Un Québec à risque zéro

Publié: 6 octobre 2010 dans Gaz de schiste
Reynald Du Berger

(Contact via Courriel),

Les débats actuels sur les gaz de « schiste » (shale) et l’exploration/exploitation gazière et pétrolière dans l’estuaire du St Laurent rouvrent encore davantage cette éternelle plaie qui refuse de se cicatriser et qui afflige les Québécois depuis des générations: la peur déraisonnable du moindre risque.

 C’est un autre de nos traits culturels qui nous sont propres et qui font de nous, avec notre langue originale, une société vraiment distincte de toutes les autres. C’est la plus belle illustration de ce « principe » de précaution à l’ordre duquel nos groupes de pression écologistes nous rappellent sans cesse à la moindre tentative de mise en valeur d’une ressource naturelle.

La précaution est une notion essentielle qui doit être apprise à l’école, dans la famille et faire partie de la plupart de nos activités de la vie courante. C’est l’application du simple bon sens. C’est donc une notion fondamentale mais elle ne doit jamais devenir un principe au sens scientifique ou philosophique, comme les principes de Newton, de Huygens-Fresnel ou d’Archimède. Faire attention et prendre des précautions est très raisonnable dans nos activités qui comportent des risques mais en faire un principe appuyé sur une loi juridique et auquel toute dérogation serait analysée puis punie, me semble non seulement exagéré, mais impossible à mettre en oeuvre. C’est pourtant ce qu’on a fait en France en intégrant ce principe de précaution à la Constitution. Comment le juge qui applique ce principe va-t-il mesurer le degré de la dérogation et sanctionner ensuite en proportion de la faute commise par violation du principe? Je crains qu’au Québec nous glissions en ce moment vers le même excès qui mène inexorablement au risque zéro.

Combien de fois par semaine entendez-vous des élus ou non élus vous marteler à propos de tout et de rien « ça sera tolérance zéro! », quand on sait que par exemple, à propos de la violence à l’école, on tolérera toujours quelques « coltaillages » sans gravité dans nos cours de récréation. On n’a aucun sens de la mesure au Québec. On est plus passionnés que raisonnables. Si on a la moindre culture logarithmique, on sait que le risque est une probabilité (ça c’est le rayon de mon ami Ian) et que Log (0) = – ∞

Exiger le risque zéro est donc une attitude infiniment déraisonnable. Appliquer bêtement un tel principe à la démarche d’exploration ou d’exploitation d’une ressource naturelle est alors totalement déraisonnable. Il faut plutôt procéder à l’analyse la plus précise possible du risque. Cela se fait couramment pour l’aléa sismique, et on en a eu un exemple récent par la condamnation de l’Hôpital de Baie-St-Paul. C’est une analyse probabiliste qui prend en compte des banques de données de séismes historiques à partir desquelles on estime un taux de récurrence pour un événement de magnitude donnée, on estime ensuite des relations d’atténuation le long du chemin sismique de l’épicentre jusqu’à la structure à protéger, ainsi que les caractéristiques physiques des fondations, potentiel de liquéfaction etc…. La démarche se veut la plus rigoureuse possible.

Dans tout projet qui comporte des risques, une analyse de ces risques doit donc être menée en prenant en compte le maximum de données pertinentes et en y appliquant les traitements les plus rigoureux possibles, et non pas en appliquant un principe qui doit mener inexorablement au risque zéro. Une fois le risque raisonnablement quantifié, il faut le soupeser contre les avantages que retireront les bénéficiaires. C’est la seule attitude logique, c’est la plus raisonnable et c’est celle qui doit prévaloir dans l’évaluation des risques environnementaux ou autres en regard de nos projets d’exploitation de nos ressources naturelles.

Tandis que le gaz et le pétrole giclent partout chez nos voisins, on se contente ici de caresser nos grenouilles et on appréhende avec angoisse les quelques grammes de phosphates qui iraient contaminer le St Laurent si jamais il fallait nettoyer quelques milliers de cormorans suite à un déversement « catastrophique » dans l’estuaire du St Laurent. Au Québec, plutôt que le gaz et le pétrole, on préfère exploiter la péréquation en toute quiétude.

Je rejoindrai ici une réflexion récente de Jacques Brassard exprimée sur son blog « Développement zéro » et je propose donc une nouvelle règle en développement social et économique, la règle « du Québec » qui s’énonce par cette simple équation à zéro inconnue:

risque zéro = zéro projet = zéro bénéfice = zéro prospérité = environnement infiniment préservé.

commentaires
  1. Isabelle Robillard dit :

    C’est tellement réconfortant de vous lire!

    Quel hasard! j’ai envoyé ce commentaire dans le Devoir hier, répondant aux gens que je semble avoir bien choqué avec mes propos:

    Pour ma part, pendant les quelques années où j’ai travaillé dans les firmes de consultants en environnement, j’ai eu l’occasion de constater quelques dégâts environnementaux, un peu partout dans la région métropolitaine.

    Des terres agricoles contaminés par les erreurs du gouvernements dans les années ’70, des excavations dans des stations-service où ça suintaient les hydrocarbures sont les quelques exemples qui me viennent en tête. J’ai même été témoin d’une incendie se déclencher spontanément dans une excavation tellement il y avait des vapeurs dans l’air. Voir des flammes s’élever au-dessus d’une excavation de 5-6 m, alors qu’on y était quelques secondes avant, ça marque la mémoire.

    Tant mieux si l’Environmental Protection Agency des USA se penche sur les risques associés à l’exploration du gaz de shale. J’espère que cette étude sera réalisée par des gens compétents en la matière qui ne se laisseront guider que par leur savoir et non les intérêts de lobby qui, en passant, peuvent se trouver aussi bien du côté des militants-activistes que du côté de l’industrie.

    Mais il va falloir un changement d’attitude au Québec. Il faudrait cesser de se comporter en enfants gâtés et qu’on comprenne que de vivre comporte des risques. Il est possible que l’exploration des gaz de shale puisse être une menace pour la nappe phréatique, tout comme le lisier de porc, les sites d’enfouissement, les réservoirs souterrains de stations-services etc…

    Je suis écoeuré de ces discours de gérants d’estrade qui pointent du doigt quiconque est favorable au développement économique et quiconque de ses acteurs qui comment la moindre gaffe. C’est d’autant plus amusant car eux ne risquent pas grand reproche.

    En effet, quand on ne fait rien, il n’y a pas de risque de faire de bêtises.

  2. Fernand dit :

    Pendant que nos écolos montent aux barricades, Terre-Neuve qui exploite d’autres gisements dans le golfe St-Laurent va pomper nos réserves par le biais de son coté de la poche de pétrole du gisement de Old Harry au large des Iles-de-la-Madeleine. Et voilà le résultat du moratoire vert…

    Gisements exploités par Terre-Neuve

    Hibernia : http://www.hibernia.ca/index2.html

    Hebron : http://www.hebronproject.com/

    White Rose: http://www.cnlopb.nl.ca/pdfs/wrproj.pdf

    Terra-Nova : http://www.nr.gov.nl.ca/mines

    Les mouvements environnementaux subventionnés par l’industrie verte brandissent trop facilement le principe de précaution zéro qui avantage leur vision de décroissance économique menant à la simplicité volontaire. Être des quémandeurs patentés n’est pas un avenir pour le Québec.

    La Nouvelle-Écosse exploite elle aussi des gisements de gaz naturel et de pétrole « off Shore » tout au sud de l’Ile-de-Sable pourtant un patrimoine mondial de l’UNESCO.Ils ont déjà deux licences d’opérer d’autorisé. Pendant ce temps, le Québec se laisse hypnoptiser par les sirènes de la stagnation durable, nous régressons dans la course à l’énergie abordable…

    http://www.gov.ns.ca/energy/oil-gas/offshore/our-history.asp

    Si parmentier avait écouté ses détracteur, aurions-nous des pommes de terre sur notre table ? Il est temps de remettre nos valeurs aux bonnes places et d’user du gros bon sens.

  3. Jeff B. dit :

    Quel discours encourageant ce matin ! C’est en plein ce que je m’époumonne à dire à mes proches : le risque zéro ca n’existe pas. Si on approxime fortement, l’inaction amène le risque zéro, mais si l’on pousse un peu plus la réflexion, on se rend bien compte que même en ne faisant rien, on court des risques.

    Peut-on expliquer ce phénomène de façon culturelle ? Le Québécois moyen n’a que très peu de connaissances mathématiques, statisques et scientifiques. De plus, il n’a pas à évaluer les risques, ni à en prendre à la limite, le gouvermaman a toujours été là pour réparer les pots cassés.

  4. […] This post was mentioned on Twitter by Sylvain Bergeron, Les analystes. Les analystes said: LesAnalystes.ca : Un Québec à risque zéro http://bit.ly/aJQfnU @Ian_Senechal […]

  5. Sylvain dit :

    J’aime bien votre commentaire mais si j’étais un citoyen qui habitait les régions concernées j’appliquerais aussi le principe de tolérance zéro. La raison est bien simple. Le gouvernement et l’industrie gazière veulent me faire porter des risques sans que j’ai droit aux retombées économiques. Car je ne m’attendrais pas que le pourcentage que le gouvernement va éventuellement récolté changerait quoi que ce soit à l’impôt ou aux taxes que je paye. Je ne m’attendrais qu’à ce que la fonction publique enfle, que les groupes d’intérêts continuent de se faire graisser et que les déficits continuent.

    D’un autre côté, si j’étais propriétaire, avec mes concitoyens, de ce qui est dans le sous-sol, et si je pouvais négocier directement avec les compagnies intéressées à mettre en valeurs ces ressources alors je serais bien plus en mesure de quantifier le niveau de risque. Surtout si les retombées engendrées iraient directement dans nos poches.

    Le problème dans toute cette histoire est que le gouvernement s’est appropriés les ressources naturelles. Et oui, encore une fois, le problème est le gouvernement. Pas la peur du risque en tant que tel.

    • Reynald Du Berger dit :

      « le problème est le gouvernement. Pas la peur du risque en tant que tel. »

      Le problème ne vient pas du gouvernement, mais à la racine il vient de la collectivité de Québécois. Avez vous regardé à la télé ces moumounes paranoïaques du « pas dans ma cour » qui se sont égosillées, écrasées par leur peur infantile collective et contagieuse du moindre risque relié au projet de développement du gaz de shale?. Mais ces moumounes sont aussi de potentielles et lucratives électrices qui ont été écoutées avec un intérêt purement électoral par leur gouvernemaman contre lequel elles gueulent et que vous accusez dans votre commentaire.

      Nous élisons seulement le gouvernemaman qui écoutera docilement et répondra illico à nos phobies, nos lubies, nos doléances, nos demandes d’amphithéâtres, de Nordiques de friandises éphémères et autres chimères. On est des enfants « de la patrie » immatures et gâtés qui refusent de grandir. Et on mérite le gouvernemaman aussi pourri et infantile que nous et que nous avons logiquement élu. De quoi vous plaignez-vous? Avez-vous un exemple de peuple évolué, éduqué et prospère gouverné par une bande de tarés?

      • Isabelle Robillard dit :

        Dans ma voiture, au lendemain de la scéance d’information à Ste-Hyacinthe, quand j’ai entendu à la radio l’humoriste Christian Vanasse pleurnicher « Le gouvernement ne travaille pas pour ces citoyens!! » , j’ai fait une John F. Kennedy de moi-même, et je me suis écriée à voix haute:

        « Et TOI, que fais-tu POUR ta province?!?! »

    • Bernard dit :

       »(…) je ne m’attendrais pas que le pourcentage que le gouvernement va éventuellement récolté changerait quoi que ce soit à l’impôt ou aux taxes que je paye. »

      Exactement Sylvain! Le gouvernement n’a JAMAIS eu pour intention de réduire vos taxes, impôts et tickets en augmentant ses revenus. TOUTE augmentation de revenus mènera, inexorablement, a plus de dilapidation de la richesse et mènera, inévitablement, à la ‘nécessité’ d’autres augmentations de taxes, impôts et tickets.

      Il est maintenant prouvé que c’est un cercle vicieux duquel le citoyen québécois ne sortira JAMAIS. Ça me déprime de voir que c’est l’avenir auquel font face mes enfants.

    • Reynald Du Berger dit :

      « Le gouvernement et l’industrie gazière veulent me faire porter des risques sans que j’ai droit aux retombées économiques.  »

      Vous illustrez un autre principe, celui du rapport cour/poche
      Pas dans ma cour si pas dans ma poche!. Mais dans ma cour si dans ma poche!. Plus on en mettra dans la poche du Québécois méfiant, plus il acceptera les risques. La question est: quel pourcentage ira dans sa poche? Il faut demander à nos voisins chez qui ca coule et ca gaze à flots tandis qu’on regarde sauter nos grenouilles et nager nos baleines.

  6. Benoit dit :

    Bien que je suis sommairement d’accord avec votre opinion, il ne faut pas oublier que plus notre société sera « socialiste », plus les lois visant à atteindre le risque zéro seront populaires… Voyez-vous, comme c’est toute la collectivité qui assume la facture des casse-cous, il est un peu normal qu’on impose des balises… Le jour qu’un ivrogne au volant sera tenu criminellement _ET_ civilement responsable des torts qu’il a causé, alors oui, on pourra s’élever contre la doctrine du risque zéro. Pour le moment, il n’y a jamais personne de responsable…

    Pour revenir à la question du gaz de schiste, je pense que le dossier est très mal géré par l’industrie et le gouvernement. Je ne suis donc pas étonné des levées de boucliers. J’ai vraiment l’impression qu’on s’en fait passer toute une et ce n’est pas la première fois qu’on entend des promesses creuses de la part de ceux qui se frottent déjà les mains avec les profits à faire. Pour les risques, ils sont bien réels et méritent d’être étudiés avec sérieux.

    Pour les écolos et la go-gauche, ils seront toujours contre tout développement et prôneront toujours la simplicité volontaire. Qu’ils aillent se construire des communes dans le bois et qu’ils nous fichent la paix.

    Pour le reste, restons ouverts mais j’aimerais encore davantage qu’on investisse dans des énergies propres, renouvelables et durables. Le gaz, tout comme le pétrole, est une ressource à quantité déterminée qui s’épuisera éventuellement. On gagne peut-être quelques décennies avec le gaz de schiste mais ce n’est pas une voie durable ou définitive. J’aurais au moins aimé laisser une technologie renouvelable comme héritage à mon fils de 5 ans…

  7. Luc Lavoie dit :

    Bonjour à vous tous,
    Je suis plutôt d’accord avec Sylvain qui dit que quand le dividende me revient, je suis plus ouvert aux négociations. Effectivement, tout le monde a raison, il n’y a jamais de risque 0. Mais ce n’est pas une question de peur, comme plusieur le dise.
    Là où le bas blesse, c’est quand je vois les profits ces potentiels énergétiques immenses passer aux mains des compagnies étrangères, alors qu’il ne reste ici, en bout de ligne, que les salaires versés aux travailleurs et quelques miettes. Citons en exemple les compagnies minières avec ce que nous savons…
    Tant qu’à celà; créeons notre propre coopérative gazéifère au Québec et exploitons ces gisements nous-mêmes, pour nous-même. Mais assurons-nous d’abord que la totalité des profits nous soit retournés en tant que concitoyen. Incluons des dimensions participatives à ces projets. Je suis certain que des regroupements de partout au Québec prendraient des risques. Si au Québec nous faisions plus souvent partie des projets, peut-être que l’économie avancerait plus vite. C’est pas le carburant main d’oeuvre qui manque au Québec. Les investisseurs non plus.On a qu’a voir les taux de chômage!

    • Isabelle Robillard dit :

      Vous soulevez des questions forts pertinentes et légitimes. Seulement, si vous vous intéressiez assidument aux questions économiques et aux ressources naturelles, vous auriez sans doute la réponse à vos questions.

      Vous mentionnez les compagnies « étrangères ». Considérez vous les compagnies publiques canadiennes (dont sont composés nos fonds de retraites) comme…étrangères?? Êtes-vous bien certains que les projets avancés d’or, d’uranium, de diamants et de fer en sol québécois sont travaillés par des compagnies…étrangères???

      Vous dites qu’on ne manque pas d’investisseur au Québec. Si vous connaissez quelqu’un avec quelques 100 000$ de lousse, dites-le moi, et vite! Car c’est malheureux mais la plupart des compagnies d’exploration minière québécoises ont le réflexe de se financer sur la Bay Street de Toronto.

      Cependant, si vous n’avez pas un tel montant à accorder (ce sont des choses qui arrivent), vous avez toujours la possibilité d’appliquer votre propre dimension participative au projet. Vous n’avez simplement qu’à ouvrir un compte de courtage et vous pouvez transigez toutes les actions que vous voulez, bien au chaud, devant votre ordinateur. Rien de plus facile. Enfin…ce qui est moins facile est de savoir quoi acheter et quand l’acheter.

      Junex (JNX), par exemple…À $1.66, l’action…on achète? À moins d’y aller pour Talisman (TLM), la compagnie albertaine à laquelle s’est associé Junex pour avoir son expertise de fracturation hydraulique dans les shales. À 18$ l’action, c’est plus cher… Mais c’est du solide! Talisman a des projets partout dans le monde, c’est une vraie multinâtiônale (prononcé à la Khadir).

      Aussi, ce qui est bien avec Talisman, c’est que, advenant un moratoire sur le gas de shale, ça ne risque pas de lui faire un pli sur la différence tandis que Junex, la petite compagnie québécoise qui n’a que des propriétés au Québec…Ça rique d’être une autre histoire. Et elle risque fort d’être triste celle-là.

      Je parie que si Junex chute lamentablement, il se trouvera sûrement des québécois qui crieront victoire, claironnant: Ben fait pour eux, André-Caillé-et-sa-petite-clique qui voulaient s’enrichir sur notre dos! On les a bien eu!! Na-na-nè-reu!

      Le plus triste là-dedans, c’est que ces mêmes québécois ignoreront totalement que les fonds publics et les investisseur institutionnels représentent 54% de l’actionnariat de Junex. Ils ne sauront donc même pas qu’ils auront perdu de l’argent, eux aussi.

      Au Québec, on a l’art de se tirer dans le pied. Une autre belle caractéristique de notre société distincte.

  8. lutopium dit :

    Je ne serais pas prêt à dire que les québécois sont les seuls qui se sont questionné sur l’exploration et l’exploitation d’une ressource naturelle. Plusieurs américains ont eu le même réflexe en ce qui concerne l’exploitation pétrolière en haute-mer et en Alaska. D’autres se sont opposés èa la constrcution de ports méthaniers, etc…

    Le problème avec le projet des gaz de schiste est que ça s’est fait dans le secret. Je crois que la majorité des québécois veulent tout simplement mieux comprendre. Mieux comprendre les impacts et mieux comprendre ce que ça leur rapportera. C’est l’essence du moratoire, du moins, c’est ce que j’en comprends.

    Les québécois ne se sont pas opposé au grand projet hydro-électrique. Ils pourraient se rallier à ce projet en autant que tout est clair, sécuritaire et rentable.

  9. @Reynald…Vous le dites si bien… »C’est un autre de nos traits culturels qui nous sont propres et qui font de nous, avec notre langue originale, une société vraiment distincte de toutes les autres ». Great satire!

    Les Québecois ont peur de tout…du Canada, des anglais, de l’anglais, de perdre leur français, de perdre leur culture, de disparraître, peur de nouveaux exploits, de l’immigration, des gens de la droite, de leur ombre, ils ont peur d’avancer, c’est plus comfortable de reculer ou rester sur place.

    Par contre, les Québecois vont se lancer avec extase n’importe ou, parfois pour n’importe quoi avant de se demander des questions. Regardons les 60,000 qui ont marché pour un amphithéatre qui manque de financement concret sans même avoir un club de hockey, ils suivent le maire Rapaille Labaume sans réfléchir. Pour des causes beaucoup plus sérieuses et importantes pour le bien des citoyens, ou sont les 60,000? Go figure!

    Je ne connais rien dans l’exploration mais je m’informe, ce soir je vais voir le film sensationel « Burning Water » au Cinéma du Parc. Ce serait merveilleux si le Québec s’enrichissait et alors pourrait se sortir du trou économique qu’il s’est creusé. Par contre, c’est sure que je veux tout savoir en esperant qu’on puisse s’enrichir après avoir mené des bonnes études et en trouvant des solutions pour néttoyer si il y a des méfaits suite à nos projets d’exploration.

    C’est sure que je serrais très heureuse si on pouvait se défaire de nos dépendances économiques et principalement que nous travaillions très fort pour diminuer nos dépendances energitiques.

    • lutopium dit :

      Au nom de tous les québécois, j’aimerais vous remercier du compliment.

    • Isabelle Robillard dit :

      Bonjour Mme Houde Edwarh,

      Vous fréquentez le cinéma du Parc? Vous aimez vous informez? C’est super!

      Vous pouvez aussi mettre ceci à votre agenda, si le coeur vous en dit:

      http://www.marketwire.com/press-release/Un-1er-Festival-du-film-minier-rassemble-tous-les-grands-joueurs-de-lindustrie-miniere-1328019.htm

      • Isabelle Robillard dit :

        Désolée, j’ai défiguré votre deuxième nom!

        « Edwardh »

        Bien involontaire de ma part!

      • @Isabelle…merci pour l’info du 1er Fetival du film minier…y allez vous?

        Je l’ai inscris dans mon agenda et j’aimerais bien y être. Imaginez vous qu’en plus, je suis de la vallée de l’or…Val D’Or que j’ai laissé il y a très longtemps. A ma dernière visite, j’ai vu le Open Pit de Val’Or, pas de danger que
        les mineurs y restent pris. Impressionant!

        http://en.wikipedia.org/wiki/Open-pit_mining

      • Isabelle Robillard dit :

        Je ne sais trop! Ce n’est pas l’envie qui me manque car je serais bien curieuse de voir qui y sera. Quant aux films, j’en ai déjà visionné quelques uns sur Internet.

        Toutefois, je serai assurément au Palais des Congrès de Montréal pour le salon de l’investissement (Cambridge House) qui se tiendra le lendemain et le surlendemain.

        Vous venez de Val d’Or? Elle est bonne celle-là! Je connais l’histoire de ce gros trou. Une autre erreur du gouvernement qui a voulu créer des emplois coûte que coûte au moment où l’industrie allait mal. Ils ont subventionné McWatters pour opérer ce gisement et McWatters s’est planté. La compagnie a fait faillite et a du vendre ses propriétés.

        Le reste de l’histoire est passionnant mais je n’ose la conter sur un blogue…!

  10. Ron dit :

    Le québec étant un territoire dont l’industrie principale est le fonctionnariat, il en découle tout naturellement un environnement enveloppé de coton ouaté, dans lequel nul ne connait ou accepte le principe du risque.

    Des fonctionnaires (j’entends par là tout emploi dont l’existence dépend de la poche du CONtribuable), ça n’a jamais de risque à prendre. C’est protégé mur à mur par les mamelles de l’état et par un syndicat omniprésent. Et Dieu sait que nous en avons en quantité industrielle, ici au p’tit québec; presque la moitié de la force travaillante du p’tit québec.

    De là notre manque d’envergure et de productivité. De là la haine de tout ce qui ressemble à une méchante entreprise privée visant des profits.

    Pourquoi un peuple de fonctionnaires se casserait-il la nénette à essayer de faire profiter nos ressources naturelles ? Ses revenus sont assurés par la poche sans fond du CONtribuable.

    Voilà pourquoi tout projet d’envergure ne décolle jamais au p’tit québec. Voilà pourquoi, 10 ans après l’annonce du renouvellement des wagons de métro de Montréal, le premier boulon n’a pas encore été vissé. Voilà pourquoi la 30 n’est toujours pas terminée, après 40 ans. Voilà pourquoi le CHUM ne sera prêt qu’en 2018, presque 20 ans après l’annonce de sa construction.

    québec = paradis du fonctionnariat = coton ouaté = improductivité = PEUR DE TOUT

  11. Luc dit :

    Bonjour M.Du Berger

    Le Congrès Mondial de l’Énergie qui s’est déroulé dernièrement à Montréal a représenté pour les différents intervenants une occasion d’échanges et de rencontres entre chercheurs, prospecteurs, exploitants et espérons le, quelques sujets et scientifiques sensibles à l’environnement de notre belle boule bleue. Pour d’autres, ce Congrès aura été l’occasion de manifestations vertes anticapitalistes. Chacun son métier et les marées noires seront bien gardées…….

    Il faut partir du principe que le projet des gaz de schiste au Québec pourrait occasionner des retombées économiques très substantielles mais le tout est de savoir bien sûr à quel prix au niveau des risques environnementaux et de qualité de vie. Encore une fois, le gouvernement Charest nous a démontré ses grandes qualités communicatrices et de transparence, on a plutôt l’impression que tout se fait à la hâte et en catimini……résultant à un certain niveau de méfiance de la population….

    Au Québec, c’est depuis 1970 que l’on savait qu’il y avait abondance de gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent entre Montréal et Lévis mais la technologie à l’époque n’existait pas et la rareté du gaz naturel traditionnel et son exploration ainsi que son exploitation moins coûteuse et plus propre, ne pointait pas encore dans les prévisions….

    Aujourd’hui les gaz de schiste sont accessibles avec cette capacité technologique de forage horizontal. Notre sous-sol québécois en contiendrait entre 10,000 et 25,000 milliards de pieds cubes. Voilà là bien des retombées économiques potentielles pour le Québec diront certains par contre, les deux dernières années d’exploitation des gaz de schiste ont rapporté en redevances à la Colombie-Britannique une somme de $3 milliards, au Québec…..une somme de $3.5 millions.

    Possible que le niveau d’exploitation ne soit pas aussi avancé au Québec mais la différence du montant des redevances entre les deux provinces semble à priori énorme…..
    Étant donné un certain vide juridique d’encadrement actuel en la matière au Québec, certains exploitants s’empresseraient-ils à s’en mettre pleins les poches ? Serait-ce le Farwest ce qui se passe présentement avec les gaz de schiste au Québec ? Laxisme, une fois de plus du gouvernement Charest ?

    27 entreprises détiendraient 462 permis de recherche ou de baux d’exploitation au Québec actuellement et l’obtention de ces permis de prospection ou d’extraction n’était pas jusqu’à récemment, encore sujette au Règlement sur l’évaluation et l’examen des impacts sur l’environnement…..Il faut souligner que sur ces 27 entreprises, 7 seulement sont québécoises…..

    Aux USA, les gaz de schiste sont exploités depuis 10 ans. 449,000 puits ont été creusé dans 32 États. De nombreux incidents furent observés. L’État de New-York veut un moratoire et en mars dernier, l’agence américaine de protection de l’environnement ( EPA ) s’est lancée dans une étude approfondie de deux ans pour répondre à de nombreuses préoccupations telles :

    – millions de litres d’eau utilisés pour chaque gisement

    – injection de solvants chimiques dans cette eau afin de fractionner
    le schiste et extraire le gaz

    – bruit continu des équipements

    – vastes bassins de récupération de l’eau contaminée dont le mode de
    disposition reste incertain. On aurait commencé semble-t-il à traiter
    cette eau fortement contaminée dans les usines de traitement d’eau
    locales…. prévues à cette fin ?……Efficace ?…..

    – circulation accrue de camions citerne sur la route pour le transport
    du gaz

    – cas observés de présence de méthane dans la nappe phréatique et
    cours d’eau environnants ( Pennsylvanie ). Risque accru de fuites de
    de gaz fugitives dont le sulfure d’hydrogène, gaz toxique et explosif
    potentiellement dangereux pour la santé humaine.

    – questionnements sur l’impact à grande échelle et à long terme de la
    fragmentation du schiste, couche de roches sédimentaires moins
    perméable que le béton, se situant au Québec en moyenne paraît-il à
    environ 1.5 km sous la nappe phréatique faisant en sorte aux dires de
    certains lobbysmes spécialistes que le risque de contamination serait
    plutôt faible…..Questionnements également de l’utilité du schiste et
    connaissant mère nature, de la subtilité de son utilité au
    niveau de la chaîne composite du sous-sol ou de l’écorce terrestre…..

    Avec un système de redevances adéquat ( on parle de 12% au Québec alors qu’en Colombie-Britannique on parle de 25% ) assurant que le Québec demeure de façon majoritaire le propriétaire des richesses de son sous-sol et avec des inconvénients et irritants environnementaux minimisés, réglementés, contrôlés et sécurisés, les gaz de schiste tout en étant créateur d’emplois, pourraient indéniablement représenter une manne ou un baume économique pour le Québec et une bouffée d’air frais, sans mauvais jeu de mot, à l’état de ses finances publiques…..

    On verra bien également les travaux du BAPE qui devrait être remis en février 2011. Période assez longue pour une approche exhaustive ? On verra bien. Souhaitons l’avis de chercheurs, de géologues, d’experts, de scientifiques comme les David Suzuki et les Hubert Reeves de ce monde. Espérons également l’avis de jeunes générations renseignées et sensibilisées car si jamais répercussions environnementales il y a, ce sont elles surtout, ces jeunes générations et leurs enfants, qui dans 20 ou 25 ans auront le nez d’dans…….Peut-être que je semble faire office d’un jeteur de pavé dans la marre mais je ne suis pas contre les gaz de schiste. Je dis, essayons de le faire, de prendre le temps de le faire de la meilleure façon possible avec la meilleure connaissance de cause à effet possible dans la meileure efficience possible…..ça fait des milliers d’années que les gaz de schiste sont là, ceux-ci ne se sauveront pas la semaine prochaine…..

    Les richesses énergétiques fossiles planétaires s’amenuisant et tenant compte des pays émergents comme la Chine et l’Inde grands utilisateurs de centrales au charbon appelés éventuellement à de grandes demandes en énergie, cela laisse entrevoir à l’horizon une plus grande rareté à moins que la fonte des glaces polaires permette la découverte de grands gisements et vienne changer la donne. Parallèlement, nous entrons dans une phase transitoire, dans une course à la découverte de nouvelles énergies souhaitons-le plus vertes et plus propres. En attendant, on cherche et on creuse de plus en plus loin, de plus en plus profondément laissant place de plus en plus au pétrole et au gaz plus sales élevant d’un cran à chaque fois les risques encourus à l’environnement…….

    • @Luc…très long comme commentaire mais super intéressant.

      Vous dites….gaz de schiste ont rapporté en redevances à la Colombie-Britannique une somme de $3 milliards, au Québec…..une somme de $3.5 millions.

      Je me demande: Est-ce que le Québec travaille en concert avec CB pour bénéficier de leurs recherches et leurs expérience?

      Vous dites… faut souligner que sur ces 27 entreprises, 7 seulement sont québécoises

      Je dis: Ça c’est plus que triste…et les 20 autres viennent de quel endroit? J’espère de notre pays.

      Vous dites… redevances adéquat ( on parle de 12% au Québec alors qu’en Colombie-Britannique on parle de 25% )

      Je dis: Mais…pour quelles raisons un taux si bas au Québec

      Vous dites…. essayons de le faire, de prendre le temps de le faire de la meilleure façon possible avec la meilleure connaissance de cause à effet possible dans la meileure efficience possible…

      Je dis: Je crois bien que çela se produiera, c’est le désir de tous. Les médias nous pousse a vouloir tout savoir.

  12. Pierre L dit :

    Il ne faut pas oublier que les méchants Américains avec leurs énergies sales polluent tout alors que les merveilleuses énergies renouvellables sont là mais tellement chères.
    Il faudrait que les gouvernemamans nous obligent à nous « ploguer » sur ces bonnes énergies.
    J’imagine bien que l’on se chauffe avec les fantastiques éoliennes et le miraculeux solaire! En hiver|

    N’oublions pas les autos électriques prévues pour demain depuis… plus de 100 ans.

    Pourtant le gaz naturel serait tellement une bonne alternative en attendant une autre énergie efficace mais encore une fois quelques chose de gros qui est en train de dérailler.

  13. Wow!…on a vraiment réussi à se débarasser de ceux qui rendaient le blogue déplaisant. Les commentaires sont depuis quelques temps de qualité et super intéressants.

  14. Dr.Williams PQ dit :

    Vraiment intéressant ce blogue. La prudence et la vigilance sont de mise. Les entreprises servent à imprimer des billets de banque, il non pas de conscience. Il faudrait établir le risque en % dans leur secteur d’activité pour pouvoir en tenir compte dans leur état financier. Pour que la liquidité sois disponible lors de la tragédie et non 2 semaines plu tard.

    Le risque zéro est une illusion qu’on entretien pour toute sorte de raisons. Ça ressemble drôlement à une attitude maternente pour les poupons.

  15. […] Un Québec à risque zéro Les débats actuels sur les gaz de “schiste” (shale) et l’exploration/exploitation gazière et pétrolière dans l’estuaire du St Laurent rouvrent encore davantage cette éternelle plaie qui refuse de se cicatriser et qui afflige les Québécois depuis d… (tags: lcb schiste societe 2010-10-06) […]

  16. @Isabelle…Open Pit a Vald’or..Je me souviens d’avoir vu une dame a la télé qui damnait le Québec parce que nous demandions des comptes. Elle avait été assez choquante avec ses commentaires. Intrigant…J’aimerais bien en savoir plus. Si vous avez une minute pouvez vous m’envoyer un message sur Facebook (Renee Edwardh)?

  17. Hugo dit :

    Excellent billet M. Berger. Je suis d’accord avec vous, et je supporte l’exploitation encadrée des gaz de schiste au Québec tout en reconnaissant que des risques environnementaux subsisteront malgré tout.

    Cependant, je dois dire que la question des redevances m’agace sérieusement. Je trouverais inacceptable que les entreprises privées puissent exploiter sans que des redevances importantes soient versées au trésor public. Les exemples des autres provinces démontrent qu’il y a moyen d’en retirer des bénéfices substantiels, tout en faisant en sorte que l’opération demeure malgré tout profitable pour les entreprises qui exploitent cette ressource.

  18. Mario Boivin dit :

    Si nous faisions payé le manque a gagner de l’inexploitation de nos ressources par ceux la même qui sont contre tout développement en augmentant les taxes et les impôts uniquement a ces nonistes professionnel. Auraient-ils le même discours face au développement économique?

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