influence des amis et des idoles. Les idoles viennent combler un vide affectif bien souvent dû à un manque d’équilibre émotif. Les petits Mozart, les Alain Lefebvre, André Gagnon et autres petits génies je dirais, ne foisonnent pas. Mais tout règle comporte des exceptions.

    • Reynald Du Berger dit :

      Certains parents peuvent en effet exposer leurs enfants aux arts et à la culture, mais très peu peuvent les enseigner. Il faut des spécialistes, comme pour les autres matières. Si on débarrasse le curriculum scolaire québécois de toutes les niaiseries qui y sont enseignées, il y a largement de place pour la culture. Et ça coûtera pas 50 millions $…

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  3. Henri dit :

    ATTENTION à ces beaux parleurs. Lorsque Legeault était au pouvoir avec le PQ il a été d’accord avec les coupures de Bouchard et Marois dans la santé. On ne peux que constater l’échec de ces derniers en la matière. C’est depuis ce temps là que le PQ je l’ai ai de travers dans mon révérent TDC. Remarque en passant tout ce qui compose son groupe sont des sti BO$$ qui s’en alle là non pas pour les citoyens mais bien pour leurs poches. Ils ne parlent que de la distribution de gros sous (le nerf de la guerre) mais où pensez-vous qu’ils vont aller chercher l’agent? Directement ou indirectement dans vos poches. Qui va profiter de ces $$$$$$. Ses chums les BO$$. Alors je n ‘ai pas besoin de vous en dire plus.

    • Jean-Claude St-Yves dit :

      Les coupes de la Santé ont été décidé sous Robert Bourassa avec l’accord du Parti Québécois et ont été faites par le ministre de la Santé Péquiste Jean Rochon avec la supervision du ministre de la Santé du temps de M. Bourassa, soit Marc-Yvan Côté! Tout ça pour atteindre le déficit zéro!!!

  4. Tant que Legault va parler de séparation et de donner plus d’argent aux artistes et au profs, il ne peut pas avoir mon vote.

  5. Malheureusement de nos jours la plupart des familles sont composées de parents ayant une préférence pour ne pas dire passion, pour la musique populaire style rock et « hard rock ». Jamais ce genre de musique n’entre dans ma maison, car elle m’horripile au point de me faire mal jusqu’aux entrailles! Cependant je comprends qu’il y en a pour tous les goûts et respecte les adeptes de ce « boum-boum » infernal.

    Pour qu’un enfant développe de goût des arts il doit d’abord avoir des parents qui s’y intéressent! Il est évident que s’il n’a pas baigné dans une atmosphère où l’on pouvait raisonnablement entendre des mélodies douces, légères et/ou classiques, qu’il n’a jamais eu la chance très tôt de feuilleter de beaux livres édités pour lui traitant des grands peintres et musiciens du monde, qu’il n’a pas accès à l’information ne serait-ce que par Internet concernant les belles choses dont l’architecture, la sculpture, les musées, etc., que les enseignants ne lui ont pas donné une notion de base au primaire et secondaire, cet enfant n’a pas les éléments déclencheurs pour s’intéresser aux arts et à la culture.

    Je connais cependant plusieurs personnes qui développent elles-mêmes plus tard leur côté artistique et culturel; par contre d’autres ayant été exposées quotidiennement entre autres aux grands airs d’opéra durant l’enfance, haïssent cette musique « pour mourir » à l’âge adulte.

    Oui, il faudrait des enseignants spécialisés et passionnés dans le domaine culturel et débarrasser l’école des matières inutiles qui ennuient la plupart des étudiants.

  6. Dominique Dumas dit :

    Ceux qui veulent nous faire croire que l’art qu’ils connaissent ou pire, qu’ils aiment, est supérieur à celui des autres me découragent toujours. L’histoire de l’art ou l’histoire relié à l’art, c’est une chose. Mais aucune création artistique, désolé pour ceux qui le croient, n’est supérieure aux autres. C’est imaginaire. C’est subjectif et rien d’autre.

    Alors l’enseigner est une perte de temps! Mettre sur un piedestal le « boum boum » de Metallica ou le zing-e-ling de Mozart n’a aucun fondement.

    Les parents sont en fait aussi habiletés à l’enseigner que le sport.

    • Reynald Du Berger dit :

      Merci pour votre cote « very poor », et je suppose qu’elle se réfère au fond plutôt qu’à la forme de mon billet. Toute discussion sur l’art, la culture et la problématique de la création artistique avec quelqu’un qui n’est pas de votre culture, n’y a jamais adhéré ou n’y a jamais été initié est stérile et vire souvent au vinaigre. Je ne partage pas votre avis sur la relativité de la valeur des éléments culturels et artistiques. J’ai écrit quelque-chose à ce sujet que je vous invite à critiquer. La culture de haut niveau existe, sa valeur est prouvée par son universalité , sa pérennité, et elle n’est surtout pas subjective.

      https://duberger.wordpress.com/2010/09/15/du-pain-et-des-jeux/

    • Filou dit :

      Je réponds à ce message près d’un an trop tard, veuillez me pardonner ce délai.

      Je voulais simplement dire que je suis plutôt d’accord avec M. Du Berger et plutôt en désaccord avec Dominique Dumas sur la possibilité de graduer l’art.

      Je suis assez amateur de musique, j’aime le classique, doux comme Éric Satie ou plus costaud comme Igor Stravinsky, et j’aime aussi le rock assez pesant et le métal lourd. Mais ce que je cherche et trouve dans la musique que j’écoute varie selon les genres. Lorsque je passe l’aspirateur, Rammstein est excellent. Lorsque je jongle, quelque chose de très rapide et très rythmé est idéal. Lorsque je veux danser ou lâcher mon fou, Philip Glass ne convient pas. Mais lorsque je veux écouter de la musique, de la vraie musique, quelque chose de riche, dense, prenant, émouvant, j’y vais pour une musique plus difficile, pour quelque chose habituellement classé sous la bannière classique chez les disquaires.

      Je crois aussi qu’il est difficile d’apprécier le grand art sans une vaste exposition préalable aux belles choses. Il serait idiot de donner du Diderot à lire et à analyser à des jeunes de dix ans: il s’y ennuieront à mourir et seront effrayés par ses écrits même cinquante ans plus tard. Mais pourtant, il me semble indéniable que les œuvres du sieur Diderot sont supérieures à celles de Ms. Rowling, qui raviront pourtant ces mêmes enfants de dix ans, et contenteront sans doute même l’adulte en quête de lecture légère.

      Je ne dénigre donc pas complètement la légèreté ou la superficialité. Je consomme moi-même nombre de produits dont la valeur artistique est pauvre (bandes dessinées, romans qui se lisent à toute vitesse, musique rock, exposition d’œuvres de peintres locaux, …). Mais je sais reconnaître qu’elles ne font pas le poids face à d’autres œuvres plus complexes, et j’aime à aller fréquenter celles-ci et celles-là. L’effort d’un livre ou d’une œuvre musicale plus difficile peut aussi s’avérer très payant. La nature de la récompense est différente, peut-être pas aussi intense sur le coup, mais elle fructifie habituellement plus longtemps, demeurant en nous plus longtemps et nous dévoilant de nouvelles facettes pendant parfois plusieurs années.

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