Les tis-gars qui bougent

Publié: 22 avril 2011 dans Uncategorized

J’entends souvent ce prétexte comme une des raisons de la supposée inadaptation de l’école québécoise aux garçons: « Un ti-gars, faut ça bouge! ». Je réponds : « Oui! mais pas à l’école! »

L’école n’est pas un milieu de vie -je vois des poils qui commencent à se hérisser-. C’est un endroit que nos enfants fréquentent afin d’y acquérir d’abord des connaissances, ensuite développer des habiletés qui les rendront peu à peu des hommes. L’école n’a pas pour fonction d’inculquer des valeurs ou des comportements. Si elle le fait, ça doit être indirectement par le biais de ses enseignements et surtout de l’exemple fourni aux élèves par leurs enseignants. En aucun cas elle ne doit endoctriner , dont l’euphémisme est « sensibiliser ».

Le sport est nécessaire à tous les stades du développement de l’être humain. Mais il n’a pas sa place à l’école. Il distrait le ti-gars – comme le tee-shirt,  le jean serré à taille basse et le nombril percé de Jessica- plus souvent qu’il favorise l’apprentissage des connaissances. On devrait donc abolir les programmes sport-études, en même temps que les commissions scolaires – je vois encore davantage de poils se hérisser- Le sport a pour unique fonction de détendre, d’amuser et d’assurer la bonne condition physique et non pas d’amener ceux qui le pratiquent jusqu’aux jeux olympiques ou à la LNH. S’il favorise la socialisation, ça n’est pas là sa fonction essentielle. Il existe bien d’autres moyens de « socialiser » le jeune. Cela se fait d’abord en procurant au rejeton des frères et des soeurs dans son milieu de vie normal, la famille – ici je vois des cheveux qui se dressent, car au delà de un ou deux, ça dérange et  ça coûte cher-. 

Comme des chevaux, les jeunes doivent pouvoir s’ébrouer entre les périodes d’apprentissage. Il faut donc deux courtes périodes de récréation par jour. On sort alors les pelles et les tis-gars et tites-filles dégagent à la pelle la patinoire plutôt que de confier cette tâche à un sous-traitant de la commission scolaire qui le fait à grands frais avec une pelleteuse hydraulique.  On sauve ainsi de l’argent et on procure un sain exercice physique à des jeunes qui autrement s’avachiraient en écoutant du boum-boum tonitruant dans les couloirs de la polyvalente avant d’aller se gaver de hamburgers au Mc Do du coin que la commission scolaire n’a pas encore réussi à fermer. Puis on s’amuse sainement avec un ballon de caoutchouc ou une rondelle de hockey comme autrefois. On pouvait même le faire dans la rue jadis avec des buts de fortune en balles de neige et une rondelle en « pomme-de-route ».

Les activités sportives ainsi que les infrastructures associées, pour tous les citoyens, jeunes et vieux, sont la responsabilité de la ville. Il revient aux parents à harmoniser l’horaire et la nature des activités sportives de leurs rejetons à leur horaire scolaire.

La démarche sportive est fort différente de la démarche intellectuelle. Ce sont les parents qui ont chargé l’école de ce fardeau supplémentaire duquel ils se dérobent trop souvent avec celui du transfert des valeurs et principes moraux dont ils devraient pourtant se charger. On demande alors à l’école d’assumer la responsabilité des sports, de la morale et des bonnes habitudes de vie, comme bannir les frites de sa cafétéria. Les parents se retirent peu à peu de leur rôle, qu’ils confient maintenant à l’état. Ils dompent ainsi leur rejeton à la garderie à 6 mois puis à l’école à 6 ans, et enfin, le rejeton qui frise les 60 ans, se venge en dompant à son tour dans un CHSLD, ceux qui l’ont jadis dompé avec la même affection, le même dévouement. C’est la vengeance des berceaux, ça vous étonne?

commentaires
  1. Gilles Laplante dit :

    Le problème avec votre démonstration est que le rejeton de 60 ans n’a pas connu les garderies ni l’école mixte. Il n’a pas été dompé par ses parents mais la société socialiste a fini par lui faire croire qu’il n’a pas de responsabilité et que c’est à l’État de s’occuper de ses devoirs moyennant impôts et taxes évidemment.

  2. […] Les tis-gars qui bougent « Le blogue de Reynald Du Berger […]

  3. Williams Pq dit :

    Vraiment bon ce billet.

    Les rejetons à six mois couché dans leurs petits lits, regardant au plafond les tubes fluorescents de l’état avec une suce dans la bouche pour les faire taire. Trimballé dans tous les sens par plusieurs personnes différentes parfois même pendant 12 heures par jour. Pourra t-il avoir confiance en une personne qui ne l’abandonnera jamais.

    La seule chose qui lui donne du réconfort c’est les tubes fluorescents qui ne l’auront jamais abandonné. Eux vont toujours avoir été la pour lui. À l’école, l’hôpital, au bureau des licenses, chsld etc..

    Quand il va être seul dans son chsld en train de régresser devant les tubes fluorescents et bien je crois que cela aura été l’histoire de sa vie, ce sentiment d’abandon, ça ne sera pas une vengeance, mais la suite des choses, qu’est-ce qu’on appellera « normal » pour cette époque.

    • Reynald Du Berger dit :

      Suite à votre commentaire, je serais tenté de dire: Dieu existe! c’est un tube fluorescent!…
      Le Québécois est un « bénéficiaire » du berceau à la tombe, que des « préposé(e)s » auront pris en charge toute sa vie, car ceux qui auraient dû, on failli à la tâche.

      • williams Pq dit :

        Je voyais plus les tubes fluorescents plus comme un sentiment de réconfort ressentie à chaque fois qu’ils mettent les pieds dans une institution gouvernementale et un sentiment d’abandon à l’extérieur. J’ai de la difficulté à le mettre en mots.

    • williams Pq dit :

      Ils me foutent la chienne le gouvernement quand il essaie de créer des structures qui n’existent pas ailleurs. C’était évident qu’en créant des garderies pour les enfants 3-6 ans, les syndicats essaieraient de ramasser les enfants 6 mois à 36 mois.

      Ils n’ont pas laissé de porte de sortie pour les parents qui voulaient s’occuper à leur façon de leurs enfants. Je prétends qu’ils sont dans l’erreur avec les garderies pour bébés, ça fait très doc Mailloux comme affirmation, mais avouer que si j’ai raison ils vont faire prendre une débarque à la collectivité. La solution que proposait l’Adq de créer une porte de sortie était très bonne, mais il était minoritaire. Gardé la façon traditionnel en essayant le nec plus ultra comme ça si le nec plus ultra flanche et bien toutes les pommes ne sont pas dans le même panier.

      A la télé, en Afrique ,les femmes transportent leurs enfants sur leur dos jusqu’à l’âge de 2 ans et paraîtrait-il qu’ils n’ont pas de problème de suicide là-bas.

      Ici, je donne mon opinion. Les parents, ils font ce qu’ils veulent avec leurs enfants ce n’est pas de mes affaires. J’espère que j’ai au moins le droit de dire ce que je pense!! Je n’ai rien contre les garderies de 2 ans à 6 ans et il peut y avoir de très bonne personne dans ces garderies.

  4. Philippe Lamontagne dit :

    J’ai les poils tout hérissés! Néanmoins je suis d’accord avec vous notemment parce que vous dites: « Comme des chevaux, les jeunes doivent pouvoir s’ébrouer entre les périodes d’apprentissage », je crois que c’est l’absence de cette possibilité de s’ébrouer qui fait concensus dans la société. Je suis partisant du sport à titre d’activité para-scolaire comme dans « à côté des études » pas « à la place de ».
    PS: je regarde mais tubes fluorescent d’un tout nouvel oeil!

  5. Gilles Laplante dit :

    Le but des CPE n’était pas d’offrir des places en garderie aux parents mais de fournir de la chair à cotisation aux syndicats.

  6. Réjean dit :

    C’est rare mais je ne suis pas loin d’être d’accord avec vous. Dommage que vous ne pouviez vous empêcher de faire un brin de propagande anti-syndicale lorsque vous dites : Les plus paresseux n’ont pas besoin de se faire « sensibiliser » aux valeurs syndicales de leurs pires enseignants… ça viendra tout-seul. Chassez le naturel, il revient au galop !

  7. williams Pq dit :

    Si vous faites travaillé les jeunes au déneigement, l’école devra payer des cotisations de travailleur bénévole à la Csst.

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