To retire or not to retire

Publié: 14 août 2011 dans Uncategorized

Choisir de se retirer ou de demeurer au travail est parfois difficile. Ça dépend de plusieurs facteurs : les conditions du régime de retraite auquel on a cotisé, le type d’emploi (gouvernement, entreprise privée, travailleur autonome), l’échelle salariale, les conditions de travail, etc..

Si j’ai choisi de me retirer à l’age de 55 ans, ce n’est pas parce que je n’aimais pas mon travail, bien au contraire. Je voulais simplement faire autre chose, avoir plus de liberté. On me dira que la liberté académique dont jouissent les professeurs d’université est un privilège rare. Grâce à l’expertise très rare que j’ai développée au fil de ma carrière, j’ai pu, au cours de mes deux ou trois premières années de retraite, agir comme géophysicien et ingénieur consultant au sein de projets concernant les eaux souterraines. Ce fut très lucratif mais j’avais toujours l’impression désagréable et culpabilisante d’ « enlever la job à mes étudiants », ceux que j’avais justement formés pour faire le travail pour lequel on recourait à mes services. Un ingénieur auréolé d’un titre académique est toujours plus coûteux qu’un jeune ingénieur. J’avais donc mauvaise conscience et me suis plutôt consacré à des activités bénévoles, comme siéger à certains conseils d’administration ou caritatives comme présider une Société de Saint-Vincent-de-Paul, et agir comme intervenant à Telaide et au Centre de prévention du suicide.

Alors chers baby boomers retraités ou sur le point de l’être, au lieu de geindre, de calculer et vous morfondre en attendant avec angoisse que les coffres de vos régimes de retraite soient vides, faites comme moi, impliquez-vous dans votre milieu, consacrez-vous à des œuvres caritatives auxquelles vous épousez les causes mais ne comptez surtout pas sur le gouvernement pour reconnaître de façon tangible que votre action bénévole le soulage de certaines de ses obligations.

Un dernier conseil aux jeunes : ne comptez pas non plus sur votre gouvernement pour vous prendre en charge quand vous serez vieux. Cotisez le plus tôt possible à un REER. Vous n’avez pas de médecin de famille? alors faites comme moi payez-vous le « privé », c’est une Cadillac comparée à la coccinelle de l’état québécois, à une seule vitesse . Faites en sorte que vos proches ou vos enfants aient suffisamment de compassion pour que vous ne soyez pas totalement à la merci d’un CHSLD. Mais si vous les avez dompés dans une garderie à 7$ dès l’age de 6 mois, ne vous attendez pas à ce qu’ils aillent un jour changer vos propres couches. On a le gouvernement qu’on mérite, qu’on se donne, et qui reflète la société.

commentaires
  1. Raymonde Hamel dit :

    Tu as bien raison Reynald et nous sommes plusieurs de cet avis que de choisir de se retirer est un choix difficile. La ville de Québec favorisée par les emplois gouvernementaux a mis à l’abri des soucis financiers la plupart des fonctionnaires. Je me souviens qu’en 1997, le gouvernement provincial entre autre, a incité leurs employés  »à quitter » pour la retraite, en offrant aux 50-55 ans des montants très alléchants pour un départ hâtif. Avec ces privilèges qu’un grand nombre acceptèrent dont mes frères et mes compagnes de travail du milieu hospitalier, qui eurent leur emploi dans leur vingtaine d’années, ont pu jouir tôt de leur liberté, car OUI c’est la liberté que d’être retraité même avec un budget moyen… Pour ma part, j’avais 60 ans lorsque j’ai pris ma retraite, car pour concilier travail-famille j’ai été sur le marché du travail presque toujours à temps partiel Je ne voulais pas que mes enfants soient élevés à l’année longue, par des gardiennes. J’ai vu des enfants qui préféraient leur gardienne à leur mère… Ce fut mon choix, car je privilégiais ma vie familiale à celui du monde du travail et n’ai aucun préjugé contre ceux ou celles qui n’ont pas cet opinion. J’aurais été malheureuse de ne pas faire selon ce désir. Pour en revenir à la vie de retraitée, quelle relaxation que de se lever le matin et pouvoir prendre son petit déjeuner et siroter un ou deux bonnes tasses de café sans se presser, sans oublier l’insouciance de se coucher tard, et ce, même après plusieurs années, d’organiser son temps à notre goût et sans aucune contrainte, renouer avec des connaissances, etc… la liste serait trop longue à énumérer tous les éléments positifs de cet état de vie… que je qualifierais même d’état de grâce! Je suis aussi impliquée depuis 1995 dans le Conseil d’administration d’une Coopérative d’habitation et auparavant dans le Regroupement des Associations des Femmes de Beauport dont je ne fais plus partie, car mon implication dans la Coop prend beaucoup de mon temps… et d’énergie car je suis soucieuse du bine-être de chaque membre. Je suis cependant consciente que les travailleurs dont l’échelle salariale est minimum ou à peine plus haute et fixe ne voient pas leur retraite arrivée aussi tôt, et plusieurs seront obligés de demeurer sur le marché du travail probablement jusqu’à 65 ans et plus, selon leur degré d’anxiété par rapport à l’insécurité financière. Et aux  »retraités en devenir » voici le précieux conseil que mon père nous a inculqué au début de nos carrières, ne perdez pas votre temps à calculer, placez 10% de votre salaire si minime soit-il chaque semaine et vous serez surpris du montant accumulé lorsque viendra l’heure de vous retirer. Plusieurs membres de ma famille l’on écouté et bénéficient aujourd’hui d’une retraite heureuse et sans souci. Alors ne perdez pas votre temps à calculer et cessez de vous angoisser car la VIE EST COURTE et ce n’est pas en Cadillac que vous vous voyagerez si vous attendez trop, mais en « chaise roulante »… et vos jours seront les plus tristes de votre vie…

  2. Raymonde Hamel dit :

    Je n’ai pas relu mon texte avant de le faire valider, excusez les petites fautes….

  3. Gilles Laplante dit :

    J’ai pris ma retraite non parce que je n’aimais pas ce que je faisais mais parce que les conditions de travail s’étaient sérieusement détériorées. À 63 ans, c’est presque impossible de changer d’endroit, j’ai donc quitté mais avec un peu de regret.
    Je ne pense pas que vous ayez à vous culpabiliser de prendre des contrats à l’occasion à moins de faire un travail que n’importe lequel des jeunes diplômés puisse faire. Vous apporter certainement, aux professionnels que vous côtoyez alors, une expertise et une approche de travail qu’ils pourraient difficilement obtenir autrement.
    J’ai moi-même repris du collier pendant un certain temps jusqu’à ce que je réalise le façon inique qu’a Revenu Québec de traiter les travailleurs autonomes. Comme je peux me passer de ces revenus supplémentaires, je refuse systématiquement toute nouvelle offre de contrat.
    J’ai quand même une petite restriction quand vous abordez le sujet des REER. Je conseillerais plutôt de placer de l’argent dans un CELI jusqu’à son maximum avant de cotiser à un REER. Je trouve que le retour d’impôt est de la poudre aux yeux. Les premiers dollars que vous y placerez auront toutes les chances de tripler à votre retraite alors que ce seront ceux qui vous auront rapportés le moins en retour d’impôt mais vous couterons le plus en impôt lorque vous les retirerez.

  4. Christian dit :

    Le plus intéressant de votre génération et profil, dont vous ne parlez jamais, est sans doute cet état évident d’hybride bailingue. Voir… Un titre anglophone, mais un billet dans une autre langue, française.

    Vous souvenez-vous de cette citation ?… Lorsque vous avez traité tous les immigrants francophones du Québec, d’infirmes ?

    « Reynald Du Berger wrote @ 17 septembre 2010 at 14:44
    En 33 ans de carrière comme professeur d’université, j’ai assisté presque impuissant à la lente dégradation de la qualité du français dans nos écoles. Le français au Québec a besoin d’être promu, et non pas protégé. Je considère cependant comme handicapée, toute personne qui vit au Québec et qui ne possède pas une connaissance fonctionnelle de l’anglais. »

    Une citation qui a été distribuée aux organismes d’intégration des immigrants reconnus par le MIQ, dont le CACI. Qui propose le choix d’intégration, soit «handicapé» ou bien «colonisé».

    Au Québec, de majorité écrasante francophone…

    Vous publiez encore vos billets dans la langue française. Et non dans la langue de votre maître, l’anglo-saxon américain. Qui vous a permis d’acquérir son expertise, à travers sa langue et culture, sans doute.

    Plus domestiqué que votre génération, incapable de changer de langue malgré la scolarité et l’expertise, c’est impossible à surpasser.

    Vive les Elvis Gratton, quoi.

    CH

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