UNE COMMISSION D’ENQUÊTE SUR RADIO-CANADA ?

Publié: 16 février 2026 dans Uncategorized

Depuis plus de deux mois se déroule en France,  une Commission d’enquête sur l’audio-visuel public. Le Parlement français veut savoir si les 4 milliards d’euros versés chaque année à France Télévision et Radio-France sont judicieusement dépensés. On peut poser la même question ici sur le milliard et demi de dollars que les Canadiens versent à chaque année à Radio-Canada.

La Société d’état Radio-Canada (SRC) existe depuis les premiers balbutiements de la radio. À sa création en 1936, elle devait assurer l’unité nationale en reliant les Canadiens d’un océan à l’autre. Ceux de ma génération se rappelleront de « Match inter-cités » le quiz du dimanche soir qui reliait les principales villes canadiennes de Vancouver à Halifax. La télévision est venue s’y greffer en 1952.

Radio-Canada devait aussi contrer l’influence américaine en produisant du contenu canadien original. Elle offrait aussi une alternative publique aux stations privées commerciales, qui privilégiaient souvent les contenus américains. Elle devait aussi éduquer et informer sans but lucratif. Contrairement aux stations privées motivées par le profit (publicité), la SRC a été conçue comme un service public et ses objectifs incluaient l’information et l’éducation.

La SRC devait faire preuve d’impartialité politique en assurant une distance journalistique face au pouvoir politique. La radio publique devenait ainsi la voix de la nation et non celle du gouvernement en place. On se rappellera des émissions d’analyse politique nationale et internationale avec André Laurendeau ou René Lévesque qui nous expliquait le théâtre géopolitique à chaque dimanche soir avec un tableau noir et une craie.

En matière d’éducation, la SRC devait élever le niveau culturel de la population. La « haute culture pour tous » s’est traduite par des émissions comme L’Heure du Concert avec Henri Bergeron et Les Beaux Dimanches et le théâtre de Marcel Dubé qui nous a fait découvrir de grands comédiens comme Jean Duceppe ou Denise Pelletier.

Tout cela est du passé et on peut se demander si la SRC est encore fidèle à sa mission d’origine. Je vais m’en tenir aux domaines des sciences, de l’environnement et du climat qui me sont les plus familiers.

Dans les années 1950, la seule émission de télévision qui vulgarisait la science  était La Science en Pantoufles animée par Fernand Séguin, aussi guindé que l’actuel Charles Tisseyre mais sans les détestables leçons d’écologisme qui ponctuent trop souvent les documents de l’émission Découverte.

Au moment de la tenue du congrès de l’ACFAS (Association canadienne française pour l’avancement des sciences) à Rimouski en 2015, l’animateur principal de l’émission de radio Les Années Lumière,  déclarait que vu que le réchauffement climatique d’origine anthropique était quasi unanime parmi la communauté scientifique, Radio-Canada ne donnerait désormais plus la parole aux « climato-sceptiques ». On me l’avait auparavant donnée une seule fois lors d’un bar des sciences tenu à Montréal dans le cadre de cette même émission, où j’ai été confronté au modélisateur climatique français, Hervé Le Treut ainsi qu’à Steven Guilbault qui devait plus tard devenir Ministre de l’environnement dans le gouvernement canadien.

Un certain dimanche soir à l’émission Découverte, j’entends l’animateur Charles Tisseyre déclarer que les volcans émettaient juste la bonne quantité de CO2 pour un sain équilibre de la Planète. Je ne pouvais laisser passer pareille affirmation sans répliquer, alors je communiquai le lendemain avec le rédacteur en chef de l’émission qui me dit que c’était un document que Radio-Canada avait acheté de la BBC et qu’ils étaient tenus au respect du verbatim dans la traduction. Autrement dit, même si la BBC propageait des bêtises, la SRC était tenue par contrat de les traduire en français littéralement ! Le rédacteur en chef m’avoua aussi par la même occasion, que le seul cours de géologie qu’il avait eu dans sa vie, c’est moi qui le lui avait donné en 1967 au CEGEP de Chicoutimi.

À plusieurs reprises, j’ai adressé des plaintes à l’Ombudsman de la société d’état suite à ce genre d’entorses à la science. On m’objectait toujours le fameux pseudo-consensus scientifique pour justifier l’absence du point de vue des climato-réalistes aux antennes de Radio-Canada.

Pourtant il existe des milliers de scientifiques climato-réalistes qui n’adhèrent pas au credo, au « consensus »,  et qui publient dans des revues scientifiques à comités de lecture. Pourquoi alors la SCR ne lâche-elle  pas les nombreux recherchistes de ce qu’elle appelle ses « magazines scientifiques » à leurs trousses,  les sommant d’exposer ou d’étayer leurs arguments ? Pourquoi Radio-Canada n’organise-elle  jamais de débats entre scientifiques et se contente de ne présenter à la population que la doxa, la pensée unique autant en politique qu’en science du climat et de l’environnement ?

Dans la sphère politique comme dans celle scientifique, l’opinion publique est très largement modulée par les médias de masse comme Radio-Canada. La Commission d’enquête française sur l’audio-visuel public commence à mettre au jour un manque grave et donc inquiétant de pluralisme et d’impartialité. Qu’en est-il au Canada ?

Dimanche dernier, Gilles William Goldnadel, l’avocat français fondateur d’Avocats sans frontières, ami et avocat de mon collègue et ami l’ingénieur climato-réaliste Christian Gerondeau,  écrivait dans Le Journal du Dimanche «  selon que vous êtes de gauche ou de droite, musulman ou catholique, les jugements médiatiques vous rendront blanc ou noir ». C’est ce qu’il appelle le « privilège rouge », évidemment l’apanage de la gauche bien pensante.

À l’instar de nos cousins français, on peut donc vivement souhaiter une commission d’enquête sur la Société Radio-Canada.

commentaires
  1. Avatar de François Riverin François Riverin dit :

    Tout à fait d’accord avec vous M. Du Berger. J’ai été banni des commentaires sur leurs articles sur l’environnement (pas ceux de leur facebook) et d’Espace autocthtone non pas en raison de vulgarité, d’impolitesse ou de toutes autres mauvaises actions, mais parce que je critiquais leur idéologie et le dogme diffusés. Pourtant je suis un contribuable qui paie ses impôts et je me sens en droit de critiquer le contenu de la plupart des articles, biaisés il faut le dire, de ma société d’état médiatique.

  2. Avatar de agirard58 agirard58 dit :

    Moi aussi j’ai été banni des sections commentaires de R-C et du Journal de Québec juste parce que je posais des questions aux auteurs…

  3. Avatar de Paul Q. Gobepatout Paul Q. Gobepatout dit :

    À Radio-Canada, dans toutes les émissions, de tout genre, l’animateur s’entend avec les auditeurs pré formatés et les invités, que nous vivons des temps très difficiles, violents et porteurs de tous les qualificatifs négatifs À CAUSE DE TRUMP.

    Un vivarium d’affranchis qui traitent ceux qui pensent autrement, d’extrémistes (de droite) ou de conspirationnistes.

    Sans parler d’information tronquée ou privée du contexte, parfois carrément de la désinformation.

    Les nouvelles : TOUJOURS réinterprétées selon les préceptes de la Gauche.

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