UN QUÉBEC QUI DORT AU GAZ*

Publié: 22 mars 2026 dans Uncategorized

La guerre contre l’Iran dont une des conséquences est le blocage du détroit d’Ormuz, nous fait réaliser l’importance de notre dépendance aux énergies fossiles. 

Il y a les pays qui n’ont « pas de pétrole, mais qui ont des idées » comme la pub française claironnait lors du premier choc pétrolier de 1973.

Il existe aussi des pays ou provinces qui ont du pétrole et du gaz, mais qui restent passivement assis dessus en refusant non seulement de l’exploiter mais même de l’explorer. C’est le cas du Québec qui vit toujours avec un moratoire interdisant toute exploration de carburants fossiles sur son territoire. Afin de protéger l’environnement nous dit-on.

Un nouveau contexte géopolitique.

La guerre contre l’Iran a changé rapidement et lourdement la donne. Donald Trump avec son « drill baby drill » a rendu non seulement son pays énergiquement indépendant, mais exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL) que les États-Unis vendent à l’Europe à un prix deux fois plus élevé que celui des Russes.

Récemment, la candidate à la chefferie de la Coalition Avenir Québec (CAQ) Christine Fréchette se disait prête à rouvrir le dossier des gaz de shale. Elle oublie que son idée qu’elle croit peut-être originale, fait depuis longtemps partie du programme d’Éric Duhaime, le chef du Parti conservateur du Québec.

Mais de quoi parle-t-on au juste ?

Le shale (prononcer chéle) que nos cousins français appellent à tort schiste (le schiste est une roche métamorphique qui ne peut donc en aucun cas contenir de gaz) est une roche sédimentaire tendre, de couleur gris foncé à noire. Lors de sa sédimentation elle contenait de la matière organique laquelle a donné finalement naissance au gaz et au pétrole qu’elle contient.

Un des meilleurs endroits pour observer ces shales autour de Québec est sans doute le Parc de la chute Montmorency, au pied de laquelle le shale se présente en couches fortement inclinées. C’est le shale d’Utica, du nom de la ville d’Utica (New York) où la formation géologique a été observée pour la première fois. On en observe aussi le long de la Terrasse Duferin. Quand vous cassez la roche, une odeur de pétrole non équivoque s’en dégage. En haut de la chute Montmorency on peut observer le contact entre le shale d’Urtica et le calcaire de Trenton. Les deux roches sont d’âge ordovicien (450 millions d’années) et sont riches en fossiles (graptolites, gastéropodes, trilobites, conodontes, brachiopodes, etc).

Le shale d’Utica est présent le long du St Laurent de Québec jusqu’au Cap Tourmente. Il est omniprésent dans les Basses-Terres du St laurent entre Québec et Montréal.

Des preuves historiques de la présence du gaz de shale.

Le 5 février 1663, un grand tremblement de terre secouait tout l’Est de l’Amérique du Nord. La magnitude devait être autour de 7,5 et on croit que l’épicentre pouvait fort bien se situer dans la région à séismicité bien connue de Charlevoix-Kamouraska. Marie de l’incarnation à propos de ce séisme écrit à son fils en France «la secousse a duré trois miserere**… on voit des fontaines de boue et de sable qui giclent jusqu’au faîte des arbres et qui retombent sur les vaisseaux à l’ancre devant Québec, comme jetées par des mains invisibles ».

Plus récemment au lendemain du tremblement de terre du Saguenay du 25 novembre 1988, un fermier du nord de l’État de New York observa le même phénomène, probablement causé par le réactivation de la faille Clarendon-Linden. Il eut la brillante idée d’enlever la porte d’un vieux frigo, de le coucher par terre et d’acheminer à l’aide d’un boyau, le précieux gaz jusqu’à sa maison qu’il a pu chauffer ainsi gratuitement pendant tout l’hiver.

Plus près de nous cette fois-ci à Québec, lors de travaux d’excavation derrière l’hôpital de l’Enfant-Jésus, pour la construction du nouveau complexe hospitalier, on tomba sur ce qu’on a appelé « une poche de gaz ». J’avais ironiquement alors suggéré qu’on chauffe le nouvel hôpital avec ce gaz providentiel.

Les nombreux forages effectués dans les Basses-Terres du St Laurent ont aussi révélé la présence de gaz. Le pionnier dans l’exploration des gaz de shale est sans aucun doute mon ancien élève, l’ingénieur géologue Jean-Yves Lavoie, président de la firme Junex, qui a fait les premiers forages sur l’île d’Anticosti. Par la suite, il fut victime d’actes qu’on peut appeler d’écoterrorisme de la part d’un groupe de militants écologistes. On a jeté du goudron sur sa maison et sur son véhicule dont on a aussi brisé les vitres et tailladé les pneus. « Nous ferons ce qui est nécessaire afin d’empêcher les compagnies comme Junex de mener à terme leurs plans destructeurs », a assuré le groupe anonyme dans son manifeste à la presse.

Quel avenir pour le Québec ?

Le Québec a connu plusieurs moratoires successifs sur l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures. Le plus récent date de 2022 (Loi 21) « Loi mettant fin à la recherche d’hydrocarbures ou de réservoirs souterrains, à l’exploitation d’hydrocarbures et à la production de la saumure ».

La fracturation hydraulique, laquelle constitue le cœur de la technologie de l’exploitation des gaz de shale est maintenant bien au point et les accidents comme la pollution de nappes phréatiques qu’on a connus au début sont devenus très rares et faciles à éviter.

Il faudra bien sûr envisager les études environnementales appropriées, expliquer à la population la technologie et les faibles risques, mais comme dans toute entreprise d’exploitation de ressources naturelles la décision finale repose sur le rapport bénéfices / risques.

C’est avec l’exploitation de ce gaz sur lequel il reste présentement passivement assis, et non avec des emprunts aux banques, ou pire, avec la péréquation, que le Québec pourra se payer les infrastructures et les programmes sociaux qu’il mérite.

*Dormir au gaz est une expression québécoise signifiant ne pas réagir à une situation, manquer de vigilance. En France on dit « s’endormir sur le rôt ».

**« Miserere mei, Deus » (Psaume 51 ou 50) est une prière latine de repentance signifiant « Pitié pour moi, mon Dieu »

commentaires
  1. Avatar de louis738762c9af louis738762c9af dit :

    Bien dit

  2. Avatar de Bernard Rochet Bernard Rochet dit :

    On peut toujours compter sur le bon sens de Reynald Du Berger, qui contraste avec les bêtises et l’ignorance des militants écologistes et des politiciens qui leur emboîtent le pas. Et on peut aussi compter sur lui pour des explications géologiques très intéressantes et bien documentées. Merci M. Du Berger!

  3. Avatar de PierreL. PierreL. dit :

    Pourquoi voulez vous que l’on se serve de quelques choses qui a enrichit tous ceux qui s’en servent ? Nous sommes fiers du modèle Québecois!

    Les éoliennes, le solaire et l’hydrogène vert ; que voulez vous de plus winner ? Et en prime la péréquation qui vient de l’Alberta qui , elle,se sert de ses gisements.

    Surtout ne regardons pas comment Terre Neuve s’est enrichi, ça pourrait nous donner des idées.

  4. Avatar de Alain Alain dit :

    Pour avoir travaillé comme géologue d’exploration en Gaspésie, j’ai rencontré, au cours de mes cheminements, une quantité innombrable de forage d’exploration pétrolière. On voyait le «casing» (tubage) dépasser et avec un couvert. Il y en a plusieurs centaines. Ne pas oublier, non plus, que le Québec, avait fondé deux sociétés d’état, dans les années 70, la Soquem (mine) et la Soquip (pétrole)…René Lévesque misait beaucoup sur ces sociétés…PSPP, lui, rêve d’éoliennes et de panneaux solaires… Cibole !

    • Avatar de Reynald Du Berger Reynald Du Berger dit :

      Alain vous avez raison. J’ai aussi été moi-même impliqué dans les années 1970 dans un projet d’exploration pétrolière – joint venture SOQUIP et Laduboro- autour de l’anticlinal de Gaspé (relevés gravimétriques) . Plus tard au cours d’une nuit, la plume de mon sismographe installé dans la région de Kamouraska fut brisée par les fortes vibrations d’un relevé de vibroseis dans le cadre d’une campagne d’exploration pétrolière.

  5. Avatar de PierreL. PierreL. dit :

    M.Le prof, Pourriez-vous éclairer ma lanterne s.v.p.

    Où peut on et ne peut on pas explorer pour le pétrole/gaz de shale ? À cause des risques de tremblements de terre.

    L’utilisation de l’eau ou de gaz pour forer, comment recycler l’eau ? Est elle facilement recyclable par les traitements d’eau des villes et villages ?

    J’ai tellement entendu de stupidités que j’aimerais avoir l’heure juste avec vous.

    En tant que géologue, si l’on comparait un puits de shale et une installation de géothermie profonde ,lequel serait le plus avantageux ?

    • Avatar de Reynald Du Berger Reynald Du Berger dit :

      PierreL. Vos questions sont intéressantes et pertinentes mais ça serait trop long ici de répondre à toutes. Oui la fracturation hydraulique peut déclencher des tremblements de terre, mais il faut que la région soit sous contraintes (ce qui est le cas dans l’Est du Canada) et ces séismes sont tous de faible intensité et superficiels, comme ceux déclenchés par le remplissage de réservoirs derrière les barrages (cas de Manic 3). Écrivez-moi un courriel pour vos autres questions reynald_duberger@uqac.ca.

  6. Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

    Bonjour,

    L’histoire de l’exploration du gaz de  »shale »* au Québec.

    Voici le résumé qu’en a fait Zone Économique (Gérard Fillion), il y a 6 jours.

    Bien sûr, il manque l’invité qui aurait pu l’expliquer de manière rassurante, et faire contre-poids, s’il y a lieu…

    Est-ce que Madame Fréchette (Zone Info) comme M. Duhaime dans la région de Québec désire vraiment rouvrir ce débat ?

    *Or, on parle de gaz de shiste, une erreur de RC.

  7. Avatar de Stéphane Dumas Stéphane Dumas dit :

    Ça me rappelle ce que les artistes avaient fait comme vidéo contre les gaz de schiste, je veux dire shale en 2010 ou 2011. De quoi se demander si les artistes vont la sortir des boules à mite. https://www.youtube.com/watch?v=XIdKWcKoa0Q

    Et cette parodie que je trouve meilleure que l’original.

    • Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

      Spéciale Aimé Paré (alias Ti-Mé) : Aïe monsieur, Est’effrayante

      (…Veux-tu du beurre, du beurre de peanuts! À condition de ne pas manquer pas de lait…)

      Et dans la veine du Steak, blé d’inde, patates

      C’aurait été facile pour RC*, au lieu d’inviter A. Rayes (un contre), de discuter avec l’ex ministre des Ressources naturelles, Mme Maïté Blanchette Vézina*, sur la sellette avec l’affaire de transfuge, mais peut-être bien placée pour en parler, elle qui, en plus, semble avoir changé d’idée à ce sujet depuis qu’elle s’est jointe à son nouveau parti. Les Conservateurs sont en faveur de l’exploration et de l’exploitation du gaz de  »Shale » et du pétrole en Gaspésie.

      *Gérald (excusez-là!), ou ses recherchistes, doivent bien savoir que M. B-V. qui était contre en tant que maire à Sainte-Luce (Gaspésie), dans sa jeune carrière politique, a peut-être de bonnes raisons puisqu’elle a décidé de changer de clan. RC aurait pu saisir l’occasion pour qu’elle vienne les exprimer en ondes.

  8. Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

    La Caisse de dépôt (bas de laine des Québécois) possède des parts importantes dans l’éolien (Innergex, Boralex*), et Hydro Québec veut faire les nouveaux projets seuls.

    *en train d’être acheté en partie par Brookfield (USA-Canada), tandis qu’Innergex appartient à 17% au fonds FTQ.

  9. Avatar de Paul Simonak Paul Simonak dit :

    Bon nombre de Québécois, sinon la majorité, exposés à la propagande verte dès la maternelle et inondés de désinformation par les médias gauchistes, ne sont pas opposés à la décroissance économique, souhaitée par les activistes écolo-marxistes d’obédience onusienne, dont Laure Waridel qui en a louangé les vertus.

    La décroissance était dans les cartes vertes depuis la première Conférence sur l’environnement à Stockholm en 1972, présidée par Maurice Strong.

    Au Sommet de Rio en 1992, cet illuminé, venu du Canada « .. a plaidé pour un changement radical des attitudes et des comportements, affirmant que le développement effréné menaçait la survie de la civilisation. ».

    La harangue « HOW DARE YOU ? » de La Greta, dit la même chose, ainsi que les interventions de la globaliste Mrs Christiana Figueres qui a dirigé la COP 21 de Paris.

    Le livre « Value(s): Building a Better World for All » de M. Carney prévoit cette voie aussi, ainsi que les globalistes du Forum de Davos.

    Un citoyen ordinaire, encore ventre plein, doit ce dire – autant de beau monde ne peut pas se tromper.

    Va-t-il enfin faire appel à son GBS, quand les effets de la décroissance vont directement affecter sa qualité de vie ?

    Surtout, si en même temps, Alberta se séparait et Québec perdait les 13.3 milliards de la péréquation. Et que le gouvernement augmentait les impôts, pour compenser.

    Le refus des Québécois de permettre le passage des oléoducs sur son territoire est étroitement apparenté à l’aberration de s’interdire l’exploitation d’hydrocarbures de son sous-sol.

    Désolante l’absence du GBS chez nombreux descendants des bâtisseurs d’antan.

    • Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

      L’UPA demanderait un moratoire pour le développement des projets éoliens sur les territoires agricoles (le bloc de mégawatts sur la table du gouvernement). Rappelons que le pourcentage de terres cultivables au Québec n’est que de 2%.

      • Avatar de Paul Simonak Paul Simonak dit :

        Bonjour Me Luc,

        Dans le Québec immense, quel est le pourcentage de terres inondables par les barrages de castors ?

        Même celles-là ne méritent pas l’abomination visuelle de virevents capricieux et chers à l’achat et à opérer.

        Sans parler du cauchemar de la pollution par la fibre de verre des pales mises hors-service, dont on ne sait pas quoi faire.

        Pour s’en rendre compte, il suffit de passer la paume sur un vieux piquet en fibre de verre : des mini épingles restent fichées dans la peau et menacent les yeux pendant l’extraction.

        Les virevents font du bien aux politiciens et activistes qui veulent signaler leur vertu verte, mais à personne d’autre.

    • Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

      Dans le cadre de ces projets de développement (minier, pétrole, gaz ou éolien), les principaux intéressés, ceux qui seront réellement impactés par les projets, les propriétaires de lots (souvent ceux dont le travail principal et la vie dépend de leur terre, p.ex., des cultivateurs) veuillent être consultés.

      Le processus de consultation doit être transparent (pas comme le projet de constitution québécoise de S. J.-B. concocté dans son sous-sol et présenté sans en avoir parlé à personne avant).

      Pour atténuer un peu la critique, disons que le concept de développement durable (initié par la norvégienne G. H.-B.) a été mal compris, si bien qu’il ne sert plus maintenant ni les intérêts d’un côté comme de l’autre dans sa forme actuelle.

      • Avatar de PierreL. PierreL. dit :

        Encore d’accord avec vous !

        La première chose à faire est de demander au gens de la région qui auront ces puits sur leurs territoires ce qu’il en pensent . Comme c’est brillant et nouveau pour une démocratie.

        Que voulez vous sur votre terrain ? Des éoliennes , du solaire qui dureront environ 25 ans , qui devront être démantibulé à la fin de leur vie utiles. Regardez bien votre contrat ; qui paiera pour leur déconstruction ? Et si la compagnie fait faillite… ou déménage en Chine , bonne chance pour vous faire payer.

        Un puit de gaz de shale qui durerait de 20 à 30 ans. Comme c’est un petit terrain , ce peut être rebouché sans grand problème et les terrains avoisinants pourraient être revalorisés sans gros problèmes.

        N’oublions pas aussi un puit de géothermie qui pourrait fonctionné +50 ans , il faudrait changé les pompes mais la tuyauterie serait encore bonne. Encore une fois un minimum de terrain occupé.

        Centrale nucléaire de 3ième génération , peut durer plus +50 ans. (regardez en France). Minimum d’espace requit.

        Maintenant si vous commencez à parler de consensus social et de principe de précaution, d’ONG d’environnement vous devrez alors importer votre énergie ou voire toutes les compagnies structurantes fermer les une après les autres.

        Pour une certaine gauche bien pensante et bien présente dans les médias , l’option idéale est la décroissance .

  10. Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

    Carte de localistion : Formations de  »shale » nord-américaines

    (notez Utica au Québec, dans la vallée du Saint-Laurent et Bakken aux États-Unis)

  11. Avatar de Paul Simonak Paul Simonak dit :

    L’organisation des Nations Unies et le Forum Économique Mondial : voici les maudits bâtards qui veulent gouverner le Monde entier.

    Et mener l’Occident vers la décroissance et la désindustrialisation, car c’est la seule issue possible au terme de la transition vers les énergies vertes renouvelables (virevents et plaques de verre chinoises).

     « UN, WEF Float Using Iran War to ‘Shape Economies,’ Want Shortages To Drive ‘Progress’« 

    https://nataliegwinters.substack.com/p/un-wef-float-using-iran-war-to-shape

    Ils ont le culot d’appeler leur arnaque : progrès.

    En même temps l’Europe se paupérise à cause de problèmes reliés à l’énergie et au diktat vert.

  12. Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

    Spéciale le  »pitch » de vente du cultivateur (GNR – Shefford)

    Un producteur agricole dans la région de l’Estrie paie depuis un certain temps une pleine page publicitaire dans le Journal de Montréal. Il y fait la promotion du gaz qu’il produit à partir des déjections des animaux de sa ferme via le procédé de biométhanisation. Il en profite au passage pour dénoncer l’exploitation du gaz de  »shale »…

    Dans un troisième encart publicitaire, il reproche à Mme Fréchette (PM) d’être sous influence, celle d’un certain Mario Charpentier (dit Super Mario), un  »lobbyiste » du gouvernement du Québec, parce qu’elle aurait démontré de l’intérêt dans le dossier des gaz de ‘’shale’’ advenant son élection.

    Le producteur agricole possède une terre sur laquelle sont enfouis deux pipelines d’Energir. Loin de s’en plaindre, il aurait plutôt choisi d’en tirer profit. Il a signé un contrat avec eux et il récemment commencé à livrer du gaz via leurs pipelines… Il ne manque pas dans ces publicités de  »vanter » la qualité de son produit vs les gaz de ‘’shale’’ non renouvelables, qu’il affirme en provenance de l’état de la Pennsylvanie (PA).

    Bizarre, dénoncer l’exploitation du gaz de schiste (sic) peu importe où, mais utiliser les conduites existantes pour transporter le sien, car Energir possède un vaste réseau de distribution de gaz partout au Québec.

    Le monsieur semble très déterminé à vouloir sauver les terres agricoles au Québec. Elles sont peu nombreuses, il faut le reconnaître. Son objectif est que le gaz naturel renouvelable en vienne à remplacer celui de ‘shale’. Il faut dire que le projet bénéficie de plusieurs subventions, car c’est extrêmement coûteux. C’est un peu le début au Québec, on peut citer aussi le cas de WM à Sainte-Sophie (Lanaudière), mais issu de leur site d’enfouissement des matières résiduelles.

    Selon lui, la biométhanisation est la solution d’avenir pour la transition énergétique et pour une économie circulaire au Québec. Le sous-produit de fermentation, un digestat, ferait aussi un fertilisant naturel de meilleure qualité pour les terres. Il serait sans effet nocif sur l’environnement et les cours d’eau, et une alternative aux engrais chimiques.

    Sondage

    Q. : Avez-vous récemment constaté un changement de goût dans la cuisson de vos aliments, notamment les morceaux de jambon disposés en forme du logo de RC (car la cuisinière sur laquelle vous cuisiniez si tel est le cas fonctionne possiblement au gaz naturel* d’Energir) ?

    *à définir (car ce GNR serait semble-t-il ‘plus naturel’ que celui d’Energir)

  13. Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

    Spéciale 2.0 le  »pitch » de vente d’un cultivateur (GNR – Shefford)

    Ce matin dans le JM, 4e pub du producteur anti gaz de schiste (sic).

    Le scénario du pire

    Ce reportage de RC a marqué l’esprit des québécois en 2011.

    La situation ne semble guère avoir évoluée (comme on le voit ci-haut).

    Ce sont, rappellons-le, que quelques cas avérés (6), répertoriés aux É-U., ceux en Pennsylvanie (il y a plus de 2 millions de forages aux É.-U., ceux problématiques avec puits affecté par le méthane, propriétés localisées à moins d’un kilomètre des sites d’extractions.

    Face à ce constat, une équipe de recherche a proposé trois hypothèses susceptibles d’expliquer la présence de gaz naturel thermogénique dans l’eau des puits échantillonnés :

    • Le gaz naturel aurait migré verticalement et de manière naturelle, empruntant les anfractuosités du substrat rocheux existantes, pour atteindre la nappe phréatique;
    • La fracturation hydraulique aurait engendré la formation de nouveaux réseaux de fissures dans le socle rocheux menant au transport vertical du gaz naturel vers la nappe phréatique;
    • Le gaz naturel se serait échappé par les coffrages de ciment isolant les puits de gaz de schiste de la nappe phréatique; ces derniers n’étant pas entièrement étanches.

    Selon les auteurs, la première hypothèse n’est pas plausible. Quant à la deuxième hypothèse, les chercheurs mentionnent que celle-ci demeure peu probable dans le contexte où les formations rocheuses recouvrant les horizons riches en hydrocarbures possèdent une épaisseur variant entre 1 000 et 2 000 mètres d’épaisseur.

    En ce qui concerne la troisième hypothèse, ils concluent que de nouvelles études portant sur les processus impliqués dans la contamination de la nappe phréatique sont nécessaires afin de mieux comprendre les effets environnementaux et sanitaires en lien avec cette industrie.

    De façon complémentaire, ces derniers sont d’avis qu’un cadre réglementaire est nécessaire afin d’assurer la pérennité de ce type d’exploitation.

    Source : http://www.pnas.org/content/early/2011/05/02/1100682108.full.pdf+html

    Sondage effectué auprès des ingénieurs à l’époque * (2011)

    Leurs préoccupations :

    • l’utilisation de solvants chimiques dans le sol pour fractionner le schiste et les risques de contamination (93 %);
    • les problèmes liés à la récupération et au traitement des eaux usées (93 %);
    • le coût et la facture qui pourraient incomber aux municipalités et au gouvernement pour nettoyer et décontaminer les sites d’exploitation (90 %);
    • le peu de redevances et de profits que pourrait en retirer le Québec (87 %);
    • le risque éventuel d’accident écologique important (85 %);
    • le peu de débat et de consultation qu’il y a eu avant l’attribution des droits de prospection et d’exploitation (81 %);
    • la très grande quantité d’eau requise pour procéder à l’extraction (81 %);
    • les limites du mandat et des délais du Bureau d’audiences publiques en environnement (73 %);
    • les dommages à la nature en raison du défrichage et du déboisement pour les sites et les routes (65 %)
    • le très grand nombre de puits qui seront creusés (64 %)

    Mais près des trois quarts interrogés pourraient être favorables si certaines conditions étaient réunies.

    *Le sondage a été effectué sur Internet auprès de 2135 ingénieurs du 13 décembre 2010 au 9 janvier 2011, dont 41 % oeuvrent dans le domaine énergétique ou un domaine relié. La marge d’erreur du sondage est de 2,1 %, 19 fois sur 20.

    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/504591/gaz-schiste-sondage-ingenieurs

    • Avatar de Reynald Du Berger Reynald Du Berger dit :

      lucbmenard …. Ces articles (références) datent de 2010 …. On est en 2026. Fracking et forage horizontal ont été éprouvés comme technologies. C’est sécuritaire pour l’environnement. Autrement ni la Virginie occidentale, ni la Pennsylvanie ne continueraient l’exploitation des gaz et pétrole de SHALE – et non de schiste- Lâchez Radio-Canada et son épouvantail Charles Effet d’Tisseyre et adressez-vous à des géologues compétents !

  14. Avatar de PierreL. PierreL. dit :

    Bon , en effet c’est tout à fait Radio_Canadien. Personne pour faire contre argument. Ce reportage sort la même années que le  » documentaire » Gasland de Josh Fox.

    Il semble qu’il y ait eu des problèmes avec quelques puits.

    Questions : S’il y a du méthane dans l’eau, est-ce que l’eau est toxique ? Quel mécanisme existe-t-il pour retirer le méthane ?

    Quels sont les procédés pour recycler l’eau de fracturation et sa réutilisation?

    Sommes nous encore face a ce &*&&?% de principe de précaution avec lequel on aurait pas inventé la roue s’il avait été en vigueur!

    Qui a fait une analyse risque-bénifice et où est elle?

    • Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

      https://duberger.me/2026/03/22/un-quebec-qui-dort-au-gaz/#comment-515991

      (Suite) Spéciale le scénario du pire et sa mise en scène (RC)…

      La lectrice des nouvelles, C. Gallipeau, d’entrée de jeu émotive : ‘’On sent beaucoup d’inquiétude et on se rend compte qu’il y a des risques, des risques bien réels.’’

      C. Tisseyre, fidèle à lui-même, décrit ainsi la technique: ‘Elle est assez impressionnante, expérimentale et pas très bien maîtrisée. On procède par tâtonnement, on essaie de trouver la bonne recette pour fracturer le schiste (excusez-le), mais on n’est pas encore là…’’.

      En résumé, il y a simple (vulgariser) et simple…

      Charles anyways

      Pas entendu comme vous M. PierreL, le &*&&?% de principe de précaution, peut être sous-entendu, dissimulé dans l’émotion, pas non plus la question d’acceptation SoSoSo, ni parler de la transition (énergétique), mieux, de ce fourre-tout le CO2, la cause des maux sur terre, le réchauffement et le changement climatique.

      La réalité, c’est que plusieurs croient/pensent déjà qu’extraire du gaz et du pétrole du sous-sol québécois libérerait à coup sûr plus (trop) de carbone dans l’atmosphère, ce qui aurait  »inévitablement » pour effet de déstabiliser le cycle naturel du carbone.

      En somme, ça peut juste être mauvais pour l’environnement et la planète.

      Anyway

      On s’entend sur le fait que six cas sur deux millions et plus de forages aux É.-U. (6/2 000 000 = 0,000003 % ou 3 X 10-6), c’est peu, mais le monde pense, comme pour la mort dans les hôpitaux, les pandémies, qu’un cas, c’est toujours un cas de trop… Le subconscient humain est ce qu’il est, ainsi fait, peureux comme un enfant de cinq ans…

      Bien sûr, vous ne voulez pas être de ceux à qui on livrerait de l’eau potable ad vitae aeternam, même pas avec le plus beau sourire… PERSONNE, ABSOLUMENT PERSONNE AU MONDE NE VEUT D’ARRIÈRE-GOÛT DANS SON EAU, PERSONNE N’ACCEPTERAIT CE GENRE DE RISQUE ! (à moins peut-être un extraterrestre…).

      Way

      D’accord, la technique est ‘’maîtrisée’’, donc efficace et sécuritaire…

      Pas de problème pour nous, mais est-ce ce que croit M. tout le monde? Est-ce qu’il peut le comprendre? Est-ce suffisant de le dire pour rassurer les gens, peut-être pas ou pas assez…

      Conclusion

      Le problème des coffrages apparemment, c’est bien beau (bien compris par nous). Cela signifie que tous les aspects du problème ont été questionnés : la qualité du travail lors de leur mise en place, la qualité des matériaux, la surveillance, le respect des méthodes, le suivi à court, moyen et long terme, etc.

      Si tel est le cas, mais : Qu’est-ce qui a réellement fait défaut peut encore se demander M. tout le monde ?

      Évidemment, il faut toujours se fier aux experts et à leur compétence, mais ça existe aussi de la négligence, vouloir couper dans les moyens pour sauver de l’argent, malgré les conséquences que cela peut apporter.

      Dans ce cas, il a fallu que le gouverneur de l’état et la justice s’en mêle. C’est seulement après un certain temps que ces gens ont revu de l’eau potable chez-eux, mais amenée par des ‘’tankers’’…

      C’est peut-être une simple question de confiance qui est en cause ici au Québec pour la somnolence, mais ça peut être long et difficile à bâtir ou rebâtir après avoir pris connaissance de ces événements négatifs qui ont occasionné de la peur et de la suspicion…

      Bonne journée,

      *M. Tisseyre est journalisteanimateur de télévision et vulgarisateur scientifique québécois. Il possède un doctorat honoris causa de l’U de S.

  15. Avatar de Pierre L. Pierre L. dit :

    Quand vous dites: PERSONNE, ABSOLUMENT PERSONNE AU MONDE NE VEUT D’ARRIÈRE-GOÛT DANS SON EAU, PERSONNE N’ACCEPTERAIT CE GENRE DE RISQUE !

    Je suis bien d’accord avec vous, pouvez-vous me dire ce que goute le méthane ? Est-ce que ça goute comme l’eau chloré de Montréal,qui elle a toujours un arrière gout. Y a t il un risque à boire de cette eau ? Vous souvenez vous des photos que le prof avait mis sur son blog d’enfants Africains qui buvaient un bol d’eau grise puisée à une rivière tout aussi grise ? Quelle serait l’eau la plus impropre à la consommation?

    Quelles sont les solutions pour les gens qui ont eu des puits contaminés?

    Il semble qu’il existe des appareils pour ventiler les puits de manière sécuritaire . Ces appareils couteraient entre $5,000 et $15,000 dépendant de votre puits ensuite vous pouvez poursuivre la compagnie. Dans le reportage,nulle part il n’en est question.

    Nous arrivons au journalisme en question ou on ne parler de reportage mais de «hit piece» ou de «op-ed» . Aucun entrevue avec des  » gens de l’industrie » pour contre balancer.

    Si vous voulez rassurer les gens pour qu’ils se fassent une juste opinion peut-être arrêter de leur mentir constamment pourrait aider.

    Ensuite arrêter de prendre comme parole de vérité n’importe quelle ONG ou un prof d’université qui pense ce que vous voulez entendre ,après tout,ils ont tous été formaté aux même endroits.

    • Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

      Merci de solliciter mon opinion.

      Vous posez les bonnes questions, mais nous sommes persuadés que vous connaissez les réponses (apparemment, ce serait digeste…).

      En prendriez vous un verre? (digeste, mais pas le même effet que l’eau minérale ou le champagne, et possiblement à saveur « explosive »).

      Le problème est physico-chimique (bruit dans la plomberie, possibilité d’explosion, de feu, la molécule CH4 repousse l’oxygène).

      La ventilation est une solution, mais le trouble financié, etc. que ça donne… Les gens n’ont rien demandé… Parlons-en des aspects légaux, c’est souvent ça qui rend les gens malades.

      Pour le reste, je vous laisse avec vos préjugés.

  16. Avatar de Pierre L. Pierre L. dit :

    Selon le département de la santé du Minnesota , vous pourriez sans danger:

    Methane in Well Water – MN Dept. of Health

    Pour cette histoire de méthane dans l’eau , ce semble encore une variante de hit piece de Josh Fox : Gasland. Est ce que le décrypteurs auraient eu de temps de décrypter depuis? La ville de Dimok est situé dans le comté de Susquehanna. Or , La documentation historique suggère que la présence de gaz méthane dans le sous-sol peu profond a été observée depuis plus de 200 ans dans le comté de Susquehanna, bien avant l’expansion de la fracturation du gaz de schiste dans cette zone en 2006

    Évaluation des sources de méthane dans les eaux souterraines du nord-est de la Pennsylvanie – PMC

    Je reviens à mon point, dans un cas extrême , il faut installer un système d’élimination du méthane. Votre terrain ne sera plus maudit et vous pourrez en profiter le reste du temps.

    • Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

      En particulier, l’eau chaude permet la dissolution du gaz méthane, un phénomène lié à la température et pression. C’est possible que l’eau froide soit meilleure (potable), mais le facteur dangerosité demeure (inflammabilité).

      Il n’y a pas de lien avec ce film (si c’est de la propagande anti-fracking comme vous semblez le dire). Je n’ai pas vu le film.

      Il n’y en a pas : En preuve, ce sont les études réalisées à postériori qui ont établi * le lien avec l’activité d’extraction qui se déroulait à moins d’un kilomètre des six puits contaminés, c’est documenté.

      Pensez-vous que les chercheurs et professionnels n’ont pas cherché des solutions dont celle de la ventilation?

      Comme le dit le Professeur, c’est sécuritaire pour l’environnement. Autrement ni la Virginie occidentale, ni la Pennsylvanie ne continueraient l’exploitation des gaz et pétrole de SHALE.

      Il y a quand même eu ces quelques cas.

      *semble t-il, M. le Professeur peut peut-être confirmer, qu’il a un type d’analyse qui permet de déterminer la provenance du méthane, celui endogène (naturellement présent dans les horizons superficiels du sol) vs celui thermogénique issu de la fracturation, le  »shale » en profondeur.

  17. Avatar de Pierre L. Pierre L. dit :

    Il semble que vous avez raison , pour Dimock. J’avais trop dans la tête le hit piece Gasland. Après plusieurs procès la compagnie a plaidé presque coupable. Il y a quand même des places en Pennsylvanie ou le méthane s’échappe par les puits. Au Minnesota ils parlaient d’environ moins de 1% des puits.

    Il y aurait entre autre comme différence:

    Méthane de surface : Il est presque « pur ». On n’y trouve généralement pas d’autres hydrocarbures.
    Méthane de fracking : Il est souvent accompagné de traces d’éthane, de propane et de butane. Si un puits d’eau contient du méthane ET de l’éthane, c’est une preuve quasi irréfutable qu’il provient des couches profondes visées par l’industrie gazière.

    La question qui se poserait alors c’est de savoir quelles réglementations seraient appliquées pour la distance sécuritaire entre les sources d’eau et le recyclage de l’eau des forages.

    • Avatar de lucbmenard lucbmenard dit :

      https://duberger.me/2026/03/22/un-quebec-qui-dort-au-gaz/#comment-516001

      Faudra t-il vous appeler Dr L à l’avenir lorsque nous nous adresserons à vous. Vous comprenez et expliquez mieux le sujet que notre Honnoris Causeur national…

      Pour la distance horizontale, ce n’est pas tant celle-ci qui importe, je pense (demandons aux spécialistes géologues), que de bien installer le tubage et faire le scellement du puits adéquatement. Possiblement réglementé pour les contraintes usuelles (bruit, vibration, visuelle, etc.) reliée à la présence des équipements (tour).

      La réglementation actuelle a probablement été pensée en conséquence et il n’y a a pas vraiment de problèeme autre que de la négligence ou des accidents qui peuvent survenir du point de vue environnemental.

      Le méthane de surface peut s’introduire dans les puits de toute façon, qu’il y ait ou non  »fracking », du moins, c’est ce que je comprends.

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